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Graves abus de l’armée ivoirienne contre des partisans de Gbagbo (Amnesty)
Publié le mardi 26 fevrier 2013  |  AFP


Société
© Abidjan.net par EMMA
Société : Le CEMA, Monsieur Soumaïla Bakayoko en visite au camp Commando d`Abobo
Abidjan, le mardi 20 septembre 2011 : Visite du Chef d’Etat Major des Armees (CEMA) Monsieur Soumaïla Bakayoko au camp Commando d`Abobo en compagnie du ministre délégué à la défense Monsieur Paul Koffi Koffi, du commandant de la gendarmerie et du porte parole de l`armée


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ABIDJAN - L’armée ivoirienne a commis des "violations graves" des droits de l’Homme aux dépens de partisans avérés ou supposés de l’ex-président Laurent Gbagbo en réaction à une vague d’attaques en 2012, affirme Amnesty International dans un rapport publié mardi.

Dans ce rapport intitulé "Côte d’Ivoire: la loi des vainqueurs", issu d’une enquête d’un mois en septembre et octobre 2012, l’ONG de défense des droits de l’Homme accuse les Forces républicaines (FRCI), l’armée mise en place par le président Alassane Ouattara après la crise post-électorale de 2010-2011, d’avoir mené une "politique de répression" au nom de la "sécurité".

"Sur des bases souvent ethniques et politiques", "des dizaines de personnes" ont été victimes d’"arrestations arbitraires" et de "tortures" commises par l’armée et la "milice" composée des chasseurs traditionnels "dozo", rapporte Amnesty. Deux personnes au moins sont mortes des suites d’actes de "torture", selon l’organisation.

L’ONU, Amnesty et d’autres ONG internationales avaient déjà accusé les FRCI de graves violations des droits de l’Homme dans leur réponse à la vague d’attaques, souvent meurtrières, menées au second semestre 2012 par des groupes armés contre les forces de sécurité et des sites sensibles. Le gouvernement a imputé ces attaques à des fidèles de l’ancien régime, ce que le camp Gbagbo a récusé.

Le ministre de la Justice Gnénéma Coulibaly a indiqué à l’AFP que des "enquêtes" étaient en cours sur les allégations de violations des droits de l’Homme par l’armée, et réaffirmé que les auteurs d’éventuelles exactions seraient poursuivis, au nom de la "lutte contre l’impunité".

Les forces armées ont eu "une riposte peut-être disproportionnée" aux attaques de 2012, mais depuis lors "il y a un bon progrès en terme de sécurité et de respect des droits de l’Homme", a-t-il ajouté.

La Côte d’Ivoire tente de tourner la page de la crise de décembre 2010-avril 2011 qui a fait quelque 3.000 morts après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle. L’ex-chef de l’Etat est soupçonné de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI) et détenu à La Haye depuis fin 2011. Nombre de ses partisans sont détenus en Côte d’Ivoire.

Des soutiens du président Ouattara sont soupçonnés d’avoir commis aussi de graves crimes durant la crise de 2010-2011 mais aucun d’eux n’a été inquiété par la justice ivoirienne, pas plus que les militaires accusés d’avoir commis des exactions après les attaques armées de 2012.

"La Côte d’Ivoire doit briser le cycle des abus et de l’impunité", a estimé Gaëtan Mootoo, chercheur à Amnesty, dénonçant "l’échec des autorités ivoiriennes à instaurer un Etat de droit" malgré les promesses.

L’organisation a réclamé par ailleurs la mise en place d’une "commission internationale d’enquête" sur l’attaque en juillet 2012 du camp de déplacés de Nahiby (ouest), qui abritait des membres de l’ethnie guéré, considérée comme favorable à l’ancien régime.

Alors que le bilan officiel fait état de huit morts, Amnesty évoque un bilan d’au moins "14 personnes tuées", sans compter un "nombre inconnu de personnes victimes de disparitions forcées" après leur arrestation.

L’attaque contre ce camp gardé par des éléments de l’ONU a été perpétrée par des jeunes venus d’un quartier dioula - ethnie considérée comme pro-Ouattara - de la ville voisine de Duékoué ainsi que par des "dozo" et des FRCI, indique l’ONG, comme d’autres organisations des droits de l’Homme et de nombreux témoins.

L’enquête ouverte par la justice ivoirienne n’a jusque-là pas abouti.

Plus largement, "si des mesures de justice et de contrôle des forces de sécurité ne sont pas prises sans délai, l’avenir de la Côte d’Ivoire risque d’être marqué par des crises politiques successives où les espoirs de réconciliation ne cesseront de s’amenuiser", a averti Amnesty.

tmo/hm

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