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La Côte d’Ivoire a fait peu de progrès, deux ans après l’investiture de Ouattara, selon Human Rights Watch
Publié le mardi 21 mai 2013  |  Agence de Presse Africaine


Arrivée
© Présidence par Seibou T.
Arrivée du Président Alassane Ouattara au Quatar
Dimanche 12 mai 2013. Le Président Alassane Ouattara entame une visite officielle au Quatar, à l’invitation de l`Emir Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani.


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Abidjan (Côte d’Ivoire)
L’Organisation non gouvernementale internationale, Human Rights Watch, a estimé mardi dans une déclaration dont APA a obtenu copie qu’au cours des deux années qui se sont écoulées depuis l’investiture du président Alassane Ouattara le 21 mai 2011, ‘’le gouvernement de Côte d’Ivoire a fait peu de progrès dans le traitement des causes profondes des violences politico-militaires qui ont ébranlé le pays pendant une décennie’’.

Selon Human Rights, ces problèmes menacent la stabilité à long terme du pays, en dépit de sa forte reprise économique.

Pour l’ONG, dans l’année à venir, le gouvernement ivoirien devrait s’occuper en priorité de ces questions, notamment du fait que les forces de sécurité n’ont toujours pas été amenées à rendre des comptes, de la nécessité de mener à bien un désarmement et une réforme du secteur de la sécurité, ainsi que du problème des conflits fonciers.

Le gouvernement devrait aussi poursuivre ses efforts pour s’assurer que la croissance économique conduise à une meilleure protection des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que des droits civils et politiques.

‘’Le gouvernement Ouattara a fait des progrès significatifs en restaurant l’économie et l’infrastructure après des années de dévastation dues au conflit et à la mauvaise gestion’’, a déclaré Matt Wells, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.

Mais, a-t-il prévenu ‘’l’absence d’une justice impartiale et le non-traitement d’autres problèmes qui sous-tendent une décennie d’exactions, pourraient compromettre les perspectives à long terme de stabilité et de développement’’.

Les résultats du scrutin présidentiel de novembre 2010, reconnus internationalement, avaient donné Ouattara vainqueur, mais Laurent Gbagbo, son rival, avait refusé de quitter la présidence.

Une crise de cinq mois s’en était ensuivie, au cours de laquelle au moins 3 000 personnes avaient été tuées et 150 femmes violées, souvent dans le cadre d’attaques perpétrées par les forces des deux camps en fonction de critères politiques, ethniques et religieux.

Gbagbo a été arrêté le 11 avril 2011 et transféré par la suite à La Haye, en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI).

Il y demeure en détention, dans l’attente d’une décision judiciaire établissant s’il existe suffisamment d’éléments de preuve pour intenter un procès contre lui pour quatre chefs de crimes contre l’humanité.

En dépit des destructions causées par la guerre et de menaces plus récentes pour la sécurité, le gouvernement Ouattara a fait des progrès notables dans un certain nombre de domaines, note Human Rights Watch.

Le Fonds monétaire international a fait état d’un taux de croissance économique de presque 10 % en Côte d’Ivoire en 2012. Le gouvernement est largement crédité d’avoir amélioré le réseau routier. De vastes projets d’infrastructure ont été annoncés, afin d’accroître les possibilités d’accès à l’électricité et à de l’eau potable.

Le gouvernement a augmenté le budget de la justice, et la Côte d’Ivoire est devenue un État partie à la CPI. En outre, le président Ouattara a pris de fermes engagements en faveur de la lutte contre la corruption. Il assure également, depuis février 2012, la présidence de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), orchestrant en cette capacité la réponse de la région à la crise du Mali, entre autres initiatives.

Mais de graves défis demeurent, a souligné Human Rights Watch. Il est d’une importance vitale que la croissance économique, ainsi que le soutien accru du gouvernement aux efforts de modernisation du système judiciaire et de développement des ressources énergétiques et en eau, conduisent à des améliorations tangibles des droits des Ivoiriens. Ceux-ci comprennent des droits essentiels comme la justice, l’eau et la sécurité.

Le président Ouattara a promis à plusieurs reprises que tous les responsables de crimes internationaux graves commis par les deux camps durant la crise postélectorale seraient amenés à rendre des comptes, quelle que soit leur appartenance politique.

Les procureurs ont inculpé plus de 150 personnes appartenant au camp Gbagbo de tels crimes, dont au moins 55 de crimes de sang tels que génocide, crimes contre la population civile et meurtre. Mais aucun membre des forces pro-Ouattara n’a encore été inculpé de crimes commis durant cette crise.

Le 18 mai, les autorités ivoiriennes ont placé en détention Amadé Ouérémi, un planteur de cacao, d’origine burkinabé et chef de milice. Human Rights Watch l’a désigné comme ayant eu une responsabilité de commandement dans le massacre de Duékoué en mars 2011, dans lequel des centaines de personnes, appartenant à des groupes ethniques traditionnellement pro-Gbagbo, ont été exécutées sommairement.

Ses hommes ont combattu aux côtés des Forces républicaines du président Ouattara lors de leur offensive visant à destituer Gbagbo. Il n’a pas encore été possible d’établir clairement si l’arrestation de Ouérémi est liée à son implication éventuelle dans des crimes graves commis durant la crise ou si elle est la conséquence de son refus de quitter la forêt classée du Mont Péko, en dépit des demandes répétées du gouvernement.

La crise postélectorale de 2010-2011 a été le point culminant d’une décennie de conflit politico-ethnique lors duquel les forces de sécurité, les rebelles et les milices alliées à un camp ou à l’autre ont commis régulièrement et en toute impunité des crimes graves contre les civils.

Des organisations nationales et internationales, dont les Nations Unies et Human Rights Watch, ont documenté des crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité perpétrés par les forces pro-Gbagbo et par les forces pro-Ouattara durant la crise postélectorale.

Peu après son investiture, le président Ouattara a créé trois institutions chargées d’établir la vérité et de garantir la justice concernant la crise post-électorale: une Commission nationale d’enquête; une Commission dialogue, vérité et réconciliation; et une Cellule spéciale d’enquête.

Dans un rapport daté d’août 2012, la commission nationale d’enquête a émis des constatations comparables à celles faites par les organisations de défense des droits humains, en documentant des centaines d’exécutions sommaires commises par les forces des deux camps.

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