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La Côte d’Ivoire tarde à exploiter son potentiel minier
Publié le vendredi 31 mai 2013  |  AFP


Vœux
© Ministères par DR
Vœux du nouvel an au ministre Adama Toungara
Mercredi 23 janvier 2013. au siège de la Société pour le Développement Minier (SODEMI) à Cocody a eu lieu la cérémonie de présentation de vœux du Nouvel An 2013 au Ministre Adama Toungara par les acteurs des secteurs du Pétrole, des Mines et de l’Energie.


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ABIDJAN- La Côte d’Ivoire, qui s’est développée grâce à l’agriculture, tarde à exploiter son potentiel minier, le "boom" attendu étant aujourd’hui suspendu au débat en cours entre gouvernement et industriels sur le cadre légal de l’exploration et de l’exploitation des mines.

"On n’a pas d’industrie minière en Côte d’Ivoire", affirme à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une source proche des compagnies internationales présentes dans le secteur.

Depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans après une crise politico-militaire ayant fait quelque 3.000 morts, le président Alassane Ouattara affiche pourtant sa volonté de faire de la Côte d’Ivoire un pays
minier.

Mais il y a du chemin à faire: depuis le "miracle économique" des années 1960-1970, le pays, premier producteur mondial de cacao, a essentiellement misé sur l’agriculture. Le sous-sol - qui recèle de l’or, du manganèse, du diamant, du fer, du nickel ou encore du cuivre - a longtemps peu intéressé.

Résultat: aujourd’hui, seuls l’or et le manganèse sont extraits de manière industrielle. En 2011, la production d’or a atteint 11,7 tonnes et celle de manganèse 40 tonnes. L’activité minière ne représente pas plus de 5% du PIB, selon le ministère des Mines.

Depuis plusieurs mois, le débat s’est focalisé sur la question du code minier, dont les bailleurs de fonds demandent la rénovation.

Dennis Marc Bristow, le patron de Randgold Resources, la compagnie
exploitant la mine d’or de Tongon (nord), a mis il y a quelques semaines les
pieds dans le plat. Il a réclamé un code "attractif" pour les investisseurs,
valable sur le "long terme". Surtout, il a appelé le gouvernement à ne pas
chercher seulement à répondre à "un besoin urgent d’argent frais" en
retouchant le code.

Fiscalité d’abord, mais aussi conditions d’exploration et d’exploitation:
l’enjeu est de taille. Le pouvoir y voit l’occasion d’accroître ses recettes,
quand les privés soutiennent que la Côte d’Ivoire est, du fait de son régime
fiscal notamment, moins attractive que d’autres pays comme le Burkina Faso
voisin.

"C’est un cas de nationalisme africain", analyse un diplomate occidental:
"les Ivoiriens ont vu ce qui s’est passé dans d’autres pays d’Afrique et ne
veulent pas se laisser dicter les règles par les multinationales".
Or, même si aucun gisement "mammouth" n’a été repéré pour l’heure dans le
sous-sol ivoirien, le potentiel minier est jugé alléchant par les industriels,
comparé à ses voisins.

"transparence"

Du côté du Groupement professionnel des miniers de Côte d’Ivoire (GPM-CI),
on affiche son optimisme concernant le débat autour du code minier. "Les
discussions en cours progressent et nous donnent de bons espoirs d’arriver à
une porte de sortie élégante", assure son président Nouho Koné.
Mais, en privé, les opérateurs étrangers ne cachent pas leur impatience et
se plaignent de ne pas être réellement associés à l’élaboration du nouveau
texte.

L’un des sujets majeurs est la procédure actuelle d’octroi des permis, qui
attire, selon ses détracteurs, des "investisseurs peu scrupuleux".
"L’attribution des permis miniers n’est pas transparente", expliquait
récemment, lors d’un séminaire à Abidjan, Liliane Doukouré, du cabinet Mc
Dermott, chargé de réaliser un audit du code. Selon elle, "beaucoup de
spéculateurs s’octroient des permis qu’ils monnaient à la Bourse, ce qui
entraîne un gel des permis et attire moins d’investisseurs".

Au ministère, on promet plus de clarté. "Nous sommes en train d’acquérir
des outils pour moderniser l’attribution des permis et la rendre
transparente", assure Ibrahima Coulibaly, directeur du développement minier,
qui reconnaît que le sujet est "sensible".

Si plusieurs dizaines de permis ont été accordés ces derniers mois, des
acteurs de la filière doutent du sérieux de certaines des compagnies
concernées.
Pour l’ONG Initiativ
e pour la transparence des industries extractives
(ITIE), la transparence doit aller jusqu’à la publication des contrats.
Le code minier actuel garantit que les contrats restent "confidentiels,
alors que ce sont des enjeux qui peuvent compromettre les revenus pour les
générations futures", fait valoir l’expert Michel Yobouet, souhaitant que les
députés soient saisis de la question.

Quant au diamant, il devra dans tous les cas attendre. Son exportation est
frappée par un embargo de l’ONU depuis une dizaine d’années, après la chute du
Nord ivoirien aux mains d’une rébellion (désormais intégrée à l’armée ou en
cours de démobilisation) souvent accusée d’avoir pillé cette ressource.

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