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Monographie du département de Dikodougou
Publié le dimanche 30 juin 2013  |  AIP




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Fonctionnel depuis trois ans, le département de Dikodougou est situé au nord de la Côte d’Ivoire, dans la région du Poro (Nord).

Issu de l’ex-région des Savanes, le département de Dikodougou a été créé par le décret N° 2009-408 du 31 décembre 2009 après scission de celui de Korhogo. Il comprend trois sous-préfectures : la sous-préfecture de Dikodougou créée par le décret N° 61-16 du 3 janvier 1961 et ouverte en 1963, celle de Guiembé créée par le décret N°75-772 du 29 octobre 1975 et celle de Boron créée par le décret 2005-315 du 6 octobre 2005.

Le département couvre une superficie de 2472 Km² pour une population d’environ 73.585 habitants, soit une densité moyenne de 30 habitants au Km², selon la phase cartographique du recensement 2013. Il est limité au nord, au nord-est et à l’ouest par le département de Korhogo, au sud-est par le département de Niakaramandougou et au sud par Mankono.

Une des limites naturelles avec Korhogo est le grand bas-fond du Solomougou. Le département s’étire en longueur sur plus de 100 Km de Solomougou à Mara, un village de la sous-préfecture de Boron.

Une population cosmopolite qui vit en symbiose

La population est composée d’allogènes ressortissants de la CEDEAO et d’allochtones originaires de diverses régions de la Côte d’Ivoire, notamment les Akan et les Wê.

A Boron, les Malinké représentent les populations autochtones, mais à Dikodougou et Guiembé, les Sénoufo constituent les autochtones. On y rencontre deux sous groupes d’autochtones Sénoufo : les Koufolo et les Fodonon.

Au niveau de la religion, la population est essentiellement musulmane. L’on note cependant la présence de quelques communautés chrétiennes catholiques et évangéliques à Dikodogou et dans certains villages.

L’administration encore partiellement représentée

L’administration est encore partiellement représentée dans le département. Cela se traduit par le manque d’infrastructures et l’inexistence des services administratifs.

Au chef-lieu de département, toutes les structures administratives ne sont pas mises en place. Seulement deux chefs de service y sont installés, à savoir le directeur départemental de la Production animale et des Ressources halieutiques, et le chef du cantonnement des Eaux et Forêts. A part ces deux responsables, les autres directeurs départementaux ne sont pas encore installés.

Lorsque le préfet convoque des réunions sur certaines matières, il est obligé de faire appel aux directeurs régionaux basés à Korhogo. Mais, ceux-ci n’ont pas toujours le temps de répondre aux convocations.

Par ailleurs, le préfet est logé dans les locaux de la sous-préfecture, depuis son installation le 20 octobre 2010. Tous les services administratifs sont à construire ou à réhabiliter et à équiper. Entre autres infrastructures à construire, la résidence du préfet, la préfecture et les directions départementales.

Cette situation a pour conséquence l’absence de données fiables sur la région, les chefs de service devant collecter des données sur le département, dans leurs domaines de compétence n'étant pas disponibles.

Seuls Dikodougou et Guiembé sont des chefs-lieux de commune. A Guiembé, à part la mairie et la sous-préfecture, il n’y a pas d’autre service administratif.

Au total, 127 fonctionnaires en majorité des enseignants, sont en fonction dans le département.

L’on note par ailleurs, l’absence de structures financières à Dikodougou et dans tout le département. L’agence du trésor public et la Coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC) qui y étaient installées ont été délocalisées à Korhogo, chef-lieu de région, du fait de la crise militaro-politique de 2002. Ceci rend difficile toute opération financière pour les populations qui sont obligées de se rendre à la capitale de la cité du Poro.

Situation des établissements sanitaires

Le département est doté de deux centres de santé urbains (CSU), un à Dikodougou et l’autre à Guiembé. A ces deux structures sanitaires, s'ajoutent deux centres de santé ruraux fonctionnels à Boron et Kadjoha. Ces établissements sanitaires de premier contact nécessitent un renforcement de capacités en termes de personnel et de plateau technique. Il y a un besoin ardent en sage-femme au CSU de Dikodougou qui n’en a qu’une seule.

Il n’y a pas de pharmacie à Dikodougou. Le seul dépôt de produits pharmaceutiques qui y est installé ne fait pas toujours l’affaire des populations.

Les infrastructures économiques

Le département connaît un problème d’infrastructures électriques et hydrauliques. La plupart des villages ne sont pas électrifiés et ne bénéficient pas d’adduction en eau potable, en dehors des pompes villageoises.

A Dikodougou, de 2010 à 2012, les populations ne regardaient pas le journal de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) parce que chaque jour, à partir de 19 heures, il y avait le délestage et l’électricité n’était rétablie qu’après 22 heures. Grâce au Programme Présidentiel d’Urgence (PPU) mis en place par Alassane Ouattara dès 2011, des travaux d’électrification sont entrepris dans le département.

Le village de Boron, situé à 50 kilomètres de Dikodougou, est en voie d’électrification, mais il reste le problème d’adduction en eau potable.

Le chef-lieu de département a certes bénéficié de travaux d’électrification et d’adduction en eau potable, mais beaucoup reste à faire. Certains quartiers tels que Lanvaria et Pétrole sont dans le noir et ne bénéficient pas d’adduction en eau potable.

L’inquiétude des populations se trouve au niveau du transformateur. En effet, grâce à un opérateur économique fils de la localité qui a intégré son transformateur servant à l’alimentation de sa station d’essence et de sa boulangerie, dans le réseau de la CIE, la ville bénéficie d’un courant plus stable. Aujourd’hui, l’on s’interroge si avec l’extension du réseau, ce transformateur va tenir.

En matière d’infrastructures routières, le constat est que le département n’a encore bénéficié d’aucun kilomètre de route bitumée. Les pistes villageoises sont difficilement praticables. Il en est de même pour la voie principale Korhogo - Mankono, en passant par Dikodougou et Boron. Seulement un tronçon de 40 km de cette voie principale, de Tioroniaradougou (département de Korhogo) à Dikodougou est en réhabilitation, grâce à un financement du Fonds d’entretien routier (FER).

Une collaboration entre forces conventionnelles et "dozos" pour la sécurité

Il n’y a qu’une seule brigade de gendarmerie basée à Dikodougou.
Pour assurer la sécurité des biens et des personnes, la confrérie de chasseurs traditionnels communément appelés "dozos", très bien organisée, travaille en collaboration avec les forces régulières. L’exemple patent est que sur l’axe Dikodogou-Korhogo, gendarmes et "dozos" font équipe au niveau des postes de contrôle.

Un potentiel économique basé sur l’agriculture et l’élevage

Le département de Dikodougou est une grande zone productrice de coton, d’anacarde, de mangue et de cultures vivrières, comme toutes les autres localités du district des Savanes.

La végétation favorable à la culture de ces produits, est constituée de savanes herbeuse et arborée. L’on note même la présence de forêt dans la zone de Boron (à une cinquantaine de kilomètres de Dikodougou) vers Mankono. On y rencontre deux principaux types de sol : un ferrugineux et un ferralitique, propre aux cultures.

Pendant longtemps, Dikodougou a été le grenier de l’ex-région des Savanes (devenu district des Savanes), en matière de production d’igname. C’était la grande culture du peuple Koufolo (Sénoufo autochtone). Aujourd’hui, les choses ont évolué. On ne trouve plus d’ignames produites dans la zone sur le marché local.

En effet, le climat, favorisant le développement de l’élevage, a attiré les éleveurs de sorte qu’à ce jour, l'on a un potentiel en élevage qui est très développé dans la zone. Les difficultés de cohabitation entre agriculteurs et éleveurs seraient à l’origine d’une migration des producteurs d’igname vers des départements voisins tels que Mankono et Séguéla, à la recherche de terres fertiles.

Les terres en jachère commencent à régénérer. De plus en plus, ceux qui étaient partis seraient en train de revenir. Mais il faut résoudre le problème de cohabitation entre agriculteurs et éleveurs pour que la production reprenne.

Dikodougou est somme toute un département de transit qui relie régulièrement Korhogo, Mankono et Vavoua. Il y a quatre marchés hebdomadaires qui se tiennent dans le département, sans compter les campagnes de mangue, d’anacarde et de coton. Il y a beaucoup de circulation de biens dans le département.

L’on note, par ailleurs, que Dikodougou a l’avantage d’avoir encore des terres cultivables. La superficie des terres cultivables varie en fonction des sous-préfectures. La sous-préfecture de Dikodougou couvre une superficie de 1321 km² pour une densité moyenne de 29 habitants au km², Guiembé 416 km² pour 35 habitants au km² et Boron 735 km² pour 28 habitants au km². Cela veut dire que le département est sous-peuplé et donc a encore de l’espace pour les cultures.

En plus, il y a des bas-fonds dont le plus grand est le Solomougou, situé sur l’axe Guiembé et Korhogo, qui a une superficie de 10.000 hectares. A l’époque, 95 étangs piscicoles étaient exploités dans ce périmètre. Aujourd’hui, ce barrage est inopérant. Ses installations ont été détruites dans la crise, mais seront réhabilitées dans le cadre du Programme national de développement du riz. Avec ce barrage, Dikodougou sera un département où l'on produit assez de riz.

Dikodougou est aussi une grande zone productrice d’anacarde, mais les producteurs ne tirent pas meilleur profit de leur travail parce qu’ils ne sont pas organisés. Il règne une certaine anarchie dans la commercialisation, ayant pour conséquence le non respect des prix fixés.
Le préfet qui avait tenté d’y mette fin, n’est pas allé au bout de sa démarche parce qu’il attend les décisions des réformes de l’Autorité de régulation de la filière.

La culture vivrière est également développée dans le département avec la production de riz, d’arachide, de maïs et de maraîchers, assurée par des femmes organisées en groupements coopératifs et qui travaillent dans les bas-fonds.

L’industrie

Le département n’est doté d’aucune unité industrielle.
Avant la crise, il y avait une ferme semencière de l’Office des semences et plans (OSP) qui produisait du soja dans le département. Ce projet a été abandonné du fait de la crise.

La société IVOGRAIN ambitionnerait de développer un projet de production de maïs dans le département.

L’éducation

La circonscription de Dikodougou manque d’infrastructures scolaires et de personnel d’encadrement. En plus, les infrastructures existantes sont dans un état de dégradation très avancé dans les villages.

Le taux de scolarisation est faible. Il y a aussi le fait que de nombreux d’enfants ne vont pas à l’école par la faute des parents ou par manque d’infrastructures. Des enfants, mêmes de trois ans, sont consacrés à la garde des troupeaux.

Suite à des réunions de sensibilisation que le préfet a organisées avec les populations et des chefs de village, plusieurs parents ont manifesté le désir de mettre leurs enfants à l’école. Face à l’engouement des parents, pour résoudre la contrainte de distance à parcourir par les enfants et le manque d’infrastructures, le préfet a demandé aux communautés de transformer des magasins de stockage de produits en salles de classe et de construire des apatams là où il n’y pas de magasin. Ce qui a donné naissance à des écoles communautaires dans les villages.

Ces écoles tenues par des enseignants bénévoles formés pour l’encadrement des élèves, sont entièrement à la charge des populations. D’où leur nom « d’écoles communautaires ».

En deux ans et demi, 1.533 enfants ont été inscrits dans ces écoles et sauvés de l’analphabétisme. La méthode a tellement fonctionné dans certains villages que ces écoles sont inscrites à la carte scolaire pour être transformées en écoles conventionnelles.

L’on note, par ailleurs, l’existence d’un seul collège municipal dans un état de délabrement avancé à Dikodougou, mais qui malgré tout, a été classé deuxième meilleur établissement secondaire de la DREN de Korhogo au terme de l’année 2012.

Lors de sa visite d'Etat prévue du 02 au 08 juillet dans le district des Savanes, l’on souhaite que le chef de l’Etat insiste sur l’intérêt que les parents ont à scolariser leurs enfants et qu’il offre à la commune de Dikodougou un groupe scolaire qui porterait son nom. Ce, pour marquer la postérité de cette visite d’Etat dans le département.

(AIP)
nbf/kkp/cmas

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