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Politique Publié le vendredi 30 août 2013 | L’intelligent d’Abidjan

PDCI / Trois candidats à la présidence scellent leur union : Djédjé Mady, KKB et Kouassi Yao lancent l’ARD-PDCI

© L’intelligent d’Abidjan Par Atapointe
12e congrès du PDCI: les candidats Djédjé Mady, Kouassi Yao et Kouadio Bertin face à la presse
Jeudi 29 Août 2013. Abidjan. Trois candidats à la présidence du PDCI-RDA au XIIème Congrès organisent une conférence de presse conjointe à la Maison du PDCI-RDA à Cocody
Trois candidats à la présidence du PDCI en octobre prochain qui partagent la même vision et le souhait de voir les choses se passer démocratiquement au PDCI, ont co-animé une conférence de presse, le jeudi 29 août 2013 à Cocody, pour exprimer leurs préoccupations, avant la tenue du 12ème congrès ordinaire du PDCI. Alphonse Djédjé Mady, secrétaire général, Kouadio Konan Bertin, président de la JPDCI et Kouassi Yao, ex-secrétaire général de la présidence de la République, sous Bédié, ont appelé au respect des textes du parti sexagénaire qui empêchent Henri Konan Bédié d’être candidat à sa propre succession. Le décor a été planté par le secrétaire général Alphonse Djédjé Mady, suivi de Kouadio Konan Bertin puis Kouassi Yao.

Alphonse Dédjé Mady : ‘’Eviter de tripatouiller la loi au gré du vent’’

«On doit éviter de faire en sorte que ceux qui sont chargés de préparer le congrès où il y a plusieurs candidatures, se transforment en directeurs de campagne d’un seul candidat. Il faut que la démocratie se vive. Il y a trois candidats et chacun est chef de sa candidature. Y-a-t-il espoir que ces trois candidatures se transforment en une seule candidature ? Je dirai que chaque chose à son temps. (…) Quelle est cette malheureuse Afrique qui ignore toutes les règles de la démocratie ? Quand vous êtes candidat, que les règles sont respectées et que vous êtes battus, vous vous alignez, vous rejoignez le vainqueur et la vie continue. (…) Quand on a fait 48 ans de sa vie dans un parti politique et qu’on va créer un parti politique parce qu’on ne serait pas élu à un scrutin démocratique, c’est une mendicité spirituelle que je ne saurais partager. (…) Dans le milieu politique, il y a des gens qui ont l’âge de KKB qui sont ce qu’ils sont, il y en a avec qui il était à l’université qui sont ce qu’ils sont. Pourquoi ne voulez-vous pas respecter les engagements des uns et des autres ? (…) Ne vous inquiétez pas, nous sommes des militants purs et durs du PDCI-RDA, nous resterons au PDCI-RDA. C’est pourquoi, nous crions haut et fort pour que le PDCI-RDRA sorte de ce congrès uni, pour que la cohésion soit évidente et que nous ayons un PDCI-RDA conquérant qui va aller à la reconquête du terrain perdu (…) Qui peut penser qu’il peut exister des circonscriptions où le PDCI ne peut présenter des candidats ? Et pourtant il y en a eu. Cela doit nous interpeller. Je suis le secrétaire général sortant au prochain congrès, j’assume ma part de responsabilité, mais quand on est responsable d’une situation et qu’on s’en convainc, on prend les dispositions nécessaires pour corriger ce qui n’a pas marché et c’est ce que nous voulons faire. Le PDCI-RDA doit reconquérir le terrain perdu. Quand Houphouët-Boigny nous quittait, le PDCI était à 82% de l’électorat ivoirien. Aujourd’hui, à la dernière élection présidentielle, le PDCI-RDA est à 25%. Cela doit nous interpeller et je le répète, j’ai ma part de responsabilité en tant que secrétaire général du PDCI, deuxième personnalité du parti (…)»

De l’éligibilité du président Henri Konan Bédié

«Est-ce que c’est exact que l’article 35 des statuts du PDCI parlant des critères de candidature, dit ceci : «Le candidat à la présidence du PDCI-RDA doit :
-Etre Ivoirien
-Etre âgé de 40 ans au moins et 75 ans au plus
-Etre à jour de ses cotisations
-Avoir été membre du Bureau politique pendant au moins 10 ans
-S’acquitter d’une contribution pour l’organisation du congrès
Premièrement, quand on ne remplit pas l’un de ces cinq critères, les statuts disent qu’on n’est pas éligible (…) C’est le président Bédié qui a introduit cette clause dans les statuts du PDCI et moi, en tant que secrétaire général, je respecte les textes et je demande qu’on respecte les textes. Deuxièmement, les avocats de Bédié disent qu’on peut modifier les statuts et les appliquer immédiatement (…) Il y a ce qu’on appelle la hiérarchie des textes et c’est cette hiérarchie qui permet de saisir le Conseil constitutionnel qui peut dire quel est le texte qui est valable par rapport à un autre texte. Et le Conseil constitutionnel nous apprend que la mère des lois d’un pays, c’est la Constitution, la loi de référence (…) Quand on a pris une loi, le Président de la République prend des décrets d’application, les ministres prennent des arrêtés, les chefs de service prennent des notes de service qui sont inférieures aux arrêtés. Ainsi, notre pays a une loi. Quand il a été prévu dans la Constitution l’institution des partis politiques, la Côte d’Ivoire a pris une loi pour qu’elle réglemente la vie des partis et des groupements politiques. Il s’agit de la loi n°93-668 du 9 août 1993 et l’article 12 de cette loi définit les pièces qu’il faut fournir quand des citoyens décident de créer une association ou un parti politique et l’article 13 présente la procédure à suivre pour obtenir la déclaration de naissance de l’association ou du parti politique (…) L’article 16 de la loi n°93-668 du 9 août 1993 dit ceci : «Toutes modifications apportées aux statuts et règlements intérieurs des partis ou groupements sont soumises aux mêmes formalités que pour la déclaration». C’est-à-dire que la modification des statuts doit subir le même circuit que celui de la déclaration de la création d’un parti. Quand le congrès du PDCI aura fini de modifier les statuts, il faut, à la fin du congrès, les déposer au ministère de l’Intérieur qui a de zéro mn à trois mois pour donner son avis. Mais, c’est après la fin du congrès qu’on va déposer les modifications. Dès que le ministre de l’Intérieur reçoit les documents, il peut dire «c’est bon». Mais encore faut-il qu’il puisse les recevoir et il ne les recevra qu’après le congrès. Donc, dans ma tête je me dis, puisque le ministre de l’Intérieur recevra les modifications au moment où le congrès est terminé, ceux qui veulent être élus ne sont pas concernés par les textes qui ne sont pas encore approuvés par le ministère de l’Intérieur, conformément à la loi qui est au-dessus de nos statuts. Je ne suis pas juriste, je suis médecin, mais l’article 107, le dernier article des statuts du PDCI fait référence à cette loi et il dit : «Les dispositions des présents statuts seront publiés conformément aux lois et règlements en vigueur, notamment la loi n°93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et groupements politiques. L’article 147, le dernier article du règlement intérieur du PDCI dit : «Copie du présent règlement intérieur ainsi que celle de toute modification y apportées seront déposées au ministère de l’Intérieur conformément aux articles 12 et 13 de la loi n°93-668 du 9 août 1993 relative aux partis et groupements politiques». Cette loi n’a pas encore été modifiée, elle a été votée en août 1993 lorsque M. Bédié était président de l’Assemblée nationale (…) L’Afrique est habituée à ne pas appliquer les lois, hélas ! Ce n’est pas parce que, frauduleusement lors du 11ème congrès en 2002, on aurait appliqué les modifications sans les soumettre au ministère de l’Intérieur que cela a force de loi. Ce n’est pas une jurisprudence, c’est de la tricherie. Nous ne demandons que l’application des textes en vigueur, que la loi et le Droit soient dits. Ce n’est pas être contre quelqu’un (…) Le Président Obama est venu au Ghana et il a dit l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. Et les institutions fortes reposent sur le respect des textes qu’on s’est donnés. Quand on les foule au pied, il n’y a pas d’institution. Depuis le 17ème siècle, Jean-Jacques Rousseau nous a dit que «la soumission aux lois que nous nous sommes données est liberté». Soyons libres en respectant nos textes. C’est ce que nous demandons, à trois (…) Quand le président Bédié était en exil, je suis allé le voir à Paris et avant mon retour, il m’a dit : « attends-toi à ce qu’on t’arrête». J’ai effectivement été arrêté à ma descente d’avion par des policiers et ils m’ont conduit chez le général Guéi. En ce temps, je savais quel sort les militaires réservaient à la candidature du président Bédié et je le lui ai dit (…) Je suis Bété et quand dans le malheur quelqu’un t’appelle, tu dois te battre pour lui. (…) Aujourd’hui, le président Bédié ne peut pas être candidat. C’est la loi et nous devons éviter de tripatouiller la loi au gré du vent.

Toujours à la barre jusqu’au congrès

«KKB a été élu par un congrès et il a formé son bureau. Comment celui qui n’a pas été élu peut dire que le président de la JPDCI n’est plus KKB ? Est-ce que le président du parti qui est candidat n’est plus président du PDCI ? C’est ce qu’on appelle un coup d’Etat. Ce n’est pas légal, ce n’est pas normal. Ce sont des putschistes et c’est la même chose pour la réunion du secrétariat général convoquée par Guikahué (…) Guikahué veut être secrétaire général, qu’il soit secrétaire général pour qu’on le traite comme il me traite (…). C’est vrai que je peux le sanctionner, selon les textes, mais on verra (…) Je respecte le président du PDCI et l’aîné qu’il est. Jusqu’à ce que le congrès élise un nouveau président, Bédié est le président du PDCI, je suis le secrétaire général du PDCI jusqu’à ce qu’un congrès élise un nouveau secrétaire général, que cela plaise ou pas, à Pierre ou à Paul. Jusqu’au prochain congrès de la JPDCI qui a été reporté par une réunion du Bureau politique, KKB est président de la JPDCI. Ce n’est pas par une déclaration lors d’une conférence de presse qu’on devient président de la JPDCI ou secrétaire général du PDCI (…) Il y a des situations pas claires dans la maison, nous demandons à nos aînés Camille Aliali, Jean Konan Banny, Emile Kéi Boguinard, membres du Conseil politique de prendre leurs responsabilités. Il est de notre devoir de les inviter à faire ce qu’ils doivent faire (…)

Kouadio Konan Bertin : ‘’Le rêve de nos militants, c’est que le PDCI reprenne le pouvoir en 2015’’

«C’est parce que je ne suis plus jeune que je veux être le président du PDCI. A mon âge, je n’éprouverai aucune gloire à revendiquer la JPDCI. J’ai fait mes preuves. (…) Le thème de notre congrès est évocateur et on ne peut pas décider de l’avenir du PDCI sans les jeunes, parce que j’imagine que c’est à cela que Bédié veut nous conduire. (…) On se connaît au PDCI, il ne faut pas qu’on nous pousse à autre chose. (…) Si vous avez fini de prendre le PDCI avec les FRCI, est-ce qu’ils voteront pour vous en 2015 ? Nos militants sont lucides, ils savent observer et comprennent la réalité des choses. Ce débat aura lieu. Notre souhait le plus ardent, si nous sommes des militants dignes, c’est de dire qu’il faut que le PDCI revienne au pouvoir en 2015, pas après (…) Nous sommes, tous les trois, soucieux de ce qu’au sortir de ce congrès le PDCI soit soudé et non émietté. (…) Nos militants ont trop souffert de notre absence à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, leur rêve c’est que le PDCI reprenne le pouvoir d’Etat en 2015. (…) Quand on a des ambitions qui sont contraires à celles de Bédié, systématiquement on est contre Alassane Ouattara, comme si les ambitions de Bédié sont subordonnées à celles d’Alassane Ouattara et on veut subordonner les ambitions de quelqu’un à celles de quelqu’un d’autre en dehors de la maison. Nous avons tous porté Ouattara au pouvoir au grand jour, personne ne nous a ligotés pour le faire. On l’a fait parce qu’on y a cru et le Président Ouattara le sait. Ils sont RDR, nous sommes PDCI, mais dans une alliance il y a ce qu’on appelle le respect mutuel. Qu’on ne nous distraie pas, même si je sais que l’une de leur stratégie c’est de faire venir le ministre de l’Intérieur à leur congrès pour signer des documents séance tenante, pour ne pas avoir besoin de trois mois pour faire des enquêtes. Même la présence du ministre de l’Intérieur à notre congrès ne suffira pas pour contourner la réalité, implacable. Cette réalité, c’est que quand on se donne des textes, il faut les respecter. Nous avons porté Bédié, parce qu’il nous a donné l’image d’un homme responsable, qui a une parole et qui respecte les textes. C’est au nom du respect de l’article 11 de la Constitution que Bédié est devenu Président de la République (…) Nous nous sommes battus autour de Fologo pour qu’il en soit ainsi, c’est au nom du respect des textes qu’il est resté président du PDCI, même en étant à 6000 kms. (…) Aucun cas de figure ne peut permettre à M. Bédié d’être candidat à ce congrès. On peut modifier les textes, cela est normal, mais Bédié sera candidat au prochain congrès, mais pas à celui-là. Et s’il est candidat, même à 85 ans, je viendrai le soutenir parce qu’il remplit les conditions (…) Je suis légaliste et constant, parce qu’être jeune, c’est être porteur d’un idéal. (…) Il faut que le président Bédié comprenne la nécessité de mettre en place un comité paritaire (…) C’est quand on a créé les conditions que chacun est tenu de respecter le résultat du scrutin. Mais je ne vois pas comment nous allons poursuivre le processus après le pré-congrès, si on n’adhère pas à nos exigences.

Kouassi Yao :
«J’ai senti venir les choses»

«Je considère que tout ce qui se passe actuellement c’est du folklore. Le comité d’organisation qui arrête et publie les décisions qui seront prises au congrès avant le congrès, c’est du folklore et je n’ai pas envie de cautionner cela. Quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, le président Bédié a été une personnalité de premier plan pour la Côte d’Ivoire. Il a succédé à Houphouët-Boigny avant d’être renversé par un coup d’Etat qui a été le point de départ de tous les problèmes de la Côte d’Ivoire. (…) Beaucoup de militants dont Djédjé Mady ont défendu bec et ongle, le président Bédié. (…) En 2010, il a été déclaré candidat du PDCI pour nous amener à la victoire, mais lors de la campagne il a dit qu’il était à son dernier combat. Je ne reviendrai pas sur les considérations d’âge de Bédié, mais depuis plus d’un an, j’ai senti venir les choses. J’ai décidé d’être candidat pour envoyer un message par anticipation et dire à Bédié «les choses vont mal se passer, reste sur ton piédestal sur lequel on t’a mis pour ta contribution à la résolution de la crise postélectorale». Pour que Bédié soit candidat, il faut qu’on change les textes, mais supposons que cela se fasse à l’unanimité, je dirais que c’est «la bananierisation» du PDCI. Ma candidature, c’est pour dire à Bédié de ne pas rentrer dans ce jeu».
Propos recueillis par Olivier Dion

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