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Yaya Touré s’engage pour la survie des éléphants africains
Publié le samedi 7 septembre 2013  |  AIP


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© AFP
Ballon d`Or Africain 2012: Yaya Touré sacré pour la deuxième fois


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Abidjan - Alors que la Côte d’Ivoire s’apprête à recevoir le Maroc samedi pour un match de qualification au Mondial 2014, Yaya Touré, footballeur vedette de l'équipe nationale de Côte d’Ivoire et capitaine de Manchester City FC, fera une déclaration forte contre le braconnage des éléphants.

Selon un communiqué du PNUD transmis samedi à l’AIP, cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts mondiaux, entrepris par l’Organisation des Nations Unies et ses partenaires pour stopper le commerce illicite d’espèces sauvages.

Le match qui se déroulera à guichets fermés, sera suivi par plus de 25 millions de spectateurs à travers le monde.

Selon les conclusions d’un rapport intitulé " Elephants in the Dust - the African Elephant Crisis" (en français : " Les éléphants dans la poussière – La crise de l’éléphant d’Afrique "), l'augmentation des niveaux de braconnage, de même que la perte des habitats, menacent la survie des populations d'éléphants en Afrique centrale ainsi que les populations préalablement protégées en Afrique de l'Ouest, du Sud et de l'Est.

Ce rapport a été publié à Bangkok, en mars dernier, lors de la 16e réunion plénière de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES).

En 2011 uniquement, l'ONU estime que plus de 17.000 éléphants ont été tués dans des sites sécurisés. Les chiffres globaux pourraient donc être beaucoup plus élevés.

En Côte d' Ivoire, le nombre d'éléphants a chuté de manière dramatique. Selon des estimations récentes, il ne subsisterait plus que 800 individus.

L’an dernier, le parc national de Bouba N’Djida, situé au nord-est du Cameroun, a connu une forte augmentation du nombre d’animaux braconnés. Pas moins, 450 éléphants ont été tués dans la région. Ces massacres seraient le fait de groupes rebelles venant du Tchad et du Soudan.

L’ampleur du phénomène dépasse désormais de loin le taux de croissance naturelle des populations d’éléphants, menaçant gravement la survie de l’espèce, en particulier en Afrique centrale et occidentale.

Malheureusement, les pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe, qui avaient jusqu'alors été relativement épargnés, sont à leur tour touchés par ce fléau.

Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l’ONU et Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a déclaré: "le commerce illégal d'espèces sauvages est une menace non seulement pour la survie des espèces comme les éléphants et les rhinocéros, mais aussi pour les moyens de subsistance et la survie de population africaine et des pays en voie de développement".

"Nous remercions Yaya Touré et les « Eléphants » de l'équipe de football de Côte d’Ivoire qui prennent aujourd'hui position contre ce fléau aux côtés de l'ONU, des douanes, des forces de police, des groupes de conservations et des groupes des sportifs qui ont le pouvoir de catalyser les peuples du monde entier; ensemble nous devons arrêter les criminels et marquer quelques grandes victoires pour les éléphants, les rhinocéros et les espèces menacées partout dans le monde ", a-t-il ajouté.

Le rapport - réalisé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en partenariat avec la CITES, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le Réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages (TRAFFIC) - affirme, sur base des saisies record d'ivoire à destination de l'Asie, que l’augmentation du phénomène est dû à l'implication de réseaux criminels, de plus en plus actifs et ancrés dans le trafic illégal d'ivoire entre l'Afrique et l'Asie.

" Le temps est compté pour la survie des éléphants africains. La montée en flèche des massacres d'éléphants et du trafic illégal des autres espèces menacées n’est pas seulement un danger pour les animaux, elle a aussi une incidence sur les moyens de subsistance de millions de personnes qui dépendent du tourisme pour vivre", a déclaré Yaya Touré.

"Les crimes contre la faune sont une menace sérieuse pour la sécurité, la stabilité politique, l’économie, le patrimoine culturel, et pour la gestion des ressources naturelles de nombreux pays. Nous devons unir nos efforts pour mettre en place des mesures efficaces à travers l'Afrique et à travers le monde", a-t-il ajouté.
Globalement, le commerce illégal de l'ivoire a triplé depuis 1998.

Les réseaux criminels sont en grande partie responsables du commerce illégal d’ivoire entre l'Afrique et l'Asie. Les saisies d'ivoire à destination de l'Asie ont plus que doublé depuis 2009 et ont atteint un sommet historique en 2011.

Les éléphants ont déjà perdu environ 29 pour cent de leur habitat. Certains modèles suggèrent que ce chiffre pourrait atteindre 63 pour cent en 2050.

Actuellement, la communauté internationale se penche sur des mesures efficaces pour lutter contre cette crise. L’une des options envisagées serait le lancement d'une action concertée ciblant le commerce illégal des espèces sauvages et du bois.

Les autres actions critiques recommandées comprennent une amélioration de l'application des lois à tous les niveaux de la chaîne d'approvisionnement du commerce illégal de l'ivoire; un renforcement des cadres législatifs nationaux ; une meilleure formation des autorités en matière de traque des réseaux criminels, de collaboration avec les réseaux de renseignement, et d’utilisation de techniques innovantes, telles que l'analyse médico-légale.

Il est également préconisé une meilleure collaboration internationale entre les pays touchés, les pays de transit et les marchés de consommation d’ivoire – avec l’aide de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la CITES, INTERPOL, l'Organisation mondiale des douanes, de la Banque mondiale et des autres acteurs internationaux. Cette collaboration est nécessaire pour améliorer l'application de la loi (aussi bien sur le terrain que dans les tribunaux), pour dissuader les individus impliqués dans des activités criminelles et pour lutter contre le commerce illégal en général.

Les efforts doivent être concentrés sur la lutte contre la corruption concertée, l’indentification des syndicats responsables du trafic et la réduction de la demande des produits à base d’ivoire.

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