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Le Patriote N° 4175 du 23/10/2013

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Enquête express / Accidents de la circulation : Voici les principales causes
Publié le mercredi 23 octobre 2013  |  Le Patriote




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La Côte d’Ivoire est l’un des pays de la sous-région où l’on enregistre un taux tres élevé d’accidents de la circulation. Le Patriote a cherché à connaître les causes de ces accidents qui endeuillent chaque année de nombreuses familles. Enquête.
Il ne se passe presque pas de jour sans que les accidents de la route n’endeuillent des familles entières en Côte d’Ivoire. La route, selon des études, tue chaque année, plus que le sida et le paludisme réunis. Les principales causes des accidents de la circulation sont : stationnement dangereux 7,20%, l’imprudence du piéton, 9, 63%, du conducteur 24 ,44%, la vitesse excessive 5%, le défaut de maîtrise, 37,48%, la défaillance mécanique, 4,62%. Comme on peut le constater la majorité des accidents est causée par l’imprudence des conducteurs. Selon l’office de sécurité routière (Oser), les facteurs humains représentent 94% des causes des accidents de la route. Les 6% sont donc imputables aux autres facteurs que sont entre autres, les dépassements dangereux, le non respect de la priorité, la chaussée dégradée, le non respect du panneau Stop, le non- respect des feux tricolores, etc. Les six principales causes citées plus haut représentent à elles seules, 89% des drames sur les routes. Konan Emile est instituteur de son état à Yamoussoukro. Il a été victime d’un accident de la circulation sur l’axe Yamoussoukro-Toumodi, en octobre 2000, dans un car de transport. Le bilan de cet accident, selon lui, était de 4 morts et plusieurs personnes grièvement blessées. Lui s’en est sorti avec quelques égratignures aux bras et aux pieds. Il explique que l’imprudence du chauffeur était la cause du drame. « J’ai emprunté le car à la frontière du Mali. Depuis le départ, je n’étais pas serein. Le chauffeur roulait à vive allure et quand on l’interpellait sur sa mauvaise conduite, il ne voulait écouter personne », relate le miraculeux qui dit avoir perdu un collègue dans cet accident. « Sans être devin, je savais qu’on n’allait pas arriver à bon port », poursuit-il. Notre interlocuteur pense qu’il faut revoir la formation des chauffeurs. Il estime que la majorité des accidents de la route est imputable au défaut de maîtrise des chauffeurs. Il pointe un doigt accusateur sur les auto-écoles qui selon lui, ne donnent pas une bonne formation aux chauffeurs. « Vous savez qu’on peut obtenir le permis en étant à la maison. Le permis de conduire est la chose la plus facile à avoir aujourd’hui, il suffit d’y mettre les moyens », accuse M. Konan. « On assiste depuis un certain moment à des formations pour avoir le permis à moindre coût. Conséquence : les gens sont formés au rabais et bonjour les dégâts », martèle pour sa part Ouattara Oumar, chauffeur dans une société de transport. Koné Aly est agent des eaux et forets, en fonction à Danané. Tout comme ses deux prédécesseurs, il pense que la formation des chauffeurs est la cause principale des accidents. « Quand je suis dans la circulation, des gens au volant s’adonnent à des conduites hasardeuses. Je me demande souvent où ils ont eu leur permis de conduire. Ils font des dépassements n’importe comment, aucun respect du code de la route », affirme t-il. Bon nombre de personnes sont d’avis que les facteurs humains sont les principales causes des accidents. « Je pense que tous les accidents en Côte d’Ivoire sont imputables à des erreurs humaines et non techniques », soutient Kaboré Boukary, professeur d’anglais dans un établissement privé, à Abidjan. Quant à Aminata Konaté, agent de banque à la retraite, elle estime qu’il y a trop de mauvais conducteurs au point de se demander s’ils ont vraiment des permis de conduire. Cependant à la mauvaise formation, il faut ajouter la conduite en état d’ébriété, la fatigue et le téléphone portable au volant. « La mauvaise formation n’est pas le seul facteur des accidents de la circulation. vous savez aussi que des conducteurs inconscients boivent et se permettent de prendre le volant. C’est un véritable danger pour lui et pour les autres », atteste pour sa part Ismaël Koffi, chef d’agence dans une banque. Qui explique que nombreux sont les personnes qui conduisent et communiquent sur leur téléphone portable. « Le téléphone au volant est à la base de beaucoup d’accidents mortels », poursuit-il. Ismaël Koffi souhaite une traque sans merci contre l’usage du téléphone au volant.

La position des moniteurs

Du côté des moniteurs, on pense que la mauvaise formation des chauffeurs est la principale cause des accidents. « Depuis un certain moment, les chauffeurs sont formés au rabais. Tout le monde fait le permis de conduire », dénonce Cissé Lamine, secrétaire général du syndicat national des moniteurs d’auto-écoles de Côte d’Ivoire (Synamae-CI). Déplorant que des personnes non qualifiées donnent des cours. D’où le nombre élevé des accidents. Cissé Lamine accuse surtout les Ong et les maries. « Aujourd’hui, les gens ne vont plus dans les auto-écoles pour passer le permis. Ils choisissent des raccourcis pour avoir le permis sans formation avec les Ong et les mairies. Avec 80 000 FCFA ou même moins, vous avez le permis mais c’est vraiment déplorable », grogne le SG du Synamae-ci. Pour lui il y a nécessité d’assainir le secteur pour éviter que les chauffeurs soient formés au rabais. « Seules les auto écoles sont habilitées à donner une bonne formation car les moniteurs qui animent ces écoles ont été formés à cet effet. Je suis surpris de voir des gens qui ne sont pas moniteurs faire le permis au vu et au su des autorités. C’est ce qui explique les nombreux accidents de la circulation. C’est le résultat du laxisme des autorités », accuse M.Cissé.

La formation du moniteur dure 4 à 6 mois

Aussi pour la réduction des accidents, propose-t-il ‘‘ que tous ceux qui veulent passer des permis le fassent dans les auto-écoles car c’est là-bas que l’on donne la formation pour avoir la conduite’’. Et d’ajouter : « Tous ceux qui ont obtenu le précieux sésame hors du circuit normal ne maitrisent pas le code de la route. Ils ne connaissent pas le BA-BA de la conduite. C’est vraiment dommage », regrette le moniteur. En plus de cela, le formateur déplore l’absence de renforcement de capacité dans le secteur.
Les moniteurs sont formés par l’Oser. La durée de formation est comprise entre 4 et 6 mois. Elle est sanctionnée par le Certificat d’aptitude professionnelle et pédagogique (CAPP), diplôme exigé par la loi 63-526 du 26 décembre 1963. Selon Ta Bi Tra, directeur de la formation à l’OSER, pour ouvrir une auto-école, le nouveau moniteur titulaire du CAPP doit exercer dans une auto école pendant quatre ans. « Les dossiers d’ouverture d’auto- écoles sont reçus par la Direction générale des transports terrestres et de la circulation (DGTTC). C’est elle qui donne les agréments. L’Oser quant à lui est chargé de l’encadrement et de l’inspection pédagogique des auto- écoles », précise le directeur de la formation. Vivement que des réflexions soient menées pour réduire considérablement le nombre d’accidents.
Zana Coulibaly

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