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Le Patriote N° 4180 du 29/10/2013

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Reportage/ Parc archéologique d’Ahouakro et cuvette des esclaves de Kanga-Gnanzé : A la découverte de deux merveilles de la Côte d’Ivoire
Publié le mardi 29 octobre 2013  |  Le Patriote




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“Que voulez- vous que je vous dise ?! Je n’ai aucun commentaire à faire…», confiait Dr Ama Mazama, aux journalistes. Le visage hermétiquement fermé de colère, les yeux pratiquement rougis par la douleur et le cœur, assurément, noué par la révolte, elle semblait scruter l’horizon sans fin de l’histoire de ses aïeux. Tout comme elle, Pr Molefi Kete Asante se sentait, lui, vidé de lui-même. L’âme en peine, à plusieurs reprises, l’Universitaire de haut vol qu’il est, a failli fondre en larmes. Par des va-et-vient vers le bassin d’eau, il a tenté de se jeter dans la marre. Les autres membres de la délégation qui supportaient, avec peine, tous ces gestes qui traduisant le drame intérieur que vivent ces deux descendants d’Africains- Américains, s’efforçaient de contenir leurs larmes.
Cette scène à la limite du supportable a été vécue, dimanche dernier. C’était à "la cuvette des esclaves". Cet endroit situé à quelques encablures du village de Kanga-Gnanzé, dans la région de l’Agnéby- Tiassa, précisément dans les environs de N’Douci. Partie prenante au colloque international sur le thème, « Renaissance africaine et Afrocentricité », Pr Molefi Kete Asante et Dr Ama Mazama (Guadeloupéenne), tous deux enseignants à "Temple University" aux Etats-Unis d’Amérique qui ont en commun d’être des descendants d’Africains-Américains, ont cru idoine de se ressourcer en visitant des sites historiques et culturels de renom que sont : "la cuvette des esclaves" de Kanga-Gnanzé, le Parc archéologique d’Ahouakro et le Campus 2 de l’Université Charles Louis de Montesquieu.
Pour ces deux universitaires, ce voyage sonne comme « un retour aux sources». Tout commence ce dimanche-là au Campus 1 de l’Uclm à Cocody-Mermoz. Après les consignes d’usage pour présenter brièvement le circuit, le cortège s’ébranle en direction d’Ahouakro, la première destination. Après près d’une heure sur l’autoroute du Nord, la délégation emprunte une piste non bitumée.

50 ha pour l’extension des activités de l’UCLM

Environ un kilomètre de terre battue et voilà Ahouakro. Un village moderne situé à 145 Kilomètres d’Abidjan avec une population estimée à 6000 âmes. Quelques minutes seulement après la lisière du village, le guide touristique Ekoum Kauphy Raymond, donne les premières consignes avant l’entame du périple à travers le site de 120 ha à la découverte des mythiques rochers et pierres. « Quand on entre ici, on y apporte rien et on emporte rien non plus», informe le guide. Le premier monument à visiter est "le Dolmen simple". C’est une grotte de 12 mètres carrés formée d’un mur de quatre pierres imposantes, surmontées d’une autre servant de "toiture". « le Dolmen servait de sépulture, mais jamais de lieu d’habitation», explique Ekoum Kauphy en nous menant au "Rocher correcteur" qui administrait des coups à tout individu méchant qui s’aventurait en ce lieu.
A quelques encablures de là, se trouve "le doigt de Nanan Koffi Ahoua". A regarder de près le rocher, c’est l’image de l’indexe de la main pointé vers le haut que l’on voit. Nanan Ahoua Koffi, est le créateur d’Ahouakro. «Par son doigt pointé en direction du ciel, vers le Seigneur, Nanan Ahoua jure de veiller sur les hommes et l’environnement», enseigne le guide. Souvent ce sont des pointes d’interrogation, de la stupéfaction et même de la peur sur l’extraordinaire morphologie des rochers et pierres que le visiteur ressent. Par endroits, ce sont des visages humains, des formes animales. C’est le cas de cette gigantesque pierre qui, vue sous un angle, a la forme d’une baleine. Mais vue sous une autre, elle apparaît dodue comme un hippopotame. En réalité, l’on a l’impression que "la baleine" est suspendue. En tout cas, il y a des pierres dont seule la nature peut expliquer l’existence. C’est le cas du "Dolmen complexe". Situé à mi-parcours de la randonnée, cette superposition d’immenses pierres, aux formes étranges, comporte une grosse cavité interne avec plusieurs entrées; ce qui la différencie du "Dolmen simple". C’est en ce lieu que se font les offrandes aux esprits des mânes et des ancêtres. « Le sacrificateur n’est pas là, donc nous n’aurons pas accès à l’intérieur du Dolmen », avertit le guide touristique. L’autre mystère, c’est que les animaux donnés en sacrifice- les poulets- ne sont jamais égorgés. Que ce soit "le Chapiteau", "le Tunnel de la forêt vierge", "le cendrier de Nanan Koffi Ahoua", "les marmites de géants", tous laissent voir les traces de l’histoire, du temps et du mystère de la nature. Après le Parc archéologique d’Ahouakro, cap est mis, l’après-midi, sur le site du Campus 2 de l’Université Charles Louis de Montesquieu (UCLM), non loin de là. Là, les pèlerins sont amenés à toucher du doigt l’expérimentation de ce que doit être « la nouvelle université », selon Amoa Urbain. C’est- à-dire « le lieu de l’alternance école- entreprise ou chantier » comme il aime le dire. C’est un vaste chantier où le Recteur de l’UCLM apprend à ses hôtes que six hectares d’Hévéa sont en période de maturation. « L’étudiant apprendra à saigner le latex», indique t-il. Il y a également deux hectares de bananes plantains pour permettre, aux étudiants, d’apprendre « à fabriquer des chips». Après le passage en revue de toutes les réalisations telles que "la résidence d’écriture", "les box de restauration" place à un déjeuner champêtre à l’ombre des palmiers.
C’est le domicile du chef du village qui reçoit la délégation d’universitaires et de journalistes. Là, dans la pure tradition africaine, la Diplomatie coutumière est déroulée dans sa splendeur à travers le rituel des civilités en pays Akan. Pr Amoa Urbain, accompagné des deux chevilles ouvrières du colloque, à savoir Pr Boa Ramsès Thiémélé (Président du Comité scientifique); M. Traoré Adama Jean- Jacques (Président du Comité d’organisation), déroulent "l’élégance langagière" dans les échanges avec le Chef Boni Edmond et sa notabilité. Dr Ama Mazama et Pr Molefi en font l’expérience et demandent à en savoir davantage sur "la cuvette des esclaves", et l’histoire du village. A l’issue des civilités, la délégation se rend sur le site, où lorsque les esclaves, pris sur les sites actuels du Mali, Guinée, Burkina et aux quatre coins de la Côte d’Ivoire, arrivaient enchainés, étaient lavés avant d’embarquer pour Tiassalé, puis Grand-Lahou d’où ils étaient déportés au-delà de la mer.
Jean-Antoine Doudou

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