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Politique Publié le mercredi 26 février 2014 | Nord-Sud

Gossio, Appia, Dogou… / Comment les ex-exilés vivent leur retour

© Nord-Sud Par Atapointe
Ouverture de la 8eme convention extraordinaire du Front Populaire Ivoirien
Vendredi 21 février 2014. Abidjan. Le Front populaire ivoirien (FPI), au Palais des Sports de Treichville, les travaux de sa 8ème convention extraordinaire en présence de Pascal Affi N’guessan, Président du parti et des membres des différentes instances. Ph: Marcel Gossio.
Rentrés d’exil, des partisans de l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, se réinsèrent progressivement dans le milieu politique.


Il y a eu un temps pour le départ… C’est à la faveur de la crise postélectorale de 2010 que de nombreux partisans de l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo, des membres de sa famille aussi, ont trouvé refuge hors du pays. Craignant pour leur vie, certaines personnalités politiques, de simples anonymes de la mouvance pro-Gbagbo, ou ex-membres de La majorité présidentielle (Lmp), ont cru bon de se mettre à l’abri de l’insécurité dans des pays voisins. D’où la ruée vers le Ghana, le Togo, le Bénin, beaucoup plus proches de la terre natale, pour ceux d’entre eux qui ne savaient, peut-être pas, quelle autre destination prendre. Certains de ces aventuriers de circonstance ont déposé leurs valises, plus loin, sur les bords de la Seine, au pays de l’Oncle Sam ou dans le Royaume chérifien... Si l’ancien ministre Assoa Adou prolonge son séjour dans la capitale ghanéenne où il coordonne les activités des cadres exilés du Front populaire ivoirien (Fpi), son camarade Marcel Gossio, lui, s’était isolé au Maroc. Le retour de ce dernier, anciennement directeur général du Port autonome d’Abidjan (Paa), fait l’actualité. Il avait donné des signaux du ‘’come back‘’, dans une interview accordée au confrère Soir Info, à la faveur du match retour Côte d’Ivoire-Sénégal, le 16 novembre dernier, sur les terres du Roi Mohammed VI. Ensuite, joignant l’acte à la parole, il a embarqué pour Abidjan, le jeudi 16 janvier, puis a communié avec les siens à l’aéroport international Félix Houphouet-Boigny au petit matin de vendredi. Depuis lors, celui qu’on appelle ‘’l’argentier de Gbagbo‘’ n’a pas quitté le pays. Militant du Fpi, il a repris langue avec ses camarades. Sa dernière sortie publique date du dimanche 23 février où il a pris part au gigantesque meeting de son parti, à la Place Ficgayo, à Yopougon. Mais avant, Marcel Gossio a participé successivement, les 21 et 22 du mois, à la 8ème convention extraordinaire du Fpi, au palais des Sports de Treichville. A l’occasion, c’est un homme à l’embonpoint rassurant sur son état de santé qui a communié deux jours durant avec d’autres frontistes. La réintégration dans sa famille politique ne souffre d’aucun doute d’autant qu’il s’était présenté en personne à la direction de l’ex-parti au pouvoir (2000-2010), le jeudi 13 février. De sources proches de cette « réunion », il s’est agi de « laver le pagne sale en famille ». Ce même jour, étaient présents d’anciens résidents du pays de Kwame N’Krumah, à l’instar de l’ex-ministre de la Défense du dernier gouvernement Gbagbo, Alain Dogou, qui lui aussi, s’acclimate à l’actualité politique nationale. En effet, en plus d’avoir participé à la convention et à la rentrée politique, à l’initiative de Pascal Affi N’Guessan, président du Fpi, il a suivi avec intérêt la tournée de remobilisation de celui-ci dans le district d’Abidjan.

L’EQUATION DE LA REINTEGRATION

la réintégration professionnelle de ces deux pontes de la ‘’Refondation‘’ n’est pas encore à l’ordre du jour, force est de réaliser que leur dossier est à l’étude sur la table du gouvernement. A la reprise du dialogue politique début janvier, le pouvoir avait demandé à son opposition de lui transmettre les cas à réintégrer dans l’administration. L’ancien Premier ministre Jeannot Kouadio-Ahoussou, coordonnateur du dialogue politique, l’avait également invitée à communiquer les situations de personnes aux avoirs gelés. La direction du Fpi s’apprêterait - si ce n’était pas déjà fait - à plaider pour ces cas. Au nombre de ces derniers figure en bonne place celui d’Augustin Komoé Kouadio, précédemment détenteur du portefeuille des Mines et de l’énergie dans le gouvernement Aké N’Gbo. Comme ses camarades ci-dessus cités, il devrait notamment servir de ‘’fusible‘’ en vue de convaincre ses ‘’frères‘’. Augustin Komoé Kouadio est un homme qui compte dans la région de l’est et par son entregent, le gouvernement pense convaincre d’autres natifs du Zanzan, dont l’ancien ministre du Tourisme, Richard Secré, à regagner le pays. Entre autres originaires de cette partie de la Côte d’Ivoire, Kabran Appia a été le premier à humer l’air abidjanais, un mardi 24 avril de l’année 2012. Depuis, le président du Mouvement national citoyen alternative (Mnc-Alternative) mène sa politique de « rassemblement ». A la tribune de la convention du Fpi, il s’interrogeait « comment » les pro-Gbagbo organiseront-ils la (re)conquête « démocratique » du pouvoir et la « libération » de Laurent Gbagbo. Le professeur de Droit occupe la présidence tournante de la Ligue des mouvements pour le progrès (Lmp). Une plate-forme de partis politiques créée conjointement, début janvier 2012, avec Théodore Mel Eg, Gervais Coulibaly et Henriette Lagou. D’autres opposants qui sont respectivement président de l’Union démocratique et citoyenne (Udcy), du Cap Unir pour la démocratie et le développement, du Rassemblement pour la paix en Côte d’Ivoire (Rpc). Si Coulibaly et Lagou font encore chemin avec Appia, ce n’est pas le cas pour Mel. Il a quitté le bloc au motif que ses alliés bafouent son droit de présider la Ligue. L’ancien ministre de la Ville est « absent du pays », selon Hélène Bodoua, sa première vice-présidente au sein du parti. Mel Théodore est le père du « nouveau pacte social » auquel il invite les Ivoiriens depuis le congrès de l’Udcy, début octobre 2012, à la Bourse du travail, à Treichville. L’Union citoyenne adhère, par sa participation, à la formation d’une ‘’opposition unitaire‘’ ; une idée promue par le Fpi. Il est à noter que l’Udcy, le Cap Udd, le Mnc-Alternative ont pris une part active aux élections législatives et municipales en 2012. Dans le sud, à Abidjan précisément, c’est un cadre du terroir Atchan, Jean Félicien Gbamnan Djidan, ex-maire de Yopougon, qui a suivi le mouvement du retour au bercail. Il a participé à la rentrée politique du Fpi, dimanche, à laquelle il aurait été « froidement » accueilli par des membres de la direction de son parti. Si lui-même s’abstient de tout commentaire par rapport à l’ostracisme dont il serait victime, son entourage, lui, dénonce sa mise à l’écart. Un proche de Djidan confie qu’il « fuit » la presse parce que dès qu’il parle « on dit qu’il est un traître ». En somme, chacun d’entre eux négocie son intégration, conditionnée par les discussions politiques. C’est dans ce cadre de dialogue initié fin janvier 2012, par un conclave opposition-gouvernement, à Grand-Bassam, que se décide la normalisation totale de la Côte d’Ivoire.


Bidi Ignace
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