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Art et Culture Publié le lundi 10 mars 2014 | L’intelligent d’Abidjan

Masa 2014 / Cérémonie de Clôture : Alpha Blondy, bonus considérable pour la relance

© L’intelligent d’Abidjan Par Reggaedebabi
MASA 2014: Concert de clôture avec Alpha Blondy
Samedi 8 mars 2014. Abidjan. La mega star du reggae Alpha Blondy s`est produit en spectacle à l`occasion du concert de clôture de la huitième édition du Masa, le Marché des arts et spectacles africains.
Qualifié de Masa de la relance, après sept (7) ans de «mise sous cale» – selon les mots de son Directeur général Yacouba Konaté, la 8è édition du Marché des arts du spectacle africain (Masa) a clos ses portes le samedi 8 mars à l’Esplanade du Palais de la Culture de Treichville. Maintenant, se prépare la 9è édition prévue pour 2016, a encouragé la marraine, la Grande Chancelière, Henriette Dagri Diabaté. Au-delà des «appréhensions» au début (1er mars), son point de vue est que «nous avons réussi» sans oublier de rappeler que «le défi est grand». Cette clôture en date du 8 mars – ayant coïncidé avec la journée de la femme, Henriette Diabaté a fait remarquer que «les femmes n’ont pas été plus brillantes» au Masa. «Nous devons, a-t-elle incité, les intégrer». Elles ont besoin, conseille-t-elle, «d’encadrement et de soutien pour un développement économique dans cette Afrique émergente».
«Masa du pari, Masa de tous les risques», Maurice Bandaman, le ministre de la Culture et de la Francophonie s’est satisfait que l’événement qui a eu «un retentissement heureux» se soit tenu avec «plus de bonheur que malheur». Pour lui, le retour du Masa est une «volonté du Président de la République qui n’a pas voulu laisser mourir ce bel outil de promotion des artistes».
Par cette relance du Masa, a soutenu Clément Duyaime, administrateur de la Francophonie, représentant son secrétaire général – le Sénégalais Abdou Diouf, «les sceptiques ont été confondus».
Aussi a-t-il a partagé son «émotion de voir de nouveau marcher le Masa après l’avoir accompagné dès ses premiers pas». Après les «hésitations de la première journée» du Masa 2014, Yacouba Konaté s’est réjoui que le public a «commencé à (nous) rejoindre progressivement». «Nous sommes conscients des ratés. Nous reconnaissons nos faiblesses et nous nous engageons à réparer nos erreurs», a-t-il promit. C’est en «tirant les leçons», fait-t-il savoir, que «2016 sera, avec un Palais de la culture rénové, un Masa du grand retour».

Après les allocutions,
le show
Il y avait du beau monde à l’Esplanade du Palais de la Culture de Treichville où deux scènes avaient été montées. Scène une et scène deux. La seconde, plus grande et donnant dos à la lagune Ebrié. Une alternative réussie dans le passage des artistes et des groupes programmés. A commencer par les médaillés d’or du récent jeu de la Francophonie à Nice en Free Style Ball, les Français Brice C., Gaetan Czaja et Andrea Free Style. Se sont succédé, Abou Xlim en provenance du Canada, Joan Minor des Etats-Unis, les tambours du Burundi, Général Tchèfary et Ramses de Kimon de la Côte d’Ivoire, Cheick Tidiane Seck et Mariame Koné du Mali, Jimmy Hope du Togo, Medhi Nassouly du Maroc, Stelbee du Burkina Faso…
En tête d’affiche de clôture : Alpha Blondy et Arafat DJ. Le second n’a pas répondu à l’appel des organisateurs quand ses fanatiques, tel qu’il les nomme, l’y attendaient. Raisons évoquées : son vol manqué samedi à Paris pour Abidjan. Toutefois sur une vidéo postée sur facebook, l’artiste s’est excusé auprès de ses fans et des autorités. Qu’à cela ne tienne, la fête a continué. La présence d’Alpha Blondy sur scène, a été d’un bonus considérable à la relance du Masa 2014.
Blondy, annoncé par le présentateur Yves Zogbo Junior qui a été fait pendant la cérémonie de clôture Officier de l’ordre du mérite ivoirien. Le son que fera entendre le Solar system, son orchestre, n’a rien de comparable – en volume de son – à tout ce qui l’a précédé. En intro, ses choristes l’annoncent en dioula : «Alpha Blondy est arrivé, C’est Dieu qui l’a envoyé». L’envoyé de Dieu, en a capela, guide son chemin par le psaume «L’éternel est mon berger». Les organisateurs du Masa ont pensé l’apothéose. Les feux d’artifices, à l’arrière du podium, soutiennent le chant de prière qui fait suite au célèbre chant ‘’Jérusalem’’.
«Personne n’a le droit de tuer son prochain au nom de Dieu. Personne n’a le droit de se substituer à Dieu. Il ne faut pas mêler Allah à vos actes criminels. Il ne faut pas mêler Mohamed (Saw) à vos actes criminels. Parce que Allah n’est pas un Dieu terroriste, Mohamed (Saw) n’est pas un prophète terroriste», poursuit-il religieusement pour dénoncer au Mali, le terrorisme. Comme feuilletant un répertoire qui prend la forme – comme un chemin qu’il fait suivre au public – de l’étoile de David, Blondy s’invite et frappe à la porte du paradis avec ‘’Allidjinan’’. «Dieu a mis dans nos cœurs la clé du paradis. Il m’a dit de vous dire que la porte du paradis est ouverte pour vous tous. Ce n’est pas un Dieu de punition, c’est un Dieu de pardon», lance-t-il. Chanté comme un certain «Who’s knocking at the rastaman door», les paroles sont imagées mais gardent un certain réalisme. Car, «Seydou», lui, qui veut avoir certaines réponses (auprès) de Dieu, ne comprend pas tous ses compagnons de route après qui il demande ne soient plus de monde. Colère de sa part, trahison de ses amis, Blondy pleur Nangnélé, Pinto, Fulgence Kassy, Camara H., Aldo Moro, Enesto Djédjé, Lougah François… Mais, comme le philosophe, l’artiste qu’il est se résout à comprendre que «chacun mourra».
Ensemble costume blanc, chemise orange, casquette treillis avec une écharpe au cou aux couleurs rouge, jaune et vert qui sont aussi celles de sa paire de chaussure, Alpha Blondy retrouve dans le style une époque Yéyé. L’âge ne trahit pas une voix restée intacte et claire et Blondy déroule le chant (Abidjan) et cède en quelques minutes la scène à Ras Goody Brown avec qui ils revisitent Cocody Rock – en version nouvelle.
Chantant ‘’Hope’’ issu de Mystic Power, son dernier album, la voix du Jamaïcain Beenie Man est interprétée par son bassiste.
Quand il tend le micro au public, c’est pour «aboyer» comme pour soutenir le chœur sur le titre «Les chiens» qu’il tire de Massada. Cette page de souvenir qu’il ouvre, Blondy en veut et jette des pierres dans le jardin des hommes politiques. Ses souvenirs d’Amérique faits de rêves inachevés, il les partage sur les notes de ‘’My American dream’’. Composée roots, rock, reggae, la musique est une mixture de ses orientations [musicales].
Son apaisement vient avec ‘’Wari’’, un chant de réconciliation prônée dans une époque (période) de crise sociale et économique sur le contient africain que tentent de récupérer à des fins utiles les hommes politiques. Mais, Blondy – la voix des «Baramôgôs», ses amis de part le monde, n’est pas dupe. ‘’Politki’’, chant d’éveil et de prise de conscience, tel qu’il écrit la musique est musicalement fort par le jeu des musiciens. Dans le même registre ou presque, sur «Peace in Liberia» sorti de Massada, le chanteur – ambassadeur de la paix, réclame «la paix au Liberia, en Sierra Leone, Syrie, Liban, Paskistan, Afghanistan, entre Israël et Palestine…».
Quand il expose son public à ‘’Téré’’ – le Soleil, «par lequel tout espoir est permis», Blondy ôte sa veste du fait de ses effets. La voix est certes mélancolique, mais claire. Si avec ‘’Soutra’’, il se réjouit de retrouver à Abidjan la chaleur de ses «baramôgôs» – amis, pour Blondy «tout n’est pas bon à dire» et à leur confier. D’où les paraboles pour que chacun s’en fasse une idée. «Il faut laisser le fétiche dans le sac pour l’adorer», chante-t-il en dioula.
Avant sa note de fin avec Brigadier sabari, Alpha Blondy a dédié Sweet Fanta Diallo au Président Alassane Ouattara à qui il a souhaité «prompt rétablissement» pour continuer dans son élan «d’émergence» de la Côte d’Ivoire.

Koné Saydoo
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