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Politique Publié le jeudi 3 avril 2014 | AFP

Côte d’Ivoire: la justice dégèle les comptes de 43 personnalités impliquées dans la crise postélectorale

© AFP Par Atapointe
Ouverture de la 8eme convention extraordinaire du Front Populaire Ivoirien
Vendredi 21 février 2014. Abidjan. Le Front populaire ivoirien (FPI), au Palais des Sports de Treichville, les travaux de sa 8ème convention extraordinaire en présence de Pascal Affi N’guessan, Président du parti et des membres des différentes instances.
ABIDJAN - La justice ivoirienne a annoncé jeudi avoir procédé au dégel des comptes bancaires de 43 personnalités pro-Gbagbo impliquées dans la crise postélectorale de 2010-2011, alors que le gouvernement multiplie les initiatives pour faciliter la réconciliation nationale.

"Le procureur de la République vient de procéder ce jour 3 avril 2014 au dégel des comptes bancaires de 43 personnalités dont les comptes avaient été gelés suite à la crise postélectorale", a fait savoir le parquet d’Abidjan-Plateau dans un communiqué.

L’annonce intervient alors que les rapports entre majorité et opposition ont fortement empiré, après une accalmie fin 2013.

Les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir rompu le dialogue après le transfèrement en mars de Charles Blé Goudé, un proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, à La Haye, où siège la Cour pénale internationale (CPI), qui l’accuse de "crimes contre l’humanité".

Dimanche, le Front populaire ivoirien (FPI, pro-Gbagbo), principal parti d’opposition, a dénoncé de "graves dérives totalitaires" d’un pouvoir ivoirien qualifié de "dictature", et annoncé la préparation de "grandes actions de masse" "dans les meilleurs délais".

Au nombre des raisons pour lesquelles la "réconciliation nationale" est "dans l’impasse", selon le FPI, figure "la confiscation des biens privés et des domiciles des militants de l’opposition" et "le gel des avoirs et des comptes bancaires des responsables de l’opposition".

Les autorités d’Abidjan ont multiplié les démarches d’apaisement ces derniers mois, près de trois ans après la fin de la crise postélectorale de 2010-2011, consécutive au refus de l’ex-président Gbagbo de reconnaître sa défaite face à l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara.

Les violences firent plus de 3.000 morts entre décembre 2010 et avril 2011.

Quelques 134 détenus de la crise postélectorale ont été libérés cette
année, avait annoncé vendredi le ministre du Plan ivoirien, Albert Toikeusse
Mabri.

Le FPI dénonce toujours "le maintien en détention injustifié" de 800
"prisonniers politiques civils et militaires".

Le président Ouattara a appelé à plusieurs reprises ses "frères" exilés à
rentrer au pays.

"Toutes les décisions sont prises par le gouvernement pour aller dans le
sens de la réconciliation", a commenté Bruno Koné, le porte-parole du
gouvernement. "Nous attendons qu’il y ait un minimum de reconnaissance en face
et que l’attitude aille vers l’apaisement et plus de sérénité".

Laurent Gbagbo est emprisonné depuis plus de deux ans à La Haye, en attente
d’être jugé par la CPI.

jf/ck/mba
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