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L’intelligent d’Abidjan N° 3078 du 5/4/2014

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Les Samedis de Biton : Impatience et durée
Publié le samedi 5 avril 2014  |  L’intelligent d’Abidjan




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Dans l’exercice de leur fonction, les hommes politiques sont confrontés à ces deux mots. C’est à travers un débat, lors d’une émission de la télévision française que j’ai entendu un ministre français, en l’occurrence Michel Sapin, prononcer ces deux mots. C’est un réflexe de colonisé, surtout du monde francophone, que de nous intéresser et de suivre la politique de l’hexagone. Tout ce qui est la France est suivi dans nos pays francophones, où on n’arrive toujours pas à couper le cordon ombilical qui nous lie avec la ‘mère patrie.’ On verra très peu de cadres africains, moyen ou supérieur, à ne pas vivre au jour le jour avec la politique intérieure française. Ceux qui indexent la France et les français sont souvent habités par le syndrome de l’amour déçu. Quand une femme rejette votre amour c’est un sentiment de dépit qui vous habite. Vous n’attendez que son appel. Les colonisés de la France sont toujours disposés à vivre une amitié particulière avec la France.

Le Président Sassou disait, au cours d’une interview, que le lien est fort à cause de la langue qui nous unit. Pas faux. Mais dans le monde anglophone africain les cadres sont plus résolument tournés vers leur pays que Londres. Et cela se vérifie par leur tendance plus prononcée pour la culture de leur pays. Le francophone veut absolument vivre comme le français de France. Il se sent heureux quand il est reconnu par la grande France. Et cela dans tous les domaines. Le petit ou le grand peuple n’a qu’une seule envie : Avoir l’autorisation de fouler le sol parisien par l’obtention du fameux visa imposé par la France à ses anciennes colonies. Le manque de visa n’arrête pas cet amour pour la France. On va traverser le Sahara afin de prendre des pirogues et entrer clandestinement dans un pays européen pour rejoindre le but final qu’est la France. La France avec ses problèmes qui ne finissent pas. Cette impatience dont parle le nouveau ministre des Finances de la France, est le lot de tous les citoyens du monde. Sauf quelques uns. Le peuple a été, est et sera toujours impatient. Tout projet annoncé doit s’exécuter et finir en même temps. Le peuple du monde veut que l’enfant qui nait, aujourd’hui, parle et marche le lendemain. La frustration d’un peuple a pour origine son impatience. Le Président Markouzi disait, qu’il y a plusieurs étapes entre un projet annoncé et adopté et sa réalisation. Que d’étapes ! Dont la recherche du financement n’est pas le moindre. On reproche aux gouvernants leur manque de pédagogie mais comment faire entendre au peuple qui ne suit pas les activités gouvernementales. Très peu de gens savent ou connaissent la plupart des ministres. Ils ne suivent pas de journaux télévisés et n’achètent pas de journaux. L’impatience du peuple fera toujours la difficulté des gouvernements. Pour un gouvernement, tout se concrétise dans la durée. Un pont ne se fabrique pas en un mois. Il faut des années. Comment concilier les deux, à savoir, la durée et l’impatience ? Un vrai devoir de science politique. Ce n’est qu’à la fin d’un mandat qu’un Président de la République d’ici et d’ailleurs peut calmer l’impatience de son peuple en montrant ce qui a été fait. Or, plusieurs constitutions du monde donnent un mandat de cinq ans. Cela ne peut que créer des impatiences. Je préfère celle du Mexique qui donne sept ans. La France a eu tort de revenir au quinquennat, en abandonnant le septennat. On comprend alors aisément la tendance de plusieurs Présidents de la République à demander un second mandat pour parachever une œuvre solide qui ne peut que se parfaire que dans le temps, la durée. Avec un mandat de cinq ans c’est la campagne présidentielle permanente. Un gouvernement n’a pas le temps de bien lancer ses projets, qu’il faut se jeter dans une autre campagne présidentielle. Le cas de la Côte d’Ivoire m’exaspère profondément. Je ne supporte pas de voir des articles ou des débats sur la prochaine élection présidentielle. Il y a un temps pour une campagne présidentielle. Trop d’énergie sont déployées au détriment du travail créateur et productif. On dira que c’est le travail des politiciens de vivre en permanence dans une campagne présidentielle, législative ou municipale. On peut alors comprendre, aussi, la tendance du peuple à l’impatience, à force de lui faire miroiter chaque semaine des ‘cadeaux’ qu’il aura. Les débats politiques en France ne doivent pas nous inspirer. Ces débats, sous le sceau de la démocratie sont en fait de la chamaillerie. C’est à qui parlera plus fort, plus haut. C’est à qui contestera les propos de l’autre en l’empêchant de parler. La France, ou sa démocratie ne peuvent pas et ne doivent pas être des modèles pour nous. Avancer c’est écouter l’autre et donner ensuite son point de vue. Et, c’est ainsi qu’on apprend et qu’on avance. Dommage que Michel Sapin n’ait pu développer et faire comprendre sa théorie sur l’impatience et la durée. Vraiment dommage. Pas un modèle pour l’Afrique qui doit toujours avoir son propre modèle, inspiré de sa tradition, afin que ses cadres participent pleinement au développement de leur pays. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly

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