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Économie Publié le jeudi 24 avril 2014 | AFP

Côte d’Ivoire: le trafic de diamant se poursuit, malgré l’embargo (rapport ONU)

© AFP Par Atapointe
Visite d`Etat dans le Gbêkê: Conseil des ministres de Bouaké
Mardi 26 novembre 2013. SEM Alassane Ouattara a présidé un conseil des ministres à la Préfecture de Bouaké dans le cadre de la visite d`Etat qu`il effectue dans la région du Gbêkê. Photo : wattao.
Abidjan - La production et la commercialisation du diamant brut se poursuivent "illégalement" en Côte d’Ivoire malgré un embargo datant de 2005, dénoncent jeudi des experts des Nations unies, accusant un haut responsable de l’armée d’être au coeur du trafic.

La "production artisanale de diamants dans les zones d’extraction de
Séguéla et Tortiya" (nord ivoirien) se poursuit à travers des "réseaux
commerciaux qui achètent puis exportent illégalement en passant par les Etats voisins", selon le rapport au Conseil de sécurité du groupe d’experts chargés de vérifier l’application de l’embargo sur les diamants.

Un embargo frappe l’exploitation des diamants ivoiriens depuis 2005, au
motif qu’ils alimentaient l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui
contrôlait le nord du pays depuis son coup d’État manqué de 2002 contre le président Laurent Gbagbo.

Des ex-militaires issus des FN et qui ont choisi le camp du président
Alassane Ouattara contre son rival, l’ex-président Gbagbo, dans l’affrontement post-électoral de 2010-2011 continuent de tirer profit de ce trafic illicite, poursuit le rapport.

Issiaka Ouattara (alias "Wattao"), ancien chef rebelle, désormais l’un des
principaux commandants des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI),
l’armée ivoirienne, est épinglé dans le rapport.

"Les principaux négociants de diamants payent des éléments des FRCI
commandés par Wattao pour être autorisés à faire le commerce des diamants bruts et à les exporter illégalement", déplorent les experts.

Le groupe "craint que les paiements liés à la vente de diamants bruts
ivoiriens, qui s’effectuent entièrement en numéraire et ne sont pas
enregistrés, alimentent des fonds pour acheter des armes et du matériel
connexe en violation du régime des sanctions", souligne le rapport.

- Les "diamants du sang" -

"Jamais je n’ai trempé dans une affaire d’exploitation de diamants", a
réagi Wattao, cité par la presse ivoirienne.

"Une partie de la production de diamants ivoiriens est directement exportée à partir de l’aéroport international d’Abidjan", ont également dénoncé les experts qui se disent "préoccupés" par la corruption "des policiers et douaniers".

"Des policiers, dont des agents de la Direction de la surveillance
territoriale (DST, service de renseignement), escortent des particuliers
directement depuis les comptoirs d’enregistrement jusqu’aux avions de
transport de passagers, contournant les contrôles de sécurité ou des douanes en contrepartie du versement d’une somme d’argent", souligne le texte.

La publication de ce rapport intervient alors que la Côte d’Ivoire souhaite
pouvoir recommencer à exporter ses diamants bruts en adhérant au processus de Kimberley qui doit conduire à la levée de l’embargo.

Créé en 2000, le régime international de certification est soutenu par
l’ONU et rassemble 75 Etats. Il édicte des conditions à remplir par un pays
pour que ses diamants puissent être exportés légalement.

L’initiative répond à la controverse des "diamants du sang", ces pierres
précieuses ayant servi à financer des conflits, comme en Angola ou au Sierra Leone.

D’après un document de l’Union européenne, la production annuelle de
diamants de Côte d’Ivoire est de 50.000 à 300.000 carats (1 carat = 0,2
gramme).

ck/eak/jlb
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