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Procès Gbagbo à la CPI : Quel impact sur la réconciliation?
Publié le samedi 14 juin 2014  |  Le Democrate
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La Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale a confirmé jeudi dernier quatre charges de « crimes contre l'humanité » à l'encontre de Laurent Gbagbo, qui est donc renvoyé en procès devant une chambre de première instance. Une décision qui intervient dans un contexte toujours tendu entre le gouvernement et le FPI.
22 000 pages de preuves, 108 témoins entendus. Après plus d'un an d'examen, la Cour pénale internationale a donc tranché : l'ancien président ivoirien sera bel et bien jugé pour « crimes contre l'humanité ». La Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale a confirmé les charges qui pèsent à l’encontre de Laurent Gbagbo à la majorité de deux juges contre un. L’ex-président ivoirien est poursuivi pour « meurtres », « viols », « actes inhumains » et « persécutions » pendant la crise post électorale de 2010-2011.
Les éléments à charge
Dans le document de notification des charges qui vient d’être examiné par les juges de la chambre préliminaire, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, se dit persuadée que Laurent Gbagbo a conçu et mis en œuvre, avec son entourage immédiat, un plan qui devait lui permettre de se maintenir à la présidence par tous les moyens nécessaires. Ce plan, selon la procureure, aurait évolué jusqu’à inclure, fin 2010, une attaque généralisée et systématique des civils considérés comme pro-Ouattara. Selon Fatou Bensouda, les Forces de défense et de sécurité (FDS) de l’Etat ont été utilisées à cette fin, de même que des jeunes pro-Gbagbo, des miliciens et des mercenaires. Quatre incidents de la période-post-électorale ont été retenus et devraient être examinés pendant le procès.
La défense de Laurent Gbagbo
Pour la défense de l’ancien président, cette version de la procureure est une lecture partiale de la crise post-électorale. Il n’y avait pas de blocus de l’hôtel du Golf, disent les avocats de Laurent Gbagbo, mais une « sécurisation » du lieu en raison de la présence de forces rebelles pro-Ouattara. La commune d’Abobo, assurent-ils également, était tenue par des rebelles armés et entraînés qui y avaient été infiltrés, et non par des groupes d’autodéfense de jeunes, comme le dit la procureure. Les éléments de preuve disponibles, selon les avocats de Laurent Gbagbo, ne montrent pas qu’il y a eu dans cette période des attaques de Forces de défense et de sécurité contre les civils, mais bien plutôt des attaques de rebelles contre des FDS, puis contre la population civile.« Nous sommes satisfaits qu’il puisse y avoir un procès pour que la vérité puisse éclater. Le président Gbagbo y tenait – je vous renvoie à ce qu’il disait lors des audiences – il veut un procès, pour l’histoire et pour la Côte d’Ivoire. Pour que tout soit enfin dit. Parce que c’est la condition d’une véritable réconciliation nationale », insiste Me Emmanuel Altit, l'un des avocats de Laurent Gbagbo. Pour lui, la défense est en « position de force juridique » : si les éléments sont suffisants pour ordonner un procès, rien n'indique que la procureure de la CPI est en mesure de remporter ce procès, estime l'avocat.
Un « message » aux politiques, selon le gouvernement
Cette décision de la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale intervient alors qu’en Côte d’Ivoire, un climat de méfiance prévaut entre le pouvoir et l’opposition, malgré les déclarations de disponibilité aux discussions de part et d’autre.
Pour Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien, cette décision de la CPI est un signal fort envoyé aux dirigeants qui violent les lois internationales. C’est « un message à l’endroit du personnel politique. En disant que, désormais, notre pays, la Côte d’Ivoire, est un Etat de droit et il y a des limites qu’il ne faut plus franchir », estime-t-il. « Pour aller à la réconciliation, il faut passer, à un moment donné, par la case justice. Cela va permettre de calmer la douleur des victimes et de tous ceux qui ont perdu quelque chose », ajoute le porte-parole du gouvernement. Pour lui, la décision de la CPI est aussi un « message envoyé à l’autre partie, à ceux qui soutenaient l’ex-président. (...) Un message positif, en ce sens que, désormais, tout le monde devra faire attention. »
Joël Nguessan, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), estime que c'est « un grand soulagement par rapport aux milliers de victimes, aux parents de toutes les personnes qui ont été victimes du refus de Laurent Gbagbo, de céder le pouvoir après la victoire du président Alassane Ouattara ». Pour le RDR, « la Cour pénale internationale vient de se mettre dans une posture de lutte définitive contre l’impunité ».
Pour le FPI, une décision qui n'aidera pas à la réconciliation
Au contraire, cette décision de la CPI « ne contribue guère à la réconciliation » juge Laurent Akoun, secrétaire général et porte-parole du FPI, interrogé par RFI. « Ce jeudi est pour nous un jour triste », dit-il, même si, « comme l’a dit le président Laurent Gbagbo, le 5 décembre 2011 », il juge que « les deux points essentiels, c’est vérité et justice. Et, peut-être, avec un procès, on comprendra mieux. »

Le Front populaire ivoirien (FPI), parti fondé par Laurent Gbagbo, formule plusieurs critiques à l’encontre du pouvoir, portant notamment sur la restriction des libertés dont ses militants font l’objet. Le dernier épisode en date concerne l’interdiction d’une veillée de prières pour exiger la libération de Laurent Gbagbo, qui était prévue ce jeudi soir sur une place de Yopougon par la jeunesse du parti. Pour empêcher ce rassemblement, le pouvoir a bouclé le quartier en déployant un impressionnant dispositif de forces de l’ordre, ont rapporté des témoins. Il y a une semaine, le FPI a été l’objet d’une autre interdiction. Le déplacement que le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, devait effectuer à Odienné, dans le nord-ouest du pays pour rendre visite à l’épouse de l’ex-chef d’Etat ivoirien, Simone Gbagbo, elle-même réclamée par la Cour pénale internationale. Après avoir reçu un accord verbal, Pascal Affi N’Guessan n’a finalement pas pu s’y rendre.

Concernant le dialogue politique repris récemment entre le FPI et le gouvernement, après une suspension de deux mois, chacune des deux parties demande à l’autre de faire des gestes de bonne volonté afin d’amorcer un véritable processus de réconciliation.

Rfi
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