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Société Publié le lundi 30 juin 2014 | Le Nouveau Consommateur Hebdo

Drame à Port-Bouët : Un porteur d’eau meurt électrocuté

Les habitants du quartier Gonzagueville (Terre rouge) sont sous le choc, depuis la mort du jeune Themon Odilon, le dimanche 15 juin 2014. Il est mort électrocuté dans une flaque d’eau après des pluies diluviennes.

Depuis le 15 juin, Themon Odilon a quitté le monde des vivants. Électrocuté par un fil électrique qui traînait à la suite des pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale économique ivoirienne, il n’a pas survécu. À notre passage à Gonzagueville où il résidait, le 23 juin, très peu sont les habitants qui avaient eu connaissance du drame. C’est une jeune dame sous le sceau de l’anonymat qui nous expliquera ce qui s’est passé. Selon elle, le défunt conduisait une charrette, communément appelée wotro, remplie de bidons d’eau avec son frère. C’est en traversant une flaque d’eau stagnante laissée par la pluie qu’il a été électrocuté par un fil électrique qui traînait. Cette version sera ensuite confirmée quelques minutes plus tard par Dago, un porteur d’eau qui exerce dans le quartier.

Une mort liée au manque d’eau et aux branchements anarchiques
Le quartier Gonzagueville (Terre rouge) souffre d’un manque d’eau criant. Comme solution à cette situation, ceux qui disposent de moyens financiers équipent leur maison de forage. Moussa, un résident, affirme que son oncle a acquis son forage au prix de quatre cent mille francs CFA. Une somme malheureusement hors de portée de nombreux habitants comme Mme Ahoussi.
« Pour nous qui n’avons pas d’argent, ce sont des citernes d’eau qui viennent nous ravitailler en eau potable, gratuitement. Chaque sous-quartier est servi une fois par semaine. Malheureusement, depuis près de deux mois, la citerne ne vient pas à cause du mauvais état de la route dû aux pluies. Dans ces conditions, nous buvons et préparons avec les sachets d’eau vendus à 50 francs l’unité. Je dépense 400 francs CFA par jour pour cela. Je n’ai plus rien. Nous avons déposé les récipients dans l’espoir que la citerne vienne. Si elle ne vient pas aujourd’hui (le 23 juin, Ndlr), je ne sais pas comment nous allons nous arranger. Surtout que l’eau du puits non potable ne sert qu’au bain et à la lessive », confie-t-elle.
À côté des citernes, des jeunes gens vont acheter de l’eau à Adjouffou à l’aide de charette, un autre quartier distant de cinq kilomètres environ, pour la revendre aux résidents de Terre-rouge. Ils achètent le bidon à 50 francs CFA pour le revendre à 150 francs CFA (une charrette peut embarquer jusqu’à 20 bidons). « Depuis que j’ai perdu mon emploi, c’est de cette activité que je vis et que je paie mon loyer », explique Dago, notre porteur d’eau. Comme lui, ils sont nombreux ces jeunes gens qui survivent grâce à cette activité lucrative. C’est en s’y adonnant que Odilon Themon a perdu la vie dans la mi-journée du 15 juin, dans ce quartier où les branchements anarchiques sont fréquents.

Natacha Koné
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