x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

International Publié le mercredi 3 septembre 2014 | L’Inter

Ukraine: Jusqu’où ira Poutine?

Au départ, c'était un soutien masqué que le Kremlin apportait aux insurgés pro-russes. Mais depuis quelque temps, c'est à visage découvert que la Russie s'est jetée dans la crise ukrainienne. Vladimir Poutine ira t-il jusqu'à annexer l'Ukraine?

Le 21 novembre 2013, l'ancien président pro-russe Viktor Ianoukovytch refuse de signer un accord d'association avec l'Union européenne. Des manifestants pro-Europe se mobilisent et assiègent pendant plusieurs semaines la place Maïdan, la place de la République. Le 22 février 2014, trois mois exactement après, ils détrônent le président. Un nouveau gouvernement dirigé par le premier ministre Arseni Iatseniouk s'installe. Mais Vladimir Poutine supporte difficilement l'installation d'un gouvernement radicalement anti-russe dans un pays relevant de sa sphère d'influence stratégique. L'homme fort de la Russie entreprendra toutes sortes de manœuvres pour remettre les choses en ordre. Il va avant tout s'appuyer sur l'importante population russe ou russophone du Sud-Est de l'Ukraine qu'il pousse à se révolter à son tour contre le régime pro-Européen. C'est le début d'une véritable guerre civile qui déchire depuis 10 mois ce pays.

Poutine aux manœuvres

C'est la Crimée qui va annoncer les couleurs, le 6 mars 2014, en proclamant son indépendance. Cette province ukrainienne ira plus loin en votant son rattachement à la Russie; décision aussitôt entérinée pat la Douma, le parlement russe. Comme un effet de contagion, plusieurs autres provinces ukrainiennes majoritairement russophones notamment le Dombass, Donetsk, Kharkov et d'autres, entrent dans la danse en organisant des referendums d'autodétermination. En réalité c'est Vladimir Poutine qui est aux manœuvres. Le président russe ne fait que reconduire une tactique qui a marché à perfection en Géorgie en 2008 et qui a entraîné la sécession de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie. Derrière des insurgés pro-russes cagoulés, c'est la puissante armée russe qui combat en réalité l'armée ukrainienne qui ne fait visiblement pas le poids. Aux occidentaux et aux Américains qui l'accusent de vouloir envahir l'Ukraine, Poutine jure la main sur le coeur que malgré ''les appels pressants'' des populations pro-russes, son armée n'envahira pas l'Ukraine. A son tour, il accuse ses homologues européens d'avoir semé le chaos en Ukraine. Ces propos du maître du Kremlin ne sont pas infondés, car les européens et les Américains ont fortement soutenu la révolution de Maïdan. Ce sont eux, l'Union européenne en tête, qui ont appâté par leurs promesses d'aide, les populations ukrainiennes. De hauts responsables occidentaux se sont même rendus à Kiev pour apporter leur soutien aux manifestants de la place de la République. Malgré la batterie de sanctions brandies et même prises par Bruxelles, Moscou déroule allègrement son plan. Convaincu que sa farce ne pouvait longtemps prospérer, Poutine a laissé ses soldats qui combattaient encagoulés en Ukraine, jeter le masque. Plusieurs ont été faits prisonniers ces derniers jours par les forces gouvernementales ukrainiennes. Mais jusqu'où Poutine pourrait pousser le pion? C'est la grande interrogation. L'objectif affiché du président russe est de redorer le blason de cette puissance russe qui a beaucoup perdu de sa superbe. Vladimir Poutine ne l'a pas caché à ses pairs occidentaux, lorsqu'il leur disait que «la plus grave catastrophe géopolitique du 21e siècle était la disparition de l'Union soviétique» dans les années 1990. Cette déclaration suffit-elle pour prêter à l'actuel dirigeant russe l'intention de reconstituer l'ancien bloc soviétique? Ce serait certainement aller vite en besogne. Pendant plus d’une décennie, la Russie a en effet connu une véritable décadence, tant au plan politique, économique que social dans les années 1990, avec un produit national brut (PNB) réduit de moitié et une dislocation de son ''empire''. Sur la scène internationale, elle n'avait plus voix au chapitre. C'est cet affront que Poutine, qui se donne l'âme du héros de la renaissance russe, veut laver. Il ne s'agit certainement pas pour lui de ressusciter la défunte Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) pour faire contrepoids à l'ex- bloc capitaliste. L'homme qui dirige la Russie d'une main de fer depuis bientôt une dizaine d'années, veut simplement donner à son pays les moyens de se faire respecter. Le complexe militaro-industriel russe a retrouvé son lustre d’antan. Au plan économique, le pays s'en sort fort bien et s'est même permis d'organiser les jeux Olympiques d'hiver les plus coûteux de l'histoire, en février 2014 à Sotchi. Moscou a dépensé 36 milliards d'euros (23.580 milliards de Fcfa), loin devant Pékin 2008 (26 milliards d'euros) et Londres 2012, (11,5 milliards d'euros). Au plan diplomatique, la voix du Kremlin compte. Fort de ces quelques succès, Vladimir Poutine reste peu ébranlé par les menaces de sanctions des occidentaux. Il sait aussi par quel bout les tenir : son précieux gaz qui les réchauffe en hiver. Sa menace de fermer les robinets qui alimentent les pays du vieux continent, refroidit souvent les ardeurs.


Charles d'Almeida
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Titrologie

Toutes les vidéos Titrologie à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ