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Présidence du front populaire ivoirien: les exilés humilient Affi
Publié le jeudi 4 decembre 2014  |  Le Democrate
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LES FAITS

Le 05 août 2013, suite à la mobilisation constante des militants de la Côte d’Ivoire et de la diaspora, le Premier Ministre et Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, a été libéré par le régime Ouattara après deux années de détention à la prison de Bouna. Dès sa sortie de prison, le Président Affi N’Guessan a entrepris une tournée de mobilisation du peuple ivoirien et de dynamisation des structures du Parti. Le succès de cette tournée a suscité beaucoup d’espoir quant à l’issue de notre combat, notamment, la libération de Gbagbo Laurent, de Simone Gbagbo, de tous les prisonniers politiques civils et militaires, le retour sécurisé des exilés, la rétrocession à leurs propriétaires des terres, plantations et biens privés confisqués et la restauration de la démocratie assassinée par le régime Ouattara depuis le 11 avril 2011.

Contre toute attente, le Président Affi N’Guessan engage unilatéralement le Parti dans un processus d’élections et de collaboration au profit du régime Ouattara. A cela, s’ajoute la prise par le Président Affi N’Guessan d’un certain nombre de mesures attentatoires à la vie du Parti. Au nombre de ces mesures, on peut citer :

- la restructuration unilatérale du secrétariat général par l’éviction des camarades qui revendiquent la libération du Président Laurent Gbagbo comme priorité.

- le détournement de la posture de combat du Parti vers une posture de collaboration et de compromission

- l’engagement unilatéral du Parti sur les questions électorales (CEI, appel à participer aux élections)

- les actes de défiance et le non respect des décisions du comité de médiation et du Comité Central. Dernier acte de défiance, cette semaine, la réintégration par le Président Affi N’Guessan du Ministre Alain Dogou à la CEI malgré le vote défavorable du Comité central.

Ces actes du Président Affi ont gravement affecté la cohésion du Parti en créant une division profonde entre partisans très majoritaires de la ligne de combat, et ceux, minoritaires, de la ligne de collaboration incarnée par le Président Affi N’Guessan. La persistance de la crise a conduit les militants à se sentir abandonnés, sans repères et sans leader.

Pendant que le Parti est plongé dans cette crise interne du fait des actes nocifs du Président Affi N’Guessan, les charges émises par la CPI contre le Président Laurent Gbagbo ont été confirmées le 12 juin 2014 malgré l’absence criante de preuves évidentes. Par ailleurs, la CPI a refusé sept fois consécutivement de lui accorder la liberté provisoire avec des motifs pas convaincants qui attestent du caractère hautement politique de ce procès qui s’ouvre le 07 juillet 2015.

C’est dans ce contexte difficile que le fédéral FPI de Sinématiali, le camarade Soro Kéléfohoua, porte-parole d’un groupe de fédéraux, a lancé le samedi 04 octobre 2014, depuis Mama, un appel au Président Laurent Gbagbo à accepter d’être leur candidat à la Présidence du FPI pour reprendre le contrôle du parti et la ligne de combat.

Le 31 octobre 2014, ces fédéraux ont déposé la candidature du Président Gbagbo Laurent devant le Comité de Contrôle.

Cette candidature a été favorablement accueillie par Maitre Altit, conseil principal du Président Gbagbo à la CPI. Son épouse, Simone Gbagbo, deuxième Vice-Présidente du FPI, a également approuvé cette candidature, et a invité les militants à la soutenir. Le mercredi 26 novembre 2014, le Comité de Contrôle a validé cette candidature.

ANALYSE

Pour la coordination FPI en exil, la candidature de Laurent Gbagbo répond à un triple objectif.

1/ La candidature du Président Laurent Gbagbo est d’abord le résultat de l’échec du Président Affi N’Guessan à poursuivre et à maintenir la flamme du combat souverainiste initié par le Président Laurent Gbagbo, et qui a fait beaucoup d’émules en Afrique. Ce combat a été sacrifié par le Président Affi dans la compromission avec les occidentaux. Récemment, lors d’un meeting à Abengourou, il affirmait que « les blancs sont trop forts, nous devons négocier avec eux ». Le disant, le Président Affi a confessé sa capitulation et donc son incapacité à diriger le FPI qui est un Parti de combat pour la souveraineté du peuple ivoirien, de tous les peuples opprimés d’Afrique et du monde. Pour justifier la voie des élections dans laquelle il a unilatéralement embarqué le Parti, le Président Affi soutient que le Président français François Hollande nous demande d’aller aux élections sinon le FPI va disparaitre. Pour le Président Affi donc, c’est la France qui oriente désormais la vie de notre Parti.

La reprise en main du Parti par celui qui a toujours incarné la lutte de libération nationale sera un motif d’espoir pour les combattants de la liberté en Côte D’Ivoire et en Afrique. La candidature du Président Laurent Gbagbo est donc celle des Ivoiriens et de l’Afrique dignes.

2/ La candidature du Président Laurent Gbagbo est aussi le résultat du manque de vision et de volonté de la direction actuelle du FPI à faire de la libération de celui-là une priorité. En effet dans un débat sur la chaîne de télévision « Vox Africa », le Président Affi N’Guessan a affirmé, sans détour, que « la libération du Président Gbagbo n’est pas un préalable ». Pour refuser de conduire lui-même la lutte pour la libération du Président Laurent Gbagbo, il s’en débarrasse en créant une vice-présidence chargée de cette question.

En sollicitant à juste titre la candidature du Président Laurent Gbagbo malgré sa posture de prisonnier, les fédéraux veulent le sortir de l’impasse actuelle en lui offrant des chances réelles de libération. Ils veulent briser l’isolement et la marginalisation dans lesquelles les occidentaux veulent le maintenir pour favoriser sa condamnation.

Pour la coordination FPI en exil, il s’agit de remettre le Président Laurent Gbagbo au cœur du débat politique national et international en démontrant par un soutien massif et populaire que sa condamnation serait un mauvais signal pour la paix, la réconciliation et la cohésion en Côte d’Ivoire. Le faisant, le Président Laurent GBAGBO redevient, pour tous, tant ceux qui le maintiennent en otage que ceux qui veulent voir la Côte d’Ivoire emprunter le chemin de la vraie réconciliation, l’interlocuteur avec qui il faut discuter directement. La mobilisation autour de cette candidature est donc la meilleure réponse que nous puissions donner à ceux qui le traitent de criminel et qui veulent sa mort politique.

3/ Enfin, la candidature du Président Laurent Gbagbo est celle du rassemblement et de la paix. Il est le leader en qui tous se reconnaissent. Malgré nos divergences internes actuelles tous affirment l’aimer et tous reconnaissent son leadership. Le Président Affi lui-même affirme qu’il est candidat pour le Président Laurent Gbagbo. Le Président Laurent Gbagbo est donc le leader qui fédère, c’est l’homme de la situation. Sa candidature est une chance pour ramener définitivement la paix et la cohésion face à la crise aigüe qui secoue le Parti. Il est donc le candidat du FPI entier, le candidat d’un FPI uni et fort pour faire face aux défis qui nous attendent.

NOTRE POSITION

Considérant ce qui précède :

1/La coordination FPI en exil félicite les fédéraux qui ont lancé cet appel salutaire au Président Laurent Gbagbo. Elle remercie également tous les autres fédéraux, les sections et les bases qui ont massivement adhéré et se sont ralliés à cette candidature. En exigeant, lui et ses partisans, la production et l’authentification d’une lettre du Président Laurent Gbagbo avant de s’en convaincre, le Président Affi a démontré qu’il n’est plus en phase avec notre leader.

2/ La coordination FPI en exil soutient pleinement et sans réserve la candidature du Président Laurent Gbagbo à la présidence du FPI.

3/La coordination FPI en exil prend acte de tous les actes de défiance du Comité Central du FPI, et de déstabilisation de notre Parti, posés par le Président Affi, et demande aux militants de prendre à son encontre les sanctions qui s’imposent au prochain congrès.

4/ La coordination FPI en exil exhorte le président du comité d’organisation du 4ème congrès et tous les militants au respect du calendrier fixé pour la tenue dudit congrès, entendu que tout éventuel report est de nature à prolonger les tensions inutiles et extrêmement dommageables observées présentement au sein du Parti.

5/La coordination FPI en exil lance un appel à tous les militants et à tous les Ivoiriens à se mobiliser autour de la candidature du Président Laurent Gbagbo afin de démontrer au monde entier que Laurent Gbagbo demeure dans le cœur des Ivoiriens, et elle leur demande de donner au FPI une direction militante et combattante à même de conduire avec détermination notre lutte, et relever les nombreux défis qui attendent le Parti au sortir de ce 4ème congrès.

Fait à Accra, Le 29 novembre 2014

Pour la Coordination FPI en exil

Le porte-parole par intérim

Léon Emmanuel Monnet
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Le Democrate N° 1115 du 3/12/2014

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