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Assoa Adou a oublié cette parole du chef : Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer
Publié le jeudi 18 decembre 2014  |  L’intelligent d’Abidjan
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C’est l’histoire d’un ancien président de la République, dont les partisans se disputent l’affection sans s’en vraiment se référer à son parcours politique, ni à ses discours qui sont les traces et sa marque de fabrique, tel qu’il l’a dit à la tribune de La Haye. De l’extérieur, du Fpi, on peut retenir quelques faits. Le premier fait rappelle qu’un jour, Laurent Gbagbo a interpelé publiquement Gnamien KONAN lorsque celui-ci était le Directeur général des Douanes. S’adressant à lui, et au-delà de lui à tous les responsables de l’administration, Laurent Gbagbo a demandé à Gnamien KONAN de ne pas accorder du crédit et de la bonne foi, à ceux qui viennent le voir, ou tentent de le voir, en disant venir en son nom, et de la part du Président de la République . Laurent Gbagbo a ajouté que s’il avait besoin de quelque chose, il saurait comment s’y prendre pour donner des instructions au DG des douanes, et à travers lui à tous les responsables de l’administration. Cette interpellation faisait suite à des soupçons répétés de trafic d’influence, et aux rumeurs persistantes faisant état de ce que les milliards détournés dans la filière café cacao, auraient servi à financer des actions en faveur de la défense de la République, et ce à la demande du chef de l’Etat, ou de son épouse Simone Gbagbo. Le deuxième fait est justement cette filière café cacao. Au-delà du détournement personnel qu’ils ont pu faire, ou pas, des responsables de la filière estiment avoir bel et bien effectué des financements occultes et politiques, qu’ils n’ont toutefois pas pu se préparer à justifier. Tout bon militant du Fpi qui a vécu, et particulièrement Affi N’guessan qui a pu entendre Laurent Gbagbo dire que la justice est indépendante dans le dossier café cacao, alors qu’il suivait personnellement la procédure, doit tirer les leçons de cela, et savoir s’envoyer. Enfin, lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2010, tout le monde se souvient de l’histoire de ce Colonel ivoirien arrêté aux États-Unis, alors qu’il était régulièrement parti en mission pour acheter des armes pour le compte de l’Etat de Côte d’Ivoire. Interrogé sur la question, l’ex président a dit cette phrase connue dans nos traditions et redevenue fort célèbre depuis lors : « quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer ». Alors Assoa Adou et tous ceux qui portent la candidature de Laurent Gbagbo, ont-ils su s’envoyer ? Comment ont-ils pu croire qu’avec le sésame du nom magique de Gbagbo, ils auraient pu dégager facilement Affi N’guessan qui connaît bien la maison, qui connaît bien son Gbagbo, qui aurait été capable de le regarder un jour dans les yeux, pour lui dire : « Mais je n’étais candidat à rien, je n’ai rien signé, je n’ai vu aucun papier et on m’a élu, bon est-ce que je pouvais refuser surtout que tu as tout laissé, et tout accepté. Tu as peut-être bien fait, mais dis-moi pourquoi tu as pu permettre une telle chose, et tu as accepté de laisser le parti dans ces conditions ? ». Quand on est le président d’un parti politique comme le Fpi, on doit poser des actes loin de l’émotion, et maîtriser tous les paramètres. Mais entre-nous, pourquoi les «Gbagbo ou rien », ont attaqué frontalement Affi, et n’ont pas voulu jouer à l’animal de brousse ? Sûrs qu’ils étaient de leur force, ne pouvaient-ils pas avoir le profil bas pour arriver au congrès, sans bruit ? Par exemple, si au lieu de déposer la candidature de Laurent Gbagbo, « les Gbagbo ou rien », avaient laissé Affi et les « Gbagbo et nous », comme candidat unique au Congrès ? Et puis sur place, la majorité refuse le quitus à Affi, et le blâme. S’il est blâmé, peut-il être à nouveau candidat ? S’il ne peut l’être, le congrès étant souverain, les pro-Gbagbo et les Gbagbo ou rien étant supposés être majoritaires, qui les auraient alors empêché de décider de confier la présidence du parti à Laurent gbagbo ? Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer. Oui peut être que c’est vrai que Gbagbo veut, ou plutôt doit être président du parti, selon les analyses de certains. Mais Assoa Adou, Michel Gbagbo, les fédéraux et le Comité de contrôle qui ont été chargés par les concepteurs de cette stratégie et de ce plan commun, ont-ils oublié que Laurent Gbagbo a déjà prévenu tout le monde de ce qu’il faut savoir s’envoyer ? La perte du pouvoir d’Etat et la prison ne doivent pas effacer les pensées et les exhortations de Laurent Gbagbo si tant est vrai que l’homme est caractérisé par les traces qu’il laisse. Et ce Laurent Gbagbo au vu des traces qu’il a laissées dans son parcours, ne peut au fond que féliciter Affi N’guessan pour sa vigilance, car le stratège et « boulanger », peut lui avoir bien tendu un piège, pour vérifier le degré de maturité politique de celui, à qui il a confié le Fpi depuis 2001. De celui qui a gardé la maison lorsqu’à l’époque tout le monde cherchait à devenir patriote et pro-Gbagbo, tout en disant haut et fort n’avoir rien à voir avec le Fpi. La mode était alors à la majorité présidentielle, et à la mort décrétée du Fpi qu’on accusait de mollesse, de ne pas être assez séduisant, ni rassembleur aux yeux de ceux qui voulaient soutenir et voter Laurent Gbagbo. Et lorsqu’Affi osait quelquefois, dire qu’on ne peut pas se prétendre pro-Gbagbo et chercher à affaiblir le Fpi le parti qui l’a conduit au pouvoir , on a encore des souvenirs de tous ceux qui disaient qu’il voulait embrigader tout le monde, de tous ceux qui disaient qu’Affi était jaloux, et qu’il avait peur des patriotes, de Blé Goudé, de Stéphane Kipré....On a encore le souvenir de tous ceux qui disaient que si ces mouvements « opportunistes » existaient, c’était par la faute des dirigeants du Fpi , et que c’était la preuve d’une véritable incapacité à mobiliser. Depuis le 11 Avril 2011, ce Fpi qu’on avait laissé à Affi seul, et qu’on consultait à peine, qu’on associait à peine aux grandes décisions, qui n’a pas participé à la conception, ni aux débats de l’Accord de Ouaga, ce Fpi la, est maintenant l’objet de toutes les convoitises. Cela est-il suffisant pour tenter d’effacer les traces d’Affi, et pour refuser de bien lire les traces de Gbagbo ? Quand on vous envoie, il faut savoir s’envoyer. Ce qui doit gâter le nom de Gbagbo doit avoir un nom... Ceux qui ne savent pas s’envoyer, ne peuvent pas gâter le nom de Gbagbo. C’est pour cela, que le Fpi doit s’asseoir et discuter, en vue de se soustraire de la justice ivoirienne, désormais légitimée par les deux clans qui s’affrontent.

Par Charles Kouassi
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