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Économie Publié le dimanche 21 décembre 2014 | AFP

Le troisième pont d’Abidjan, huitième merveille de Côte d’Ivoire

© AFP Par R. KRA
L`échangeur du pont Henri Konan Bédié
Samedi 22 novembre 2014. Marcory. Une vue de l``échangeur du pont Henri Konan Bédié dont l`inauguration officielle est prévue le 16 décembre prochain.
Abidjan - La nuit est bien entamée mais ils sont des centaines à arpenter, infatigablement, le kilomètre et demi d’asphalte reliant le nord au sud d’Abidjan : le troisième pont, nécessité logistique et projet phare du président Ouattara, fait la fierté de son peuple.
Tous les âges sont représentés, les deux sexes sont de la partie. De rondes mamas en pagne marchent paisiblement tandis que des gaillards aux muscles saillants les croisent en footing. La jeunesse palabre à pas lents. La marmaille hurlante s’éparpille.
Les couples se prennent en photo un peu, beaucoup, passionnément. Les flashes crépitent dans la nuit, inlassablement.
Le troisième pont d’Abidjan, inauguré mardi en grande pompe par Alassane Outtara, est considéré comme la réalisation marquante de son mandat. Après un journée portes ouvertes samedi, il entrera officiellement en fonction dimanche.
Censé fluidifier la circulation d’une ville invivable aux heures de pointe, l’ouvrage lui sert d’argument massue pour soutenir sa candidature à la présidentielle d’octobre 2015, dont il est le grand favori.
Le chantier colossal, d’un coût de 270 millions d’euros, a duré plus de deux ans et remodèle substantiellement "la perle des lagunes". Ses habitants s’approprient déjà le pont "Henri Konan Bédié" - du nom de l’ex-président et principal allié de M. Ouattara -, qu’ils n’évoquent pas sans superlatif.
"C’est un bijou", s’enthousiasme Evra Besseko, un couturier de 27 ans après une séance de saut à la corde devant les guérites du péage pour l’instant
fermé à la circulation. "Je suis venu admirer sa beauté."
"C’est la merveille d’Abidjan", affirme Alexis Kouakou, 34 ans, portant casque et gilet orange. Lui a passé plus d’un an à façonner le béton nécessaire à l’ouvrage, dont il vend aux chalands des photos aériennes, empruntées sur internet.
"C’est le plus grand projet de Côte d’Ivoire de tous les temps", assure-t-il.
Arsène Chala, 42 ans, et sa compagne Augusta Atta, 27, sont venus promener leur petit Dylan, 18 mois, qui gambade timidement, quand ils ne le portent pas, pour "immortaliser l’évènement".

- Rejet du péage -

Le couple vit dans un quartier éloigné et ne possède pas de voiture. Il ne l’empruntera donc pas. "Mais il valait mieux venir le voir que de se le faire raconter par d’autres", sourit M. Chala.
"On est très agréablement surpris" par "le lien affectif" unissant la population à l’ouvrage, commente le ministre des Infrastructures Patrick Achi.
"Les gens veulent voir l’espoir dans quelque chose de palpable, de concret", analyse-t-il.
Le pont, prolongé par un kilomètre d’asphalte, que ponctue un échangeur vertigineux - "à l’américaine", selon Martin Bouygues, PDG de l’entreprise
éponyme ayant réalisé les travaux -, incarne cet espoir.
Et le ministre de rappeler : "on est sorti il y a à peine trois ans d’une crise grave", en référence aux violences postélectorales ayant embrasé le pays, faisant plus de 3.000 morts en cinq mois.
L’état de grâce du pont pourrait toutefois être bref. Depuis des semaines, la population dénonce son caractère payant, craignant qu’il ne soit réservé qu’aux "riches" en mesure de s’acquitter du péage.
La construction s’est faite via un partenariat public-privé, "avec un emprunt à rembourser", justifie Patrick Achi, pour qui une formule "intelligente" doit être trouvée.
Le péage devrait coûter entre 500 et 1.000 francs CFA (entre 76 cts et 1,52 euros), estime le ministre. Un montant compensant selon lui largement le prix du carburant que consommerait un conducteur choisissant de ne pas utiliser le pont, pour s’enferrer dans des embouteillages.
Gratuite jusqu’au 1er janvier, sa traversée deviendra payante le 2.
Si un usager doit payer 1.500 FCFA (2,3 euros) aller-retour par jour, cela fait 45.000 FCFA (69 euros) à la fin du mois, calcule Evra Besseko.
"Et ça, ça ne rentre par dans le budget de beaucoup de monde", lance le couturier. En Côte d’Ivoire, le salaire minimum est de 60.000 FCFA (91 euros) mensuels.
jf/mpd
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