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Politique Publié le mardi 6 janvier 2015 | La Synthèse

Bataille de chef au FPI/Affi N’Guessan: le pouvoir jusqu’à la vie

© La Synthèse Par Atapointe
Pascal Affi N`Guessan, président du Conseil régional du Moronou
Pascal Affi N'Guessan ne baisse pas les bras. Après avoir fait reporter le congrès du Front populaire ivoirien (FPI), qui devait se tenir les 11, 12,13 et 14 décembre 2015 à Abidjan afin de désigner le président du parti, il a obtenu de la justice ivoirienne que soit d'abord tranchée la question de la validité de la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du parti.

Audace ou défiance ? Est-on tenté de s’interroger. Pour les observateurs avertis de la vie politique ivoirienne, Affi N’Guessan a savamment préparé son plan. D’ailleurs, dès sa sortie de prison en août 2013, il avait déjà nourri ses ambitions pour être le seul maître à bord du navire ‘’frontiste’’ et par la suite chercher à reconquérir le pouvoir perdu en 2011 par Laurent Gbagbo incarcéré à La Haye. «Nous savons où nous allons. Nous sommes sur la voie de la reconquête du pouvoir. C'est un impératif, il faut que le FPI revienne au pouvoir à la prochaine élection pour rendre hommage aux morts (…)», indiquait-il, lors d’un meeting tenu en 2013 à la place Inch’allah de Koumassi. Bien que pour certains de ses camarades de lutte, «l’impératif, c’est la libération de Gbagbo», Affi N’Guessan ne s’est pas arrêté à ce niveau, puisque pour assouvir ses desseins, il va tenter de contrôler le parti à la rose en imposant «ses hommes». Le 4 juillet 2014, le président statutaire du FPI dévoile sur les réseaux sociaux et dans certains journaux de la place, une liste de 128 membres du secrétariat général du parti. Sur cette nouvelle liste, des caciques du parti de Laurent Gbagbo ont été rétrogradés et/ou évincés de leur poste initial. C’est le cas de Simone Gbagbo, Laurent Akoun et plusieurs autres membres influents de l’ex-parti au pouvoir. Malgré les protestations de ses camarades, Affi a fini par imposer son diktat. Ce cap franchi, il décide de se montrer beaucoup plus virulent en déposant sa candidature pour espérer être réélu à la tête du parti. Mais en face, des irréductibles du FPI vont lui opposer la candidature de Laurent Gbagbo. C’est Michel Gbagbo qui, depuis Mama (village natal de son père), va lancer la candidature de l’ex-chef de l’Etat, après que des fédéraux du parti eurent signé une pétition dans ce sens. Toutefois, le président statutaire du parti à la rose voit cette annonce de la candidature de Laurent Gbagbo comme une manœuvre de ses détracteurs pour l’empêcher d’assouvir son désir de demeurer à la tête du FPI. «Je tiens et je ne lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout, car c’est mettre en jeu notre capacité à faire prévaloir sur l’émotion notre capacité de discernement, car je ne veux pas céder au courant patrimonialiste et messianique», a-t-il déclaré, dans une claire attaque contre l'ancien président Laurent Gbagbo et ses fidèles, au premier rang desquels son fils Michel Gbagbo. Il va même plus loin pour dire que sa candidature est celle là même qui rendra sa liberté à Laurent Gbagbo.

Agenda caché

«Je tiens et je ne lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout car Gbagbo a besoin de moi pour recouvrer la liberté. (…) Je maintiens ma candidature, la retirer serait lâche, illogique et irresponsable. Il ne faut pas abdiquer face aux tendances rétrogrades car si ces tendances-là prennent le parti, elles vont l’étouffer et le FPI va disparaitre», a-t-il lancé. Devant la position de ses camarades du parti qui maintiennent la candidature de Laurent Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan brandit, le mardi 9 décembre 2014, une ordonnance prise par le juge Ahmed Souleymane Coulibaly, président du Tribunal de première instance d'Abidjan, reportant le congrès du FPI. Le magistrat s'était fondé sur la requête en "annulation du congrès" introduite auprès du tribunal par Pascal Affi N'guessan lui-même, qui s'oppose toujours à la validation de la candidature de Laurent Gbagbo à la tête du parti. Martelant que le «congrès ne se tiendra pas tant que la justice n'a pas tranché la question». Effectivement, le ministère de l’Intérieur et de la sécurité a dépêché une centaine de policiers au palais des sports de Treichville pour faire respecter la décision de justice reportant le congrès du FPI. Quelques jours après, c'est-à-dire mercredi 17 décembre, la justice a déclaré "nul et non avenu" le congrès du Front Populaire ivoirien (FPI), donnant ainsi raison à Pascal Affi N’Guessan. Le président du FPI souhaitait, en fait, que soit d'abord tranchée la question de la validité de la candidature de Laurent Gbagbo, avant la tenue de ces assises qui, du reste, demeurent capitales pour le parti. En voulant vaille que vaille contrôler le parti de Gbagbo contre la volonté de Gbagbo, donne du grain à moudre à ceux qui pensent que l’actuel président du FPI a un agenda. Le 29 décembre 2014, comme il fallait s’y attendre, la justice ivoirienne invalide la candidature du fondateur du FPI pour la présidence du parti. Affi Nguessan s’en réjouit et se félicite d’être le candidat unique au prochain congrès du FPI. Une situation qui crispe davantage la situation au sein du FPI où les protagonistes semblent arrivés à un point de non retour.

Roger Kassé
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