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Henri César Sama : "Nous devons œuvrer ensemble à l’avancement de la Côte d’Ivoire (Interview)
Publié le dimanche 18 janvier 2015  |  AIP
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Sassandra - Membre de l'ex-junte militaire dirigée par le Général Guéi Robert, Henri César Sama a servi sous le précédent régime en tant qu’officier supérieur, attaché de défense en Russie et en Afrique du Sud avant d’exiler après la chute de Laurent Gbagbo. Aujourd’hui à la retraite, il s’occupe désormais à faire ses propres affaires et fait partie de la nouvelle direction de la Société internationale de plantation et de finances de Côte d’Ivoire (SIPEFCI) située dans le Sud-ouest, en tant que conseiller spécial du directeur général chargé des relations extérieures. L’AIP l’a rencontré pour parler de sa reconversion après métier de maniement des armes. Interview.

AIP : Bonjour monsieur le ministre. Nous sommes agréablement surpris de vous retrouver dans l’espace agro-industrielle de la SIPEFCI BOLO. On apprend que vous êtes de plain pied dans le management de cette société. On serait donc tenté de dire que vous êtes bien reconverti ?

Henri César SAMA (HCS) : Je pense que c’est un parcours normal. Généralement en Afrique, on pense que le militaire ne sait que faire le métier des armes. Mais si vous prenez des exemples dans les pays développés, vous vous rendrez compte qu’après leurs carrières, les militaires se reconvertissent très souvent dans des activités de management et leur carrière ne s’arrête pas à la fin de l’armée. Je voudrais dire que, quand on a eu une formation d’officier et quand on a été bien formé, la reconversion ne devrait pas être une inquiétude. C’est pourquoi après 34 ans de bons et loyaux services, j’ai jugé bon de mettre un terme, à ma demande, à ma carrière militaire. Les autorités hiérarchiques ont bien voulu accepter de m’accorder ce départ anticipé à la retraite.

Comment s’est fait le contact avec les dirigeants de la SIPEFCI ?

HCS: J’avais dit que je me retirais sur mes terres à Fresco pour m’occuper de ma famille dont j’avais été éloigné pour toutes les responsabilités qui étaient les miennes. Et par un concours de circonstance, j’ai été approché par les responsables de la SIPEFCI pour leur apporter mon expertise en matière de relations extérieures et leur faire bénéficier de mon carnet d’adresses. Donc c’est vrai, on peut considérer que c’est une bonne reconversion, parce que je fais quelque chose qui me plait, je découvre de nouveaux horizons, c’est une nouvelle expérience pour moi.

C’est une occasion pour moi d’apprendre et de m’améliorer chaque jour, pour la vie future, parce que quelqu’un disait qu’"il n’y a pas meilleure école que l’école de la vie". Je pense que les connaissances que j’ai eues à acquérir au cours de ma carrière militaire, politique, diplomatique me servent valablement aujourd’hui, pour me sentir à l’aise dans ce milieu où je bénéficie de l’encadrement d’une très bonne direction générale et de collaborateurs très avisés.

AIP : On pourrait aussi dire que vous êtes bien installé dans la République puisque vous étiez exilé suite à la crise post-électorale et vous étiez étiqueté pro-Gbagbo. Aujourd’hui, vous circulez librement sans crainte pour votre sécurité. C’est peut-être une marque de confiance à la sécurité au sein de l’Etat de Côte d’Ivoire, et peut-être une marque de confiance au régime du Président Ouattara ?

HCS: J’ai déjà dit que je ne faisais pas de politique et je n’ai plus envie de refaire de la politique. J’ai été militaire, j’ai déjà expliqué les raisons de mon exil et j’ai aussi expliqué le raisons de mon retour. Quand vous êtes en exil que les plus hautes autorités de l’Etat dépêchent une mission pour discuter avec vous et vous demandent de rentrer, le moins qu’on puisse faire, c’est de répondre à cet appel et de venir.

Mais je pense que ce n’est pas pour faire de la politique politicienne que de dire que je suis un fils de la Côte d’Ivoire et qu’il nous appartient tous de nous mettre ensemble pour œuvrer à l’avancement de la Côte d’Ivoire. Et moi, j’ai confiance en mon pays et j’ai confiance en la sécurité de ce pays. La preuve, vous me voyez, je circule librement, sans que quelqu’un me mette une quelconque pression. Je n’ai pas de sécurité personnelle, je n’ai pas de sécurité privée. C’est la marque que nous allons vers une normalisation après ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Je pense qu’il serait bien que chacun d’entre nous mette ses rancœurs de côté et œuvre à l’avancement de la paix en Côte d’Ivoire, parce que c’est notre pays et personne ne viendra le développer à notre place.

AIP: Quel est l’état de vos relations avec vos anciens patrons. Je veux dire, l’ancien régime, le régime de Gbagbo, et d’autre part avec les nouveaux dirigeants du pays ?

HCS: Je ne me connais pas d’ennemi. Je ne suis l’ennemi de personne, je suis l’ami de tout le monde. Dans le gouvernement en place, j’ai beaucoup d’amis, des gens avec qui j’ai eu à faire l’école. C’est pas parce que les uns et les autres, nous avons des chapelles politiques différentes, que nous ne sommes pas des Ivoiriens. C’est çà qu’il faut voir avant tout. Donc, que ce soit avec soit avec l’ancien régime ou le nouveau régime, je n’ai aucune animosité particulière avec quelqu’un.

Mon rôle est de m’entendre avec tout le monde parce que nous sommes frères. Dans une même famille, on peut avoir différentes opinions. C’est çà aussi la démocratie. Je pense que chacun gagnerait à cultiver cet esprit-là pour que la démocratie puisse être en marche continuellement dans ce pays.

(Interview réalisée par Iné Valère)
iv/fmo/cmas
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