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Côte d’Ivoire: "suspension" du président du parti pro-Gbagbo, qui dément
Publié le vendredi 6 mars 2015  |  AFP
Conférence
© Abidjan.net par Atapoine
Conférence de presse du président du FPI
Jeudi 20 mars 2014. Abidjan. Riviera Attoban. Le président du FPI, Pascal Affi N`Guessan anime une conference de presse.
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Abidjan - Les luttes de pouvoir au sein du Front populaire ivoirien, fondé par Laurent Gbagbo, ont connu un nouveau rebondissement avec l’annonce jeudi soir par une faction du parti de l’éviction de son président Pascal Affi N’Guessan, aussitôt démentie par l’intéressé.

La "suspension" de M. N’Guessan a été décidée en Comité central "extraordinaire" du FPI, qui s’est réuni alors qu’il comparaissait avec des dizaines d’autres accusés devant le tribunal d’Abidjan pour leur rôle présumé dans la crise postélectorale de 2010-2011, d’après un communiqué envoyé dans
la nuit à l’AFP.

Abou Drahamane Sangaré, ancien ministre et proche de Laurent Gbagbo, également accusé dans ce procès, a été désigné "président intérimaire", selon ce texte. Son arrivée vendredi au palais de justice s’est faite sous les vivats de ses partisans : "Prési, prési, prési !"

"Ce n’est que de la pure propagande et de la désinformation", s’est exclamé Pascal Affi N’Guessan, qui s’est dit "président effectif". "Toute personne qui prétend le contraire se rend coupable d’usurpation", a-t-il menacé, interrogé par l’AFP.

Principal parti d’opposition, le FPI est divisé en deux camps : le premier veut concourir à la présidentielle d’octobre derrière M. N’Guessan, quand le second refuse un tel scénario et fait de la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo "le coeur de la stratégie de lutte du parti".

Les deux factions se sont déjà affrontées en justice en décembre, à l’avantage d’Affi. En février, une rencontre de la jeunesse du FPI s’est terminée en pugilat entre des pro-Affi et des pro-Gbagbo.

MM. N’Guessan et Sangaré sont poursuivis avec 81 autres accusés, dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo, pour leur rôle dans les violences postélectorales de 2010-2011, qui ont fait plus de 3.000 morts. Dix ans de prison ont été requis contre Mme Gbagbo.

MM. N’Guessan et Sangaré sont réunis vendredi sur le banc des accusés, le premier paraissant assez isolé, tandis que le second, plus volubile, échangeait tapes amicales et éclats de rire avec ses voisins.

L’avocat général a requis respectivement 24 et 14 mois d’emprisonnement contre Pascal Affi N’Guessan et Abou Drahamane Sangaré, qui comparaissent libres. Si de telles condamnations devaient être prononcées, ils ne retourneraient pas en prison, ces peines étant couvertes par leur détention
provisoire.

Laurent Gbagbo est écroué depuis fin 2011 à La Haye, où il doit être jugé en juillet par la Cour pénale internationale pour des "crimes contre l’humanité" présumés commis lors de la crise née de son refus de céder le pouvoir à l’actuel président Alassane Ouattara.

ndy/jf/de
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