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Économie Publié le dimanche 29 mars 2015 | APA

UTB, le géant ivoirien du transport terrestre paralysé par une grève

L'Union des transporteurs de Bouaké (UTB), le géant du transport terrestre ivoirien est paralysé par une grève lancée par près de 300 convoyeurs (apprentis-chauffeurs), réclamant un profil de carrière et de meilleures conditions salariales.

Cette grève déclenchée, samedi, intervient à quelques jours de la fête de Pâques, une période de forte affluence de clients pour cette compagnie de transport classée parmi les plus dynamiques de l'Afrique de l'Ouest.

Selon Mohamed Sylla, le porte-parole des grévistes de Bouaké, ‘'cette histoire perdure depuis 1999''. En effet, explique-t-il, ‘'depuis cette époque nous travaillons pour UTB en tant que convoyeurs et aucun contrat de travail en bonne et due forme ne nous lie à cette entreprise".

"Nous n'avons pas de salaire, nous ne bénéficions d'aucune prime ni de gratification et le pire de tout, c'est que nous n'avons jamais été déclaré à la CNPS (Caisse nationale de prévoyance sociale)", a-t-il poursuivi, ajoutant que "nous avons décidé de porter cela à la connaissance de l'autorité en portant plainte à l'inspection du travail et depuis ce jour, nous n'avons plus eu la paix''.

A en croire M. Sylla, "la direction de la compagnie nous a rassemblé dans un hôtel de Yamoussoukro pour nous annoncer qu'on avait perdu tous nos procès et qu'on avait plus aucun autre recours judicaire".

A cet effet, ‘'la direction a proposé de nous remercier en nous remettant chacun la somme de 100 000 FCFA à titres de règlement à l'amiable'' a encore poursuivi le porte-parole des grévistes avant d'ajouter, ‘'une proposition que nous avons évidemment refusée".

"C'est ainsi qu'avant-hier (dans la nuit de vendredi à samedi), notre direction a décidé de faire venir les forces de sécurité dans les 24 gares UTB du pays pour nous déloger de force'' déploré Mohamed Sylla, fustigeant dans la foulée cette position de sa hiérarchie qu'il juge ‘'radicale''.

‘'Pour défendre notre droit, nous avons donc décidé, depuis samedi de rentrer en grève et pour arriver à nos fins, nous interdisons toutes sorties ou entrées de cars dans les gares du pays en nous couchant devant eux'' a-t-il indiqué, réclamant une "justice pour tous''.

Germain Gbêkê, le chef de la gare de UTB Bouaké, approché par APA , s'est voulu respectueux des consignes de sa direction, en refusant de se prononcer sur cette grève qui concerne 300 agents, touchant les 24 gares de UTB à travers le pays.

CK/ls/APA
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