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Politique Publié le mercredi 1 avril 2015 | Le Sursaut

Entretien / Prof Djaha Konan, vice-président du Mfa: « Nous ne pouvions plus supporter la dictature de Anaky Kobena »

© Le Sursaut Par DR
Anaky Kobenan Innocent président du MFA (mouvement des forces d’avenir)
Les langues se délient au Mfa (Mouvement des forces d’avenir) suite à la révocation de Anaky Kobena. Le professeur Djaha Konan, vice-président de ce parti, nous livre les raisons profondes de la crise qui traverse le Mfa.

Qu’est ce qui fonde la légalité de la destitution de Anaky Kobena et la désignation de Anzoumanan Moutayé en qualité de président par intérim du Mfa ?
Anaky Kobena s’est rendu responsable de faux et usage de faux à plusieurs reprises. En trafiquant les statuts et règlements intérieurs du parti et en changeant au pied levé les noms des personnes qui composent les instances. Ceci pour avoir tout le monde à sa portée et éviter toute contradiction. Or après le deuxième congrès, tout ce qui a été mis au point comme nomination a été déposé au Ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, Anaky Kobena détient toutes sortes de listes faites dans le cadre de cette crise que nous vivions. Il a appelé des gens de parts et d’autres. Des personnes qui ne sont même pas des militants du parti. Mais sachez que le bureau politique est au dessus du président du parti. Qui lui-même est membre dudit bureau politique. Lorsque l’avenir du parti est engagé et qu’il court des risques graves de dislocation, d’éclatement, le bureau politique a le droit conformément aux règlements intérieurs et aux statuts du parti, de prendre des dispositions afin de palier à toutes éventualités de brisure ou d’attente grave.

L’appel de Daoukro est-il la pomme de discorde au Mfa ?
Le Mfa faisait l’objet d’une très mauvaise gouvernance de la part du président Anaky sur tous les plans. Au plan financier et même au plan de la gestion des hommes, il y avait beaucoup de dysfonctionnements. Ainsi, on ne pouvait faire la moindre contestation au niveau du parti. Le président décidait seul et on appliquait. Figurez-vous qu’il n’y avait pas de trésorier, encore moins, un compte en banque au nom du parti. Le secrétariat était là pour mettre au propre les décisions du président. Et tout devait passer par lui. Après le 2ème congrès, nous avons enregistré le toilettage du règlement intérieur des statuts avec les congressistes. On devait les mettre au propre au siège. Figurez-vous que pour faire ce travail, chaque fois que nous devions écrire une page, celle devait être présentée au président. Qui barrait ou ajoutait ce qu’il voulait, retirait souvent la page. C’est inacceptable. Il y a donc toutes ces situations que nous voulons changer au Mfa. Qui doit fonctionner de façon démocratique comme tout parti moderne. Nous vivions une sorte de dictature. Et les militants ne pouvaient plus la supporter parce que cela ne permettait pas au parti de fonctionner correctement. Il est évident qu’il y a eu l’appel de Daoukro du président Bédié.

Qui est un élément du désaccord entre nous. Nous considérons que dès l’instant ou nous appartenons au Rhdp, où nous sommes membres de cette alliance qui a aussi ses règlements intérieurs, nous dévons tenir compte de ce que l’alliance décide, dans notre fonctionnement et dans nos prises de position. Sur 4 ou 5 partis, les autres ont répondu favorablement à l’appel de Douakro qui consiste à soutenir la candidature du président Alassane Ouattara. Et depuis lors, notre Mouvement, à cause de la position inconnue et hésitante du président Anaky, continue d’attendre. Et nous savons que cela n’est pas bien pour nous. En tant que membre de cette alliance, nous devons soutenir nos alliés pour l’harmonie et la force de ce mouvement.

Quel changement ce mouvement a apporté au Mfa ?
D’abord, ce mouvement qui est en cours est très important. Il fallait que cela arrive. Car le Mfa ne sera plus jamais comme avant. Ce sera un parti démocratique qui va fonctionner selon les statuts et règlements intérieurs. Le président par intérim, sur décision du bureau politique est Anzoumanan Moutayé et nous, irons à un congrès extraordinaire. Au cours duquel, le nouveau président du Mfa sera élu.

Quel message à l’endroit de l’opinion nationale ?
Aux Ivoiriens, nous disons que la Côte d’Ivoire a besoin de paix, de tranquillité. Par conséquent, toute forme d’agitation, tous ceux qui ne veulent que des situations de va-t-en guerre ne sont pas les bienvenus. Les Ivoiriens sont fatigués des querelles qui sont d’ailleurs suscitées par certains hommes politiques. Et c’est le peuple qui en fait les frais par la suite. Aujourd’hui, nous ne voulons plus de cela. Il est préférable qu’on s’accommode par la concertation et le dialogue. Nous devons créer une harmonie entre nous. Tout se négocie de manière à ce qu’ensemble, nous veillons au bien-être, à la tranquilité et à la paix dans notre pays. Paix que nous voulons instituer désormais comme un élément essentiel. Il faut prendre en compte tout le travail que fait le président Alassane Ouattara depuis qu’il est au pouvoir. Il travaille dans le sens du développement de notre pays. Il a posé des actes palpables. Le développement de la Côte d’Ivoire s’est véritablement arrêté avec la disparition du président Houphouët Boigny. Et après lui, il y a eu un vide. C’est avec le président Alassane que ce développement vient de reprendre. Et il faut continuer avec lui.

C’est pourquoi, le Mfa estime qu’il faut soutenir l’appel de Daoukro. D’ailleurs, nous subissons la pression constante de nos militants et délégués qui veulent soutenir le président Alassane Ouattara. Et c’est cette pression qui nous pousse. Raison pour laquelle, le bureau politique du Mfa a pris sur lui la décision de soutenir l’appel de Daoukro.

Propos recueillis par Cyrille Nahin
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