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Sport Publié le vendredi 24 avril 2015 | Le Patriote

CAN 2015/Affaires des primes impayées : Serey Dié rompt le silence

© Le Patriote Par DR
Serey Dié Geoffroy, milieu de terrain des Eléphants
Jusqu'à la sortie de Geoffroy Serey Dié sur les antennes de la Radio nationale mercredi dernier, l'affaire était encore au stade de rumeur. Aujourd'hui, la question d'impayés de primes de certains joueurs et encadreurs de la sélection nationale, vainqueur de la CAN 2015 en Guinée Equatoriale, est une certitude. Une histoire de sou qui risque de soulever de nombreuses réactions dans la société ivoirienne. Surtout quand on sait que la majorité des Ivoiriens s'était offusquée de voir l'Etat mettre autant d'argent (3,5 milliards F CFA) pour la participation de la Côte d'Ivoire à ce rendez-vous continental. Le succès final des coéquipiers du capitaine Yaya Touré a fait taire les critiques et autres quolibets contre le président de la République et tout son gouvernement. Pendant que la fédération a entrepris une tournée de réconciliation et de pardon avec le trophée remporté de haute lutte en terre équato-guinéenne, certains acteurs majeurs sont encore dans l'attente de leurs primes. Des droits acquis, peut-on dire, qui tardent à tomber dans la poche des bénéficiaires. "Ce n'est pas bien que nous remportions la Coupe d’Afrique et qu'on ne nous paie pas nos primes. C'est un dû. Que celui qui doit payer nos primes essaie de régler ce problème", a lancé Serey Dié. Un véritable cri de coeur qui appelle à situer les responsabilités des uns et des autres dans la gestion des ressources financières de la CAN 2015. La Fédération ivoirienne de football (FIF) peut bien dégager sa responsabilité pour n'avoir pas disposé de l’argent. Se basant sur le bilan à lui fourni par le régisseur (fonctionnaire du ministère de l'Economie et des Finances), le ministère des Sports affirme haut et fort que tout a été exécuté conformément à la procédure arrêtée. Mais d'où vient-il qu'un problème de primes subsiste quand on apprend avec le chef de cabinet du ministère des Sports que "le bilan présenté par le régisseur indique clairement le paiement des primes de la demi-finale et de la finale à la date du 5 février 2015"? A quel niveau se trouve donc le dysfonctionnement pour que plus de deux mois après cette belle aventure les uns et les autres sont-ils à attendre leurs primes? Des questions qui devront trouver une réponse avec la sortie du milieu défensif ivoirien. "On nous doit encore des millions. (...) Il y a des joueurs qui n'ont pas perçu leur argent. Moi, non plus. (...). Le président Ouattara a décaissé l'argent qui était disponible avant qu'on aille à la CAN. Ce n'est pas maintenant qu'on doit discuter pour savoir quand nous serons payés. (...) On nous doit cet argent et on nous fait tourner en rond. Du coup ça devient un jeu d'enfant et c'est vraiment dommage", a déploré le joueur de Stuttgart. Alors qui est donc ce "On" qui fait tourner en rond Serey Dié et ses coéquipiers ? Qui du ministère, du régisseur et de la Fif les joueurs contactent-ils? Quelle réponse obtiennent-ils de leur interlocuteur? Combien sont-ils ces joueurs concernés par cette injustice et à combien se chiffrent les primes à verser? Serey Dié a pris le soin de ne pas indexer nommément des présumés coupables. Mais il est clair que les responsables de cette situation se reconnaissent. Serey Dié l'a si bien dit :"Nous ne voulons pas en parler pour ne pas donner une mauvaise image du football ivoirien". Mais est-ce que ceux qui ont commis cet acte pensent ainsi? Le ministère tout comme les joueurs est à la recherche d'informations susceptibles de déceler la faille. C'est d'ailleurs cela le sens du courrier du 17 mars 2015 adressé à la FIF par le ministère où il sollicitait la liste complète des joueurs et des montants dus. Peut-être que la fédération n'avait pas cette liste pour n'avoir pas géré l'argent. Mais elle a reconnu tout de même qu'il y avait des impayés. Le ministère, pendant ce temps, continuait à clamer que cette affaire était tout simplement une rumeur parce que le bilan fait au terme de la compétition par le régisseur, ne montrait aucune faille. Et qu'officiellement il n'a pas été saisi de la question. Alors que la collaboration des uns et des autres pouvait facilement permettre de découvrir les failles dans l'exécution du budget, c'est plutôt par presse interposée et sur les réseaux sociaux que se déporte le débat. Maintenant que les joueurs ont décidé de parler, chacun doit assumer sa responsabilité. Surtout le régisseur dont le nom revient de manière persistante dans tous les propos. Lui qui a déserté ses bureaux du 6eme étage de la Tour B depuis le déclenchement de cette histoire. Mais il aura tout à gagner dans cette affaire en fournissant les preuves attendues de lui. Les bordereaux de virement bancaire des différents mouvements sur le compte de la régie aideront à comprendre ce qui s'est passé et à connaître la vraie destination des fonds. Avec lui, il faut que le chef de l'Etat se saisisse de la question. C'est bien lui qui a ordonné la mise à disposition des 3,5 milliards F CFA pour la compétition. C'est une question de bonne gouvernance dont il porte fièrement le chapeau de leader en Afrique. Tout doit être élucidé afin que les joueurs et encadreurs entrent en possession de leur dû et que les responsables de cette situation inconfortable et déshonorante pour le pays subissent la rigueur de la loi. Peut-être que la confrontation sollicitée par le ministre des Sports avec les responsables chargés de gérer les deniers publics et ceux de la FIF sous l'arbitrage du Premier ministre devrait permettre de situer les responsabilités.

OUATTARA Gaoussou
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