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Procès de Abéhi et Séka Séka: La défense dénonce des ‘’anomalies’’ dans la procédure, l’audience reportée à mardi prochain
Publié le vendredi 5 juin 2015  |  Abidjan.net
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© AFP par SIA KAMBOU
Ouverture du procès des Commandants Jean-Noël Abéhi et Anselme Séka
Jeudi 4 Juin 2015. Abidjan. Ouverture à la salle de conférence de l’état-major des Armées au Plateau, du procès des Commandants Jean-Noël Abéhi et Anselme Séka, deux ex-chefs militaires sous l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
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C’est l’un des plus importants procès criminels militaires liés aux événements de la crise postélectorale. La salle de conférence de l’état-major des Armées au Plateau, a abrité ce jeudi 4 juin le procès des Commandants Jean-Noël Abéhi et Anselme Séka Yapo, deux ex-chefs militaires sous l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. 7 autres officiers de l’armée sont mis en cause dans cette procédure. Ce sont Gnahoré Beugré, Ogou Gado Valentin, Koukougnon Oussou Louis, Fofana Aboubacar, Yao Kouakou Kan Roland, Gbeuli Dabo Gilbert et Sakanogo Mory. Les deux derniers cités ont brillé par leur absence. L’audience, présidée par le juge Tahirou Dembélé, a été reportée au mardi 9 juin à la demande des avocats de la défense pour vice de procédure.

En effet, à la lecture de l’ordonnance du renvoi qui est le fondement de la poursuite, la défense a constaté certaines ‘’anomalies’’. ‘’Il y a des infractions pour lesquelles nos clients sont poursuivis donc qui ont été instruites par le juge chargé de l’instruction de cette affaire, notamment la désertion alors que l’ordre de poursuite qui est le premier acte qui fonde toute poursuite en matière de procédure militaire émanant du ministre de la Défense ne vise pas cette infraction’’, a dénoncé Maître Gohi Bi Raoul, avocat de la défense et précisément de Jean-Noël Abéhi. ‘’ De sorte que, a-t-il poursuivi, on a quelque part outrepassé les pouvoirs qui étaient les siens en allant ajouter à l’ordre de poursuite des infractions en cours de procédures’’. Il s’agit des faits d’une ‘’extrême gravité’’ selon l’avocat. Par conséquent, la défense qui ‘’venait de découvrir’’ de nouveaux chefs d’accusation a demandé au tribunal de lui accorder le temps nécessaire afin de pouvoir, selon les règles de procédures en la matière, préparer un mémoire unique en vue de soulever ces dites exceptions devant le tribunal.

Notons que le Commandant Jean-Noël Abéhi, est poursuivi par le tribunal militaire pour violation de consignes et désertion à l’étranger. Quant au Commandant Anselme Séka Yapo, il doit répondre de violation de consignes, de meurtres, de détournement de deniers militaires et de coups et blessures. Il est reproché aux cinq autres officiers uniquement la violation de consignes.
Le Commissaire du gouvernement Ange Kessy prenant la parole a tenu à recadrer les choses dans leur contexte. Pour lui, il ne s’agit pas du procès de la crise postélectorale ni celui d’un camp des protagonistes de cette crise. Il est question ici, a-t-il précisé, ‘’du procès des officiers généraux de l’armée qui à un moment donné ont posé un acte contraire à la loi, un acte attentatoire aux droits humains’’.

Rappelons que le commandant Jean-Noël Abéhi dirigeait l’escadron blindé d’Agban, le plus grand camp de gendarmerie du pays, basé à Abidjan, une unité qui fut l’un des derniers remparts du régime Gbagbo durant la crise postélectorale. Quant au commandant Anselme Séka Yapo, dit "Séka Séka", ex-chef de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, il fut l’un des hommes les plus craints de Côte d’Ivoire, décrit par ses détracteurs comme l’un des chefs des "escadrons de la mort" accusés d’avoir sévi sous l’ancien président.

Ils seront jugés dans le cadre des exactions commises pendant la crise postélectorale, de décembre 2010 à avril 2011, qui a fait plus de 3000 morts, selon les chiffres officiels.

Danielle Tagro
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