x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Art et Culture Publié le mardi 9 juin 2015 | Le Sursaut

Discop Abidjan 2015 /Marché de l’audiovisuel, production et distribution : Les gros risques pris par le gouvernement ivoirien

© Le Sursaut Par DR
Ouverture de la première édition du Discop Abidjan 2015
Mardi 2 juin 2015. Abidjan. Le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, a procédé à l’ouverture du premier Discop Africa, qui vise à créer une plate-forme d’échanges et de vente des programmes de télévisions africaines. Photo: le gouverneur Robert Beugré Mambé
Après Dakar, Accra, et Johannesburg, Abidjan a abrité du 02 au 4 juin 2015, le Discop Africa, le marché international de la création, de la production et de la distribution de contenus audiovisuels. De façon permanente, le ministère de la Communication a obtenu la tenue du Discop à Abidjan.

Discop Africa était une découverte pour beaucoup de producteurs et diffuseurs de la Côte d’Ivoire. L’enjeu, pour les organisateurs, était de tenir un Discop dans un pays francophone, après le Sénégal. Pour une première en Côte d’Ivoire, il y a eu, reconnaît le réalisateur et producteur Jean Hubert Nakam, une mobilisation au-delà des espérances. Depuis sept ans, Jean Hubert, directeur de Martika Production (Class’A, Teenager), s’est engagé dans le Discop et il est le consultant de Basic Lead, l’organisateur du rendez-vous de l’audiovisuel.
Pour lui, il y a eu un «vrai risque» et un «enjeu francophone» en déplaçant le marché en Côte d’Ivoire. «Ce n’est pas qu’il n’y avait pas de contenu, précise-t-il. Le risque, c’est de voir si des gens se déplaceront. Ensuite, c’est de voir si le pays est prêt à accueillir un événement comme celui-ci».
Il y a eu des incertitudes au niveau des décideurs ivoiriens pour que ce rendez-vous soit et il était difficile de faire machine arrière car le rendez-vous était pris depuis. «En dehors de toute approche politique», soutient Nakam, il y a eu un accueil favorable du gouvernement. Ce qui rassure le producteur «pour ce qui pourrait se faire en 2016» en Côte d’Ivoire.

4.000 Dollars le stand et 250 le ticket d’entrée

Acheteurs, vendeurs, producteurs et diffuseurs, tous sont venus de partout et au rendez-vous d’Abidjan, il y a eu plus de quarante nationalités. Pour être au Discop, le ticket était de 250 Dollars. Pour un stand, il fallait s’acquitter de la somme de 4.000 Dollars et pouvoir attirer l’attention de deux ou trois vendeurs et faire des connexions. Mais, ce qu’il faut savoir, en général, les prises de contact se finalisent un an après. «Il y a des contacts pris ici qui se finaliseront au mois de novembre (4, 5, 6) à Johannesburg», témoigne Jean Hubert Nakam. S’il est d’avis que «ce n’est qu’un premier Discop» en terre ivoirienne, Jean Hubert souligne que «tout le monde s’est rendu compte que c’est un marché qui peut permettre un développement». Aussi encourage-t-il à une implication de tous parce que, vu la particularité du rendez-vous, «c’est le seul moment où chacun peut faire du business (achat et vente)».
Se félicitant d’une présence «significative» de la Conférence des producteurs audiovisuels de Côte d’Ivoire (Cepaci) dont il est le président, Mamadou Latif Toungara est reconnaissant de l’appui du gouvernement ivoirien pour qu’ils (producteurs) y soient.

Entre émergence et pouvoir d’achat ….
«En obtenant l’organisation de ce marché, cela veut dire que la Côte d’Ivoire est en train d’émerger et faire son chemin. A la veille de la libéralisation, il était important que ce marché mondial de contenu de programmes soit là», affirme Latif Toungara qui reconnaît, cependant, que «tout le monde ne peut s’acquitter 250 dollars». Ce qui explique que «tous les producteurs ne pouvaient pas être là». Par conséquent, dit-il, les ministères de la Communication et de la culture et de la Francophonie «ont apporté un apport conséquent» aux producteurs pour qu’ils y soient. D’où l’importance qu’il y avait, soutient Latif, pour les producteurs audiovisuels ivoiriens de se positionner sur ce marché et présenter des contenus prêts à satisfaire la demande.
Le fait que la Cepaci ait eu un stand, chaque producteur, selon Latif Toungara, pouvait s’approcher de la faîtière pour y déposer ses visuels. S’il y en a qui se plaignent de n’avoir pu exposer, le président de la Cepaci explique «qu’ils n’avaient peut-être pas l’information que leur faîtière était présente et ils pouvaient déposer auprès d’elle ce qu’ils avaient à vendre».
De sa présence au Discop, la conférence des producteurs évoque un bilan «satisfaisant et très efficient».
«En partant vers l’émergence, il faut que l’audiovisuel l’accompagne. Le moyen de communication audiovisuel est un support important pour faire avancer l’émergence», admet le président de la Cepaci.

Diomandé Moussa, directeur de Bogolan production est un habitué des rendez-vous du Discop depuis Dakar. Après Discop Africa Abidjan 2015, «c’est maintenant qu’il faut préparer le rendez-vous de novembre ou celui de l’an prochain». S’il se prépare pour Johannesburg en novembre, au rendez-vous d’Abidjan il y a présenté la chaîne Bogolan Tv qu’il monétise me contenu à travers un partenariat avec Youtube. Son créneau, c’est la fiction et le divertissement. Parmi ses programmes, il y a entre autres «Carte mémoire» et «La Saga des héritiers», etc. Il prépare une grande saga sur le film d’animation, Abla Pokou.
En Côte d’Ivoire, c’est lui qui détient la ‘’carte’’ de ce portail vidéo pour diffuser tous les programmes de réalisateurs et producteurs quand Weblogy (Abidjan.net) ne traite que l’actualité.
«Je n’ai pas les moyens de la Rti mais, Youtube me permet de mettre en évidence mes programmes et ceux d’autres personnes», dit-il.
Pour lui, le Discop est «incontournable». «En Afrique, constate-t-il, il n’y a pas beaucoup de distributeurs et il n’est pas évident de les approcher». Pour une rencontre comme le Discop, les producteurs ne doivent pas y aller en rang dispersé.
Il était bon, du point de vue de Diomandé Moussa, de mettre en place une plateforme pour représenter un groupe de producteurs sur un même espace.

Parti en observation sur le marché mondial de contenu de programmes, l’acteur Mike Danon a voulu être «confronté, selon ses propos, aux réalités du métier». Comme beaucoup, il découvre le Discop et il s’est dit fier que ce rendez-vous se tienne en Côte d’Ivoire. Directeur artistique et responsable du département fiction chez Digital cinéma Group, Mike Danon et Tony Rodriguez y ont présenté leur projet «La barque». «N’ayant pu encore toucher le bout», Mike se refuse de tout commentaire mais retient une chose : «On gagnerait à être dans des endroits où il faut pour avoir ce qu’il faut pour soi».

Koné Saydoo


Entretien / Mamadou Latif Toungara, président de la Conférence des producteurs audiovisuels de Côte d’Ivoire :

‘’Il faut qu’on arrive au niveau de Nollywood et Bollywood’’

Président de la Conférence des producteurs audiovisuels de Côte d’Ivoire (Cepaci), Mamadou Latif Toungara invite ses pairs à produire des programmes de qualité.

Quelle appréciation faites-vous du contenu des productions ivoiriennes au Discop Abidjan 2015 ?
Nous sommes au stade du balbutiement et de l’organisation. Il y a eu des productions. Nous allons améliorer nos performances. Nous sortons d’une crise qui n’était que politique. Tous les secteurs étaient touchés. Chacun essaie de faire ce qu’il peut mais, il faut qu’on aille vers une industrie de production de programmes. Il faut qu’on arrive au niveau de Nollywood, Bollywood, etc. Pour cela, il faut qu’on ait un statut et que l’Etat mette en place des mécanismes d’aides à la production, des mécanismes de promotion de la promotion, de diffusion de nos productions. Ce statut nous donne du contenu.

Comment comblez-vous cette faille ?

La Haca est en train de combler cette faille. Elle a pu bâtir un statut du producteur que le gouvernement va sans nul doute promulguer dans quelques semaines. C’est une question de poids. Parce que si nous n’avons pas de statut, on ne sait par quel critère aider le producteur et comment celui-ci va réunir les finances. Il faut avoir le flair et les idées pour faire une œuvre audiovisuelle qui va plaire aux spectateurs. Il faut réunir les moyens financiers, techniques et artistiques pour produire. Ce n’est pas une mince affaire. C’est pour cela qu’il faut que le producteur ait un statut qui donne de l’assurance au coproducteur, aux chaînes de télévisions, aux banques. Ce sont des opérateurs économiques. Il y en a qui sont des réalisateurs, des scénaristes, mais tout le monde ne peut pas être un producteur. Pour l’être, il faut avoir la capacité de réunir les moyens techniques et financiers pour pouvoir produire.

La cherté des entrées et des espaces n’a-t-elle pas été un grand blocage pour beaucoup ?
Ne nous amusons pas avec le professionnalisme. Ce n’est pas fait pour ceux qui sont nécessiteux. C’est fait pour ceux qui ont les moyens de produire, de vendre et d’acheter. De grandes chaînes ne viennent pas faire du tourisme. Ils viennent pour acheter nos produits. Il faut y mettre les moyens. Il n’y a pas de cherté. C’est un marché international, cela vaut sont pesant d’or. Nous avons pu avoir 4.000 Dollars avec l’appui des deux ministères pour y participer. Peut-être, si nous n’avions pas cet appui, nous n’allions pas participer. Ils se sont rendu compte qu’il fallait aider les producteurs à être sur ce marché. Nous, la Cepaci, avons pris une partie des dépenses et les ministères nous sont venus en aide. Le Mig Tv est plus cher que le Discop.

Comment voyez-vous l’horizon ?
Il est brillant. On se prépare pour Jo’Burg en novembre 2015. Avec ce que nous fait, on va aller crescendo. Maintenant, certains producteurs savent que la Cepaci peut les booster et les accompagner avec l’aide des ministères pour avoir des produits de qualité. Il ne suffit pas de produire pour produire. Il faut des produits de qualité. Il faut de la rigueur de notre côté.

Propos recueillis par KS
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Art et Culture

Toutes les vidéos Art et Culture à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ