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Dossier/ Orpaillage traditionnel : Ces hors-la-loi qui pillent l’économie
Publié le mardi 22 septembre 2015  |  Le Sursaut
Un
© Autre presse par DR
Un site d`orpaillage
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L’orpaillage clandestin connaît un développement fulgurant et sauvage ces dix dernières années. Le phénomène touche 24 régions sur les 31 du pays et attire plus de 500.000 personnes. Un danger pour l’économie.

L’agriculture, l’environnement et l’économie sont dangereusement menacés par l’orpaillage traditionnel. Selon les statistiques du gouvernement, l’orpaillage traditionnel touche 24 régions sur les 31 du pays et est exercé en toute illégalité par plus de 500.000 personnes. Au cours de la dernière décennie, les crises sociopolitiques successives, l’absence de l’administration minière dans certaines parties du pays et la hausse du prix de l’or atteignant près de $ 1600 dollars l’once en 2011 contre environ $ 250 dollars l’once il y a quelques années, ont conduit à l’intensification de l’orpaillage anarchique, illégal et clandestin sur une partie du territoire national. On dénombre aujourd’hui de nombreux sites d’extraction d’or illégaux et clandestins. « L’orpaillage illégal et non autorisé, tel que vécu actuellement est une nuisance extrêmement dangereuse pour notre pays qu’il faut combattre avec la plus grande fermeté. L’orpaillage sauvage qui sévit en Côte d’Ivoire entraîne des effets pervers graves », a déploré le Premier ministre, ministre de l‘Economie, des Finances et du Budget, le 5 mars 2014, lors de l’atelier de lancement du projet de rationalisation de l’orpaillage en Côte d’Ivoire. Pour Daniel Kablan Duncan, cette activité qui prolifère en dehors de toute légalité doit être maîtrisée au vu de ses effets néfastes sur l’environnement et la vie sociale des populations. Exprimant sa désapprobation vis-à-vis de l’orpaillage, le chef du gouvernement a souligné qu’il est une nuisance qu’il faut combattre avec fermeté. En même temps que cette activité qui, au dire du Premier ministre, représente un fléau génère d’énormes ressources échappant à l’Etat, elle cause aussi le déboisement, la contamination des sols du fait des produits chimiques, les accidents dus aux éboulements de terrain, les abandons scolaires, etc. A l’allure où vont les choses, les régions où persiste l’orpaillage clandestin sont menacées de famines car les populations estiment l’orpaillage « plus rentable » que l’agriculture. D’aucun pensent que l’agriculture et l’élevage vont disparaître après le passage des orpailleurs clandestins. « Le problème de l’élevage se pose, parce que les orpailleurs clandestins détruisent des portions où les animaux doivent se promener. Visitez les premières terres où se sont installés les clandestins au Nord. Cela fait 20 ans que ces sites ne sont pas cultivables. En plus du problème de culture, c’est surtout le problème de l’environnement. Avec les trous, nos animaux qui vont pâturer là-bas peuvent tomber dans les crevasses », confient des personnes interrogées. La gendarmerie a annoncé récemment à Yamoussoukro avoir détruit au moins « 1.046 sites d’orpaillage clandestin, 107 motopompes, 69 concasseuses et 19 broyeuses ont été également saisis », dans le cadre d’une opération de démantèlement des installations « illégales » en cours en Côte d’Ivoire. Quelque 106 sites d’orpaillage clandestin seront bientôt fermés dans l’Est, a annoncé, samedi, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, au terme d’une visite d’Etat de 72 heures dans la région de l’Indénié-Djuablin. « En ce qui concerne la question de l'orpaillage clandestin, c'est un véritable fléau dans cette région, au centre, au Nord, un peu partout dans le pays parce qu'il se révèle que notre pays est riche en minerais notamment en ce qui concerne l'or », a expliqué le Président Ouattara au cours d'une conférence de presse. « (…) Après la zone du Nord et du Centre où nous avons demandé à la gendarmerie de prendre des mesures de déguerpissement des sites d'orpaillage clandestin (…) en ce qui concerne la zone Est, cela va démarrer. Et il est prévu pour le déguerpissement de 106 sites au cours des prochains mois », a-t-il ajouté. Pour lui, « cela est indispensable », et «nécessaire » pour que des « sociétés qui peuvent s'insérer dans ce secteur de manière normale et officielle, le fassent ».

CONSEQUENCES DRAMATIQUES

Au plan de l’environnement physique, on assiste à des déboisements sauvages, à la destruction du couvert végétal et des sols. En outre, l’utilisation non-maîtrisée de produits chimiques interdits, tels le cyanure et le mercure est un réel danger pour l’environnement et l’agriculture. L’orpaillage illégal engendre régulièrement des accidents aux conséquences dramatiques liés aux éboulements de terrain et à l’utilisation d’explosifs pour le concassage des roches supposées minéralisées, pratiques interdites par notre réglementation minière.

Au plan social, la non-maîtrise des bonnes pratiques entraîne la prolifération des maladies diverses, notamment des maladies transmissibles. En outre, l’utilisation des enfants sur les sites d’exploitation accroît le taux de déscolarisation, sans oublier les risques inhérents à cette situation. A tout cela s’ajoutent les problèmes d’insécurité et de cohabitation sociale, générés par un flux massif et non maîtrisé de la population en quête de gain facile par tous les moyens. A travers le monde, l’orpaillage est maintenant le secteur qui utilise le plus de mercure et en est la seconde source anthropogénique après les centrales à charbon. L’orpaillage produit entre 20 et 30% de la production mondiale d’or (500-800 tonnes en 2005) grâce à 10 à 15 millions de mineurs, y compris 4,5 millions de femmes et 1 million d’enfants. Le traitement du minerai est réalisé par des attaques au mercure et d’autres produits chimiques dont les effets sur la santé humaine et l’environnement sont particulièrement dangereux. La quantité de mercure annuelle utilisée par les orpailleurs dans le monde est estimée à 1000 tonnes.

Abou TRAORE
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