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Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo est apte à participer à son procès, décide la CPI
Publié le vendredi 27 novembre 2015  |  AFP
Ancien
© Autre presse par DR
Ancien chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo
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La Haye - L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est "physiquement et mentalement" apte à participer à son procès pour crimes contre l’humanité, qui doit s’ouvrir le 28 janvier, ont décidé vendredi les juges de la Cour pénale internationale.

"Les experts ont souligné une grande amélioration de l’état de santé de M. Gbagbo et observé qu’il ne souffre plus du syndrome de stress post-traumatique
ou du syndrome d’hospitalisation", a indiqué la CPI dans un communiqué.

"Compte tenu des conclusions unanimes des trois experts nommés, M. Gbagbo
est physiquement et mentalement en mesure d’assister à son procès et de suivre
son déroulement", a ajouté la même source.

La défense, citée dans la décision, avait argué que M. Gbagbo n’est pas en
mesure de participer à son procès, car l’ancien président est "malade, fatigué
et fragile", et que les "pathologies de M. Gbagbo n’ont pas disparu".

Elle estime aussi que deux des trois experts ont manqué de professionalisme
dans la manière dont ils ont mené leurs examens.
La CPI avait reporté à fin janvier l’ouverture du procès de l’ancien président, prévue le 10 novembre, afin que les juges aient le temps d’examiner des rapports sur la santé de l’ex-président ivoirien.

Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé, ex-chef de milice, sont
poursuivis pour leur rôle présumé dans la crise née du refus de M. Gbagbo de
céder le pouvoir à Alassane Ouattara à l’issue de la présidentielle de 2010.
Les violences ont fait plus de 3.000 morts en cinq mois.
Dans une décision de 2012, la CPI citait trois experts ayant déterminé que
Laurent Gbagbo souffrait notamment d’un trouble de stress post-traumatique
(PTSD).
Deux des trois experts avaient alors déterminé que M. Gbagbo n’était pas en
état de suivre les procédures, mais la CPI en avait décidé autrement.
De nouveaux examens, sur la base desquels la CPI a pris la décision de
vendredi, ont eu lieu entre-temps.

La CPI a toutefois demandé au greffe de "s’assurer que des installations
nécessaires soient mises en place pour donner la possibilité à M. Gbagbo de se
reposer entre les séances lors de son procès".
"En outre, des mesures devront être prises pour que M. Gbagbo ait la possibilité de s’absenter brièvement lors des audiences, si cela s’avère nécessaire", a précisé la Cour.

L’ancien président est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences
pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir.
Charles Blé Goudé aurait lui été à la tête d’hommes ayant tué et violé des
centaines de personnes, selon l’accusation, dans le but de maintenir l’ex-chef
de l’Etat au pouvoir.
Laurent Gbagbo est le premier ex-chef d’état livré à la CPI. Il est écroué
au centre de détention de la CPI depuis 2011.

La CPI réclame également son épouse, Simone Gbagbo, mais Abidjan souhaite
la poursuivre en Côte d’Ivoire. Mme Gbagbo a été condamnée, dans un premier
procès contre elle, à 20 ans de prison pour son rôle dans la crise
post-électorale.
ndy/jkb/sba
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