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Politique Publié le lundi 25 janvier 2016 | AFP

Côte d’Ivoire/procès Guéï: "Je l’ai arrêté, mais pas" tué, jure le premier prévenu

© AFP Par SIA KAMBOU
Ouverture du procès de l’assassinat du général Guéï
Jeudi 17 décembre 2015. Abidjan. Dix-neuf personnes dont le général Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo (photo), ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, comparaissaient devant le tribunal militaire pour assassinat et complicité d’assassinat du général Robert Guéï, ex-chef de la junte en Côte d’Ivoire.
Abidjan - "J'ai arrêté le général Robert Guéï (...) mais je ne suis pas son assassin", a affirmé lundi le premier accusé interrogé sur les faits, à l'ouverture du procès des assassins présumés de l'ex-chef de la junte en Côte d'Ivoire tué en 2002.

Le procès, reporté à deux reprises, a finalement abordé le fond lundi après avoir évacué les exceptions juridiques soulevées par la défense, qui estimait notamment que les faits étaient prescrits et/ou amnistiés.

Dix-neuf personnes, dont le général Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo, dit "Séka-Séka", ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, épouse de Laurent, étaient dans le box des accusés du tribunal militaire à Abidjan pour être jugés pour assassinat et complicité d'assassinat.

"C'est la première fois en Côte d'Ivoire" que l'on juge l'assassinat d'un ancien chef d'État, soulignait récemment le commissaire du gouvernement (procureur militaire) Ange Kessi.

Accusé de "complicité d'assassinat", l'adjudant Kouadio Kouadio dit "Gino" a raconté à la barre l'arrestation du "père Noël en treillis", Robert Guéï, qui avait dirigé la junte militaire installée en Côte d'Ivoire après le coup d'État du 24 décembre 1999 contre le président Henri Konan Bédié.

Le 19 septembre 2002, jour d'un coup d'État manqué contre Laurent Gbagbo qui avait entraîné la prise de contrôle du nord et de l'ouest du pays par la rébellion, "nous avions pour consigne de retrouver le général Guéï présenté comme complice des assaillants (les auteurs du coup raté)", a expliqué l'adjudant Kouadio.

Il s'était rendu à la cathédrale Saint Paul du Plateau (qui domine le centre-ville d'Abidjan) où l'officier s'était réfugié.Il n'a pas été dévoilé comment les autorités connaissaient la présence de l'ancien président dans l'enceinte religieuse.

"A la tête d'une équipe de trois personnes, je l'ai (le général Guéï) retrouvé camouflé dans des cartons au sous-sol de la cathédrale", a poursuivi l'adjudant Kouadio qui a expliqué que +Séka-Séka+ avait cassé avec sa crosse de pistolet quelques dents du majordome de la cathédrale pour lui faire désigner la cachette du général.

L'adjudant Kouadio assure qu'une fois arrêté, il a ensuite remis le général Guéï au "colonel (il était lieutenant colonel en 2002) Dogbo qui s'est entretenu avec lui. Après nous l'avons vu monter dans un Véhicule de l'Avant Blindé (VAB) de la gendarmerie à bord duquel était le capitaine Anselme Séka Yapo" raconte, amer, l'accusé.

"Je ne l'ai plus revu (le général Guéï), ce n'est que plus tard au journal télévisé de 13h que j'ai appris sa mort", poursuit l'adjudant, la mine défaite.

Âgé de 61 ans, il a été tué par balles. Son épouse, des membres de sa famille et de sa garde rapprochée ont été tués le même jour.

Le général Guéï avait été vaincu par Laurent Gbagbo à la présidentielle d'octobre 2000 et chassé du pouvoir par la rue alors qu'il tentait de s'y maintenir.

ck/pgf/sla
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