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Économie Publié le mardi 2 février 2016 | Cote d’Ivoire Economie

Logements sociaux : à quand la remise des clés aux souscripteurs ?

© Cote d’Ivoire Economie Par DA
Logements Sociaux : la ‘’Cité ADO’’ de Yopougon prête à être livrée
Jeudi 10 decembre 2015. yopougon. Le Ministre de la Construction du Logement et de l’Assainissement Urbanisme (MCLAU), M. Mamadou Sanogo a visité le chantier de la ‘’Cité Ado’’, sise à Gnandobité ( Yopougon MACA), pour s’imprégner de l’état de finition concrète des quatre cent (400) premières maisons prêtes à être livrées, sur six cent (600).
Au terme de l’année 2015, aucun programme de logements économiques et sociaux n’a officiellement été livré aux populations. Par conséquent, celles-ci se sentent un peu trahies…

La promesse du président de la République, Alassane Ouattara, était louable et appréciée à juste titre. Celle de proposer à ses administrés 60.000 logements sociaux et économiques sur son premier quinquennat. Dont 50.000 à Abidjan et 10.000 à l’intérieur du pays. Cela en valait la peine pour soulager des populations qui, depuis des décennies, éprouvent d’énormes difficultés à se loger décemment. En témoigne le déficit cumulé de logements, estimé à environ 400.000 logements dans les années 2010. Et les spécialistes parlent de besoins additionnels évalués à plus de 40 000 logements chaque année. Plusieurs initiatives ont été lancées. La Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI), a financé 21 aménageurs privés pour viabiliser des terrains dans le grand Abidjan et à l’intérieur du pays. Certains directement destinés aux populations et d’autres aux promoteurs immobiliers. Notamment ceux désireux d’intervenir dans le volet social et économique.
De vastes chantiers de constructions ont suivi. L’Etat ayant sélectionné 39 promoteurs immobiliers sur 150 inscrits. A l’instar de la société Opes Holding pour 500 logements sociaux et économiques dans la commune de Bingerville. Et 300 autres dans la localité d’Aboisso. A Yopougon, mentionnons la cité «Ado», avec ses 2 000 logements prévus. Idem du côté de Grand-Bassam dans le quartier «Modeste» avec une autre cité «Ado» et ses 428 logements. Hormis ces gros chantiers, d’autres opérateurs immobiliers ont des réalisations à travers le Grand Abidjan et le reste du pays.

Les réalités du terrain
A l’heure du bilan, l’on se rend compte qu’aucun de ces logements sociaux et économiques n’est livré aux bénéficiaires. Pour essayer de comprendre cette situation, nos investigations nous ont conduit sur les sites où les travaux étaient programmés. Effectivement, la quasi-totalité des maisons sont construites. Mais la question fondamentale reste de savoir pourquoi tous ces logements sociaux ne sont pas encore livrés. L’une des raisons fondamentales est que les travaux de voirie, réseaux et divers (VRD) ne sont pas achevés. Une information qui a été confirmée par des acteurs présents à la cinquième édition du Salon de l’architecture et du bâtiment (Archibat), tenu du 1er au 5 décembre à Abidjan. Autrement dit, les maisons sont bien construites mais elles ne sont pas habitables car toutes les commodités ne sont pas présentes. Il s’agit des travaux d’adduction à l’eau potable, de connexion à l’électricité et la téléphonie, de bitumage des voiries internes, des canaux d’évacuation des eaux usées, etc. Et la situation est identique sur la plupart des chantiers. Les travaux ont certes été initiés mais ne sont pas terminés. Interrogés sur cette situation, les quelques promoteurs immobiliers rencontrés estiment avoir joué leur partition. Selon eux, la mise en place des VRD incombe aux pouvoirs publics. C’est effectivement une prérogative de l’Etat. Et la non-livraison de ces maisons est essentiellement liée à ce fait.

Face à certaines dérives
L’on se rend compte également que le nombre de logements disponibles est encore loin d’atteindre l’objectif assigné. Les estimations font état d’environ 6.000 logements prêts à être cédés. Soit près de 10% de la cible visée. Pourtant, l’engouement était énorme lorsqu’on s’appuie sur le nombre de souscripteurs, estimé à 75.000 enregistrés lors des opérations lancées par le Centre de facilitation des formalités d’accès au logement (Ceffal).
Entre-temps, certaines personnes se sont élevées pour dénoncer des dysfonctionnements dans le système en place. Des règles d’acquisition avaient préalablement été définies, mais certaines personnes en passe d’acquérir ces logements dits sociaux ne sont pas forcément des ayants droit. On parle même de personnes de milieux favorisés, notamment issues de la diaspora, qui achètent différentes maisons (parfois sous divers noms) dans l’espoir de les revendre… Sans ignorer que la promesse de campagne d’offrir des maisons à 5 millions FCFA ne tient plus la route. Celles-ci sont maintenant accessibles à près du double du prix initial. Les conditionnalités ont donc changé et les exigences des banquiers sont devenues plus rudes, ce qui a disqualifié plus de 60% des souscripteurs initiaux.
Face une telle situation, certains évoquent même une forme d’arnaque dans cette affaire de logements sociaux. Car les 75.000 préinscrits ont effectivement payé 30.000 FCFA pour le dépôt de leurs dossiers. Seront-ils remboursés ? Pas sûr ! A cet égard, Mamadou Sanogo, ministre de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme a été interpellé, recevant par ailleurs un parterre d’investisseurs étrangers intéressés par ce secteur du logement social. On a vu défiler des promoteurs venus du monde entier à Abidjan. Certains ont même fait des promesses puis sont repartis, et bon nombre ne sont plus revenus… Tout en espérant que les Ivoiriens puissent bénéficier de ces logements économiques et sociaux au cours du second quinquennat du Président Alassane Ouattara, force est de constater que le premier bilan reste bien mitigé sur ce plan !

Jean-Jacques Amond
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