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Zeinab Lingali, chauffeur de taxi-compteur à Abidjan : la passion pour le volant (Portrait)
Publié le jeudi 31 mars 2016  |  APA
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Zeinab Lingali, femme chauffeur de taxi-compteur à Abidjan a réussi, par passion pour le volant, à s’imposer dans un corps de métier exclusif aux hommes malgré les nombreux risques d’agression qui jalonnent cette profession. Portrait.

Native d'Alépé (54 km, au Nord-est), Zeinab Lingali, 39 ans, d'origine burkinabé, a attaqué le ‘'virus'' du volant dès l'adolescence, aux côtés de son défunt père, lui-même, transporteur de renom de la région à qui la gamine voulait ressembler dans le futur.

‘'Il m'arrivait d'accompagner papa dans ses voyages. Le jour qu'il se cache pour partir sans moi, à son retour, il trouvait sa maison que je mélangeais pour manifester ma colère. Je lui disais que je veux lui ressembler en conduisant comme lui'', se souvient la jeune dame.

Le père ne faisant aucune objection de cette volonté affichée de sa fille, lui apporte ses bénédictions quand ‘'je l'ai informé que mon ambition est d'exercer dans le transport, être chauffeur comme les hommes''. ‘'Tu peux réussir, telle que je te connais '' encourage le père.

Dès lors, avec le soutien de son géniteur, Zeinab se met à la tâche pour passer et obtenir le permis de conduire, ce ‘'sésame'' qui lui permettra de réaliser son rêve d'enfance. Le plus dur commence pour l'une des premières femmes chauffeur de taxi. Comment se faire accepter dans un milieu dominé par les hommes où la loi est à la force ?.

‘'Les débuts étaient extrêmement difficiles pour moi. Malgré mon permis de conduire, personne ne voulait m'apprendre à conduire pour avoir la main comme on le dit. J'ai passé 3 à 4 semaines à la gare wôro-wôro (taxis communaux) de Port-Bouët'', raconte Zeinab dont le seul tort est sa féminité.

A force d'insister, voire ‘'harceler'' certains chauffeurs, ‘'un jour, Sylvain, le chef de gare que je ne cesserai de remercier, m'a appelée à ses côtés et pendant un mois j'ai appris à conduire avant qu'il ne me mette sur un wôro-wôro de la ligne Wharf-Aéroport'', relate Zeinab, se rappelant de ‘'la curiosité des gens de voir une femme faire du transport en commun, au volant d'un taxi''.

‘'Au début, j'éprouvais de la gêne de savoir que les gens se demandaient si j'étais normale au volant. Ils se posaient des questions sur mon compte. D'autres avaient peur à l'idée que je ne pouvais pas être à la hauteur. Chacun avait son opinion mais moi, je savais mon objectif'', assure-t-elle.

Outre la ‘'curiosité'' des clients, la jeune dame était, également, confrontée à la ‘'méchanceté, la jalousie, voire l'hypocrisie de mes collègues hommes'' de la gare. ‘'C'est rare qu'ils me portent assistance quand je tombe en panne sur la voie. Ils me demandent de me débrouiller'', déplore Zeinab Lingali.

Après sept longs mois de pratique du milieu du transport dans cette gare de Port-Bouët (commune au sud d'Abidjan), elle se lance un autre défi, celui de conduire un taxi-compteur pour sillonner toute la capitale économique ivoirienne. ‘'C'est mon rêve'', souligne-t-elle.

L'aventure est périlleuse mais Zeinab y tient comme la prunelle de ses yeux. Pour elle, ‘'tout métier a des risques. Même la vie comporte des risques'', se convainc la jeune dame.

‘'C'est un chauffeur, Daniel qui me donne cette chance là où la plupart des hommes doutaient de mes capacités à conduire un taxi compteur''. Zeinab Lingali, mère d'une fille de cinq ans, saisit la perche.

‘'Le premier jour au volant d'un taxi-compteur s'est bien passé. Certains clients m'encourageaient quand d'autres sceptiques pariaient sur mon abandon eu égard aux nombreux cas d'agressions, d'autres encore se méfiaient disant que je pourrais être complice d'un éventuel gang '', raconte-t-elle.

Par ailleurs, Zeinab doit résister aux ‘'avances'' des clients masculins qui lui font bien souvent des propositions indécentes.

‘'Vous savez que les hommes draguent à tout vent. Il y a des clients qui proposent de sortir avec moi en assurant toute la recette du jour mais pour les dissuader, je joue la comédie et ils oublient leurs intentions'', se défend Zeinab, assurant que ‘'le métier de chauffeur de taxi-compteur nourrit son homme pourquoi me laisser aller ?''.

Zeinab Lingali qui partage sa vie avec un homme, lui aussi, chauffeur de taxi-compteur, rêve d'avoir son propre taxi-compteur pour devenir plus tard ‘'une actrice'' dans le milieu du transport. ‘'Mon mari et moi s'y attelons'', conclut-elle.

HS/ls/APA
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