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Editorial Publié le samedi 11 juin 2016 | L’intelligent d’Abidjan

Les Samedis de Biton : Au petit trot

Du 5 au 21 Août 2016, à Rio de Janeiro, la plus grande ville du Brésil, vont se dérouler les jeux olympiques. La plus grande attraction médiatique de la planète avant même la coupe du monde de football. Aucun individu dans le monde n’y échappera sauf le cultivateur africain, dans le fin fond de la savane, privé d’électricité donc de télévision. Et encore. Car avec son poste transistor il pourra suivre les exploits des 5902 athlètes dans sa langue nationale. Une fois de plus les jeux olympiques montreront la marginalisation de l’Afrique dans plusieurs domaines. Les J.O comme on appelle couramment les jeux sont un miroir pour l’Afrique afin qu’elle se mire et voit à quel stade de développement elle se trouve. Tout d’abord, au niveau du déplacement des spectateurs. Presque tous les pays développés vont déverser des milliers et des milliers de leurs compatriotes au Brésil pour assister à cet évènement mondial. Ils seront dans les hôtels, sur des plages, dans les rues. Ils seront les ambassadeurs de leurs pays respectifs dans ce grand pays émergent. Les Africains seront très peu, au nombre insignifiant. Ceux qu’on appelle riches en Afrique seront dans leurs quasi-totalités incapables de s’offrir tous frais payés au Brésil sans être pris en charge par leur gouvernement. La fameuse classe moyenne africaine dont on nous rabâche les oreilles en longueur de jour et d’émissions télévisées ne peut même pas envisager un voyage de dix jours, à leurs frais, dans un pays limitrophe. Encore moins aller avec leur famille comme on le verra au Brésil avec la classe moyenne des pays développés. Néanmoins quelques Blancs de l’Afrique du sud sauveront l’honneur. L’Afrique est encore pauvre et véritablement sous-développé. Il faut encore des décades pour voir une masse d’Africains se déverser en masse dans des villes où s’organiseront des jeux olympiques. Le minimum pour cela serait de voir les avions atterrir ou décoller de nos aéroports toutes les deux minutes pour rendre nos destinations rentables avec nos revenus triplés ou quadruplés. Cessons de faire la bouche, nous sommes encore très pauvres et à la périphérie du monde malgré les propos dithyrambiques de quelques investisseurs à la recherche de profits anormaux. Ensuite. Les exploits sportifs. Là encore, on nous verra très peu. Sauf les mêmes pays et les mêmes sports. Même la marche à pied est réservée aux pays développés. A chaque jeux olympiques je suis aigri de voir l’Afrique en piteux état. La quasi-totalité de nos athlètes sont éliminés dès les premières compétions. C’est que pour l’Afrique, Pierre de Coubertin est un sage. Il ne s’agit pas de gagner mais de participer. Cela est très remarquable déjà avec le défilé d’ouverture qu’on verra. Un vrai folklore, le passage des pays africains. Le rire à gogo et un défilé en désordre et des danses sous le son du tam-tam ou du balafon. A voir les délégations africaines, à l’ouverture, on croirait voir le défilé de clôture de ceux qui ont gagné des médailles. On peut comprendre encore que nos pays échouent en hockey, en natation synchronisée et même au javelot, mais ne pas obtenir de médailles en taekwondo est inacceptable. Que dire de la lutte ? Jamais un Africain sur le podium. Où sont les lutteurs nigériens ou sénégalais ? Voir les Africains « tomber » au fur et à mesure des compétitions est une illustration encore des maux qui assaillent l’Afrique et surtout de son refus du travail et de sa propension à la l’improvisation. C’est toujours à deux mois ou trois mois des jeux qu’on commence la préparation. Très et trop tard. Ceux des pays développés qu’on verra décrocher les médailles se préparent depuis l’enfance avec des entraînements de plusieurs heures. Eh oui ! la différence entre eux et nous se trouve dans la formation, l’entrainement, la motivation et le matériel. Aucun pays africain n’a les moyens pour le long terme. Et même dans tous les domaines. Jamais d’argent et personne ne vise le long terme. On a vraiment mal de voir l’Afrique dans les queues de peloton, des sportifs ne pouvant même ne pas gagner en quart de finale des adversaires de pays sous-développés mais qui ne sont pas de l’Afrique. Enfin, espérons que les J.O 2016 nous donneront de la fierté, de l’orgueil pour finir avec une étiquette de faible qui nous colle toujours dans le dos. Si notre palmarès est encore maigre, il serait judicieux que l’Union Afrique recommande la constitution d’une équipe africaine. Plus de pays mais d’un continent pour faire de nous des meilleurs. Cette théorie est belle sachant qu’elle ne sera jamais appliquée. Nous sommes les champions des belles formules mais pour l’appliquer nos mains sont comme liés par des chaînes sans quoi on l’aurait réussi depuis une trentaine d’années. On espère, qu’avec tous les moyens mis à la disposition de Muriel Ahouré, notre pays sera sur le podium et qu’on entendra l’Abidjanaise pour notre fierté. Il n’est pas tard de dénicher des enfants de neuf ans prometteurs en athlétisme et de les former afin qu’ils nous rapportent des médailles dans huit ans aux jeux olympiques. On espère que dès maintenant notre presse, nos radios et notre télévision commenceront la sensibilisation au lieu du jour de l’ouverture. Les J.O 2016 Brésil, c’est aujourd’hui. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
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