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Report du sit-in de l’AFD : Un responsable du Fpi dissocie les moyens des objectifs
Publié le vendredi 7 octobre 2016  |  Notre Voie
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Le 05 octobre 2016, l’Alliance des forces démocratiques (AFD) avait prévu d’organiser un sit-in devant l’assemblée nationale pour dénoncer le projet de constitution que le chef de l’Etat devait soumettre ce jour-là  aux députés Ivoiriens. Le sit-in ayant été interdit par le gouvernement, les responsables de l’AFD avaient à choisir entre deux attitudes :

1-braver l’interdiction parce que dans une démocratie, le gouvernement n’a nullement le droit d’interdire une manifestation de l’opposition.
2-Surseoir à l’organisation de la manifestation pour éviter les affrontements.

Les responsables de l’AFD ont choisi la 2ème option en reportant le sit-in à une date ultérieure et en optant pour une marche qui sera organisée le samedi 8 octobre 2016. Cette marche partira de la place des martyrs (Adjamé 220 logements) à la place de la République (Plateau).

Naturellement, ce report est diversement interprété et aux yeux de plusieurs, il apparait comme une déculottée des responsables de l’AFD, une erreur voire une faute politique. Et cela se comprend quand on se réfère aux stratégies de lutte observées jusqu’à maintenant au niveau des partis politiques d’opposition en Afrique parce que pour les responsables, il faut éviter de se voir qualifiés de faibles, de peureux ou d’incapables. Alors peu importe ce qui est en face, même si ça doit compromettre l’atteinte des objectifs, il faut montrer qu’on ne peut pas se laisser faire. Il faut à tout prix avancer. Or, quand une organisation élabore un programme d’activités, elle définit dans ce programme ses objectifs, sa stratégie et les moyens qui accompagnent ladite stratégie. Le sit-in est-il un moyen ou un objectif ?

Si le sit-in était l’objectif de l’AFD, les responsables auront failli parce qu’il aurait fallu tenter de braver l’interdiction du gouvernement pour se donner quelques chances d’atteindre cet objectif. Cela dit, si l’AFD avait pour objectif, le sit-in du 5 octobre 2016 devant l’assemblée nationale, que rapporterait cet objectif à cette organisation dans sa lutte pour la conquête du pouvoir ?
Si le sit-in était un moyen prévisionnel, il apparait tout à fait normal, chemin faisant, de renoncer à un moyen si son utilisation en un instant « T » peut compromettre l’atteinte des objectifs. Il importe donc, dans la lutte politique, d’avoir du discernement pour dissocier les moyens des objectifs pour ne pas tomber dans des travers qui compromettent durablement l’atteinte des objectifs. Malheureusement, ils sont légion les responsables politiques africains qui, au nom des qu’en dira-t-on, confondent inconsciemment moyens et objectifs pour s’autodétruire à leur propre insu.
Pour l’AFD, l’objectif étant le retrait du projet de constitution du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, ou à tout le moins son échec au référendum, le sit-in n’est donc qu’un moyen parmi tant d’autres pour la satisfaction de cet objectif. Il pouvait être abandonné sans se compromettre en communiquant sur le fait que le gouvernement a outrepassé ses droits en interdisant une manifestation de l’opposition. Et c’est ce que les responsables de l’AFD ont fait en évitant un affrontement inutile qui aurait engendré plusieurs victimes parmi un peuple qui sort progressivement d’un traumatisme grave. En toute chose, il faut savoir raison gardée. La confusion entre moyens et objectifs n’avait donc pas sa place.

Paul Okou Zago
Secrétaire national du Fpi chargé du programme de reconstruction et du développement solidaire
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