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Côte d’Ivoire/référendum: des leaders de l’opposition interpellés lors d’une manifestation relâchés
Publié le jeudi 20 octobre 2016  |  AFP
Marche
© AFP par ISSOUF SANOGO
Marche de l`opposition contre le projet de la nouvelle Constitution
Jeudi 20 Octobre 2016. Abidjan
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Abidjan - Une manifestation de l’opposition ivoirienne contre le projet de nouvelle Constitution soumis à un référendum le 30 octobre a été dispersée jeudi à Abidjan par la police qui a interpellé sans ménagement plusieurs leaders politiques, avant de les libérer dans l’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les leaders de l’opposition interpellés ont été relâchés peu après leur interpellation, ont-ils indiqué à la presse.

"Nous tenons à faire savoir à nos militants, à tous nos sympathisants, que le mot d’ordre est maintenu. A cet effet, le +Front du refus+ (le nom de cette coalition de l’opposition) appelle à un +giga+ meeting samedi" à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan, a déclaré Danielle Boni Claverie, présidente d’un petit parti d’opposition, entouré des autres leaders, après avoir été libérée par la police.

"Le chemin que nous montrons, c’est le chemin de la désobéissance à une autorité qui n’a pas de légitimité à faire ce qu’elle est en train de faire (...) Nous ne voulons pas de cette Constitution", a ajouté Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale.

Un important dispositif policier anti-émeutes avait été déployé jeudi matin face à une centaine de personnes du "Front du Refus", qui avait appelé à manifester à un carrefour important à l’entrée du Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan.

"Non à la Monarchie Ouattara", pouvait-on lire sur un panneau brandi par un des opposants qui réclament le "retrait pur et simple" du projet de Constitution, qu’ils qualifient de "funeste et dangereuse", accusant le président Alassane Ouattara de proposer un "projet de désaccord et de rupture sociale".

Après avoir prévenu les opposants que la manifestation n’était pas autorisée, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et interpellé plusieurs leaders et élus.

Parmi les personnes arrêtées: Aboudramane Sangaré, un "frondeur" du Front populaire ivoirien (FPI - opposition, créé par l’ancien président Laurent Gbagbo), Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et chef d’un parti d’opposition, Danielle Boni Claverie, une ancienne ministre, Konan Kouadio Siméon, ancien candidat à la présidentielle, et Gnamgbo Kacou, un député indépendant, avait constaté l’AFP.

Vendredi dernier, une autre coalition de l’opposition avait annoncé qu’elle boycotterait le référendum sur la nouvelle Constitution, un projet "rétrograde, démagogique et monarchique".

"Nous sommes dans la voie du boycottage", avait lancé au nom de l’Alliance des forces démocratiques de Côte d’Ivoire (AFD-CI) Pascal Affi Nguessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI), fondé par l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Le FPI tendance Aboudrahamane Sangaré, l’aile dure du parti, qui est en rupture avec la présidence du FPI, avait déjà appelé au boycottage.

Selon M. Ouattara, le projet permettra d’en finir avec le problème de "l’ivoirité" en clarifiant notamment les conditions d’éligibilité à la présidence de la République.

En outre, il prévoit la création d’un poste de vice-président, élu en même temps que le président, et d’un Sénat, dont un tiers des membres sont nommés par le président. Il prévoit aussi l’institutionnalisation de la chambre des rois et chefs traditionnels et une extension des compétences du Conseil économique et social.

eak/pgf/lp
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