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Art et Culture

"Les enfants d’Houphouët", un film documentaire sur le mouvement Ziguéhi présenté au Goethe Institut
Publié le jeudi 8 decembre 2016  |  AIP
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Abidjan - "Les enfants d’Houphouët", un film documentaire racontant le mouvement Ziguéhi en Côte d’Ivoire, a été présenté en avant-première, mercredi, à l’institut Goethe à Abidjan Cocody.

"Qui sont les Ziguehi également appelés loubards? Pourquoi avaient-ils été qualifiés de marginaux ? Avait-on raison de les mettre en marge de la société ? Etait-ce une façon de vivre ou un moyen de survivre dans cette Côte d’Ivoire de la conjoncture économique ?", autant de questions auxquelles tente de répondre le film réalisé par Kipré Jean Omer alias Sahin Polo, un ancien caïd de la rue abidjanaise.

Pour y parvenir, le film révèle les aspects des mouvements Ziguéhi dont la pratique des arts martiaux, les bagarres de rue pour s’imposer et exprimer sa suprématie, la formation de groupes de bagarre, d’influence et de domination. Ainsi, la rue abidjanaise va connaître la "mafia", les "faremois", les "mapléciens", les "black power", entre autres, sous l’inspiration des films cinématographiques qu’aimaient voir les Ziguéhi. Des noms célèbres tels Gnangra Nazaire allias ambulance, Boby Solo, Darius et surtout John Pololo de son vrai nom Sahiri Lazare. Ce mouvement comme l’a montré le réalisateur donne naissance au "nouchi", un argot ivoirien mais aussi à une danse, le "gnamangnaman".

La rencontre des Ziguéhi avec le Président de la République d’alors, Félix Houphouët-Boigny, qui fait d’eux des volontaires pour la sécurité (VS) désormais salariés est racontée avec beaucoup d’émotion par plusieurs Ziguéhi ayant témoigné dans le film. La "page noire" qui, selon eux, fut l’arrivée des militaires au pouvoir en 1999 après le coup d’Etat et qui va voir la mort de plusieurs d’entre eux dont John Pololo n’as pas été occultée.

Promenant sa caméra pendant 10 ans en Côte d’Ivoire comme en Europe, le réalisateur de "Les enfants d’Houphouët" a voulu montrer que l’on peut "transformer les fortes énergies jugées négatives en forces de développement", révélant que plusieurs Ziguéhi sont aujourd’hui chefs d’entreprises, des cadres, des ambassadeurs.

Des hommes de média, de culture et l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire Claus Auer ont félicité le réalisateur et son producteur Tiemtoré Yacouba pour « l’originalité et la qualité » du film.

akn/cmas
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