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Société Publié le mardi 27 décembre 2016 |

Atelier national sur la révision de la recommandation de l’UNESCO relative à la condition des chercheurs scientifiques : Allocution du Président de l’UAO Professeur Lazare POAMÉ

© Par DR
Atelier national sur la révision de la recommandation de l’UNESCO relative à la condition des chercheurs scientifiques
Sous la Présidence de Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Bakayoko-Ly Ramata, un Atelier national sur la révision de la recommandation de l’UNESCO relative à la condition des chercheurs scientifiques a été organisé par la Chaire UNESCO de Bioéthique à l’Université Alassane Ouattara (UAO), le 22 décembre 2016.
Sous la Présidence de Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Bakayoko-Ly Ramata, un Atelier national sur la révision de la recommandation de l’UNESCO relative à la condition des chercheurs scientifiques a été organisé par la Chaire UNESCO de Bioéthique à l’Université Alassane Ouattara (UAO), le 22 décembre 2016. Ci-dessous, le discours du professeur Lazare Poamé.

Monsieur le Représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
Monsieur le Représentant résident de l’Unesco en Côte d’Ivoire,
Madame la représentante du Maire,
Monsieur le Secrétaire général de la Commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO,
Messieurs les Vice-présidents représentant les Présidents des Universités,
Monsieur le Secrétaire général de l’UAO,
Madame et Messieurs les Doyens des UFR,
Mesdames et Messieurs les Directeurs de Centres,
Messieurs les experts internationaux et nationaux de la Recherche scientifique,
Messieurs les Secrétaires généraux des Syndicats de l’Enseignement supérieur,
Mesdames et Messieurs les Chefs de services,
Mesdames et Messieurs les Enseignants-Chercheurs,
Chers collaborateurs du personnel administratif et technique,
Chers étudiants,
Chers amis de la presse,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, d’entrée de jeu, partager avec vous la joie qu’éprouve l’enseignant-chercheur que je suis, sommé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture, en abrégé UNESCO, de repenser les principes qui doivent réguler et scander son rapport à la science, à la société et à l’État.
En effet, la Chaire UNESCO de Bioéthique se propose, à travers cet Atelier, de contribuer à la révision de la Recommandation relative à la Condition du chercheur scientifique, adoptée par l’UNESCO, en novembre 1974, à l’occasion de la dix-huitième session de la Conférence générale.
Cette Recommandation, vieille de 42 ans aujourd’hui, portait déjà en elle-même les germes de sa propre révision.
D’un point de vue définitionnel, la « recommandation » doit être perçue comme une œuvre de conseil, d’exhortation ou un avis dont l’objectif est l’amélioration d’une situation ou d’un état de choses. Elle se pose ainsi comme un acte dont la souplesse ouvre nécessairement la porte au changement.
Par ailleurs, l’acception de la science qui structure la Recommandation sur la Condition du « chercheur scientifique » interpelle les scientifiques à plus d’un titre : «Le mot « science » désigne l’entreprise par laquelle l’homme, agissant individuellement ou en groupes, petits ou grands, fait un effort organisé pour découvrir et maîtriser au moyen de l’étude objective de phénomènes observés la chaîne des causalités; rassemble les connaissances ainsi acquises, en les coordonnant, grâce à un effort systématique de réflexion et de conceptualisation, qui s’exprime souvent en grande partie sous forme de symboles mathématiques; et se donne ainsi la possibilité de tirer parti de la compréhension des processus et phénomènes qui se produisent dans la nature et dans la société». Cette acception limitative et dubitative de la Science inscrit de facto la Recommandation sous l’angle d’une révision qui intègre l’ère du temps, c’est-à-dire une double approche éthique et technologique des phénomènes.
Selon l’article 46 de la Recommandation, « lorsque les chercheurs scientifiques jouissent, dans certains domaines, d’une condition plus favorable que celle qui résulte des dispositions de la présente recommandation, ces dispositions ne devraient, en aucun cas, être invoquées pour revenir sur les avantages déjà acquis ».
Cela signifie donc que ce qui devait apparaître à la conscience des contemporains comme le meilleur baromètre de la condition du chercheur scientifique n’a pas encore quitté les loges de l’opacité.
Ce que l’UNESCO attend des 195 États membres de l’Organisation, c’est, entre autres, la réduction des disparités hommes et femmes dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. Les États devraient aussi « faire leurs efforts pour traduire en termes de politiques et pratiques internationales la conscience qu’ils ont de la nécessité d’appliquer la science et la technologie dans de nombreux domaines dont l’intérêt dépasse les frontières de leur territoire, à savoir les problèmes aussi vastes et complexes que la sauvegarde de la paix internationale et l’élimination de la misère ainsi que d’autres problèmes ne pouvant être efficacement résolus, tels que la surveillance et la prévention en matière de pollution, la prévision météorologique et la prévision sismique».
Les attentes de l’UNESCO appellent trois remarques :

1. Une scientophilie manifeste qui brocarde les attitudes scientophobes et technophobes.
2. Avec l’invocation de la paix et de la misère, le changement sémantique de la science s’élargit en intégrant l’irénologie et la polémologie.
3. La recherche d’un équilibre entre les avancées scientifiques fulgurantes frappant d’obsolescence les modes visuels d’agir et le socio-éthiquement désirable et désiré.
Tout cela commande et recommande le recours à la bioéthique, entendue ici comme procédure de construction rationnelle de valeurs à prétention universelle par la dialectique du principisme et de la casuistique.
Dans ce sillon, l’on pourrait envisager l’élaboration des lois dites de bioéthique comme de grands pays ont su le faire.
La Recommandation de 1974 sur la Condition des chercheurs scientifiques qui nous réunit à l’Université Alassane Ouattara, ce jour, doit être révisée et c’est pourquoi, lors de sa 37ème session, l’UNESCO a invité ses États membres à y contribuer.
Si nous ne pouvons nous satisfaire de la Science telle que définie par la Recommandation, que proposons-nous ? Quels sont les critères qui inscrivent le chercheur scientifique dans la scientificité et qui appellent des conditions de vie et de travail singulières ? La Condition des chercheurs scientifiques ivoiriens qui s’est considérablement améliorée sous l’impulsion de Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique peut-elle servir de modèle susceptible de nourrir cette Recommandation ?
C’est ici le lieu d’adresser mes sincères remerciements au Président de la République de Côte d’Ivoire pour son soutien à toutes les politiques novatrices de l’Enseignement supérieur et surtout pour les réhabilitations du cadre d’exercice de la fonction d’enseignant-chercheur. C’est aussi le lieu de remercier très chaleureusement Madame le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Professeur Bakayoko-Ly Ramata, qui a spontanément accepté que cet Atelier soit placé sous ses auspices. Je tiens à lui rendre, ici, un hommage appuyé pour son ambition de faire de l’Enseignement supérieur un Eldorado scientifique : elle a obtenu la revalorisation de la prime de Recherche et rendu visibles les efforts de valorisation de la recherche en créant à l’Université Félix Houphouët-Boigny, le pôle scientifique et d’innovation destiné à la production de biopesticides et de produits alimentaires. Elle a également mis en chantier la loi d’orientation et de programmation de la recherche scientifique et de l’innovation. À travers son plaidoyer auprès du Gouvernement, elle a obtenu le fonds compétitif de la recherche, un fonds propre à stimuler les chercheurs et à développer au sein des Universités et Centres de recherche une saine émulation.
Je m’en voudrais si j’oubliais d’ajouter à la liste des personnes devant être vivement remerciées le Maire de la ville de Bouaké, Monsieur Nicolas Djibo, pour l’intérêt qu’il a toujours porté à toutes les activités scientifiques organisées par l’Université, le Représentant résident de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, Monsieur Yao Ydo, dont le soutien ne nous a jamais fait défaut, le Secrétaire général de la Commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO, le Professeur Mathieu Lou Bamba, pour son implication experte dans l’organisation de cet Atelier, le Professeur Pascal Houénou venu nous apporter gracieusement son expertise, les Secrétaires généraux des syndicats (CNEC et SYNARES) qui ont répondu à notre appel malgré les nombreuses activités programmées à Abidjan, les membres du Comité d’organisation de cet Atelier (Professeurs Michel Kodo, Léa N’Goran-POAME, Azoumana Ouattara, Henri Bah, Roger Tro Déo, Docteurs Marcel Kouassi, Soro Donissongui, Grégoire Traoré, Tiéba Karamoko, Victorien Epko, Andrédou Kablan, Dosso Faloukou, et MM. Sylla Mahamadou, N’Zébou Konan, Richard Zouzou, Coulibaly Vassiriki, Jean - Luc Tiahi, Stéphane Sétoué) et les étudiants en instance de Thèse.
Je tiens enfin à remercier tous les experts venus apporter leur contribution à la révision de la Recommandation ainsi que tous ceux qui ont effectué le déplacement pour prendre part à ce banquet scientifique.
Je suis convaincu que la mouture de la Recommandation issue de cet Atelier saura répondre aux attentes des uns et des autres.
Je vous remercie.

Prof. Lazare POAME
Président de l’Université Alassane Ouattara
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