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Coopération France-Afrique: Les dessous économiques du pacte colonial
Publié le vendredi 20 janvier 2017  |  Le Quotidien d’Abidjan
Rencontre
© Abidjan.net par Momo
Rencontre des Chefs d`Etats au 27è Sommet Afrique - France
Bamako, le 14 janvier 2017. CICB. Le président du Mali, SEM Ibrahim Boubacar Keïta a reçu ses homologues africains et français pour la cérémonie inaugurale du Sommet de Bamako pour le Partenariat, la Paix et l`Emergence.Photo : François Hollande ,Président de la France.
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La France continue de maintenir plusieurs pays africains dans la pauvreté et le sous-développement à travers le pacte colonial signé depuis les années des indépendances de ces pays.

L’indépendance économique tant souhaitée par les pays africains n’est pas pour demain. La France force encore plusieurs pays africains à payer des taxes. Le discours du président français lors du dernier sommet Afrique-France au Mali est assez révélateur de cet état de choses. François Hollande a intimement lié l’avenir de la France son pays à celui des pays africains. « Mesdames Messieurs ici les représentants de toute l’Afrique, vous pouvez être sûrs que la France sera toujours à vos côtés, parce que c’est son histoire, parce que c’est aussi son avenir, parce que votre avenir est notre avenir », a-t-il déclaré. La domination de la France sur les économies des pays d’Afrique francophone est très présente. Selon des informations livrées par la chaine de télévision panafricaine VoxAfrica, les pays africains continuent de payer un impôt colonial à la France malgré l’indépendance. Dans les informations diffusées sur ses antennes, cette chaîne panafricaine fait cas de la Guinée Conakry qui a refusé le pacte colonial proposé par le général de Gaulle. « A défaut d’être pillés par des colonisateurs revanchards comme en Guinée, pays nouvellement indépendant, il fallait trouver un compromis avec la France. Ne voulant pas subir une domination française, il refusa le pacte colonial proposé par le général de Gaulle. Il accepta de signer une contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française, soit 40% du budget du pays en 1963.

Ce furent les cinq (5) conditions de la France pour ne pas détruire la Guinée avant de partir », révèle cette chaîne de télévision. Toujours selon VoxAfrica, quatorze (14) pays d’Afrique francophone dont le Togo, le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal, la Guinée Bissau, le Cameroun, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale, la République Centrafricaine, le Gabon et le Tchad, sont obligés par la France, à travers le pacte colonial de mettre 85% de leurs réserves à la Banque centrale de France. VoxAfrica poursuit pour dire que la France leur permet d’accéder à seulement 15% de leur argent par an et que s’ils ont besoin de plus, ces quatorze pays cités plus haut doivent emprunter à des taux commerciaux. Lors du dernier sommet France-Afrique de Bamako autour du thème « Partenariat, paix et émergence », le président français, François Hollande a déclaré que son pays doit accompagner et soutenir l’Afrique dans son émergence et faire tout pour assurer sa croissance et son développement. « Mais nous devons, nous la France, vous accompagner, pouvoir vous soutenir. Ce que doit faire la France, au-delà de la sécurité qu'elle peut apporter, de la formation des armées africaines, du partage de technologies, c'est accompagner l'Afrique dans son émergence. (…)Nous devons donc tout faire pour assurer votre croissance et votre développement », a-t-il indiqué. Comment peut-on vouloir aider au développement des pays africains quand on les empêche en réalité d’être maîtres de la gestion de leurs économies ? Le franc CFA imposé comme monnaie aux pays d’Afrique francophone est l’une des raisons de la volonté de la France de maintenir ces anciennes colonies d’Afrique dans le sous développement. C’est là que cette déclaration de François Hollande: « vous pouvez être sûrs que la France sera toujours à vos côtés, parce que c’est son histoire, parce que c’est aussi son avenir, parce que votre avenir est notre avenir », trouve tout son sens.

Serge A. Badet
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Le Quotidien d’Abidjan N° 1943 du 18/1/2017

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