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Les samedis de Biton: entreprenariat et communication
Publié le samedi 18 mars 2017  |  L’intelligent d’Abidjan
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Adolescent, j’étais un passionné de la radio, disons même depuis l’enfance, avant même d’aller à l’école. Je savais déjà ouvrir et tourner le bouton du poste de radio de la marque Telefunken et Grundig de mon père. Quand mon père achetait un nouveau poste-radio cela représente pour l’enfant d’aujourd’hui une nouvelle voiture achetée par son père. Contrairement à la voiture, l’enfant d’autrefois avec la radio possédait une forte culture et il était entrainé à être curieux toute sa vie. Il cultivait l’intelligence, le savoir. La jeunesse d’aujourd’hui est beaucoup plus branchée sur la culture de la musique. C’est un désastre dans tous les domaines. A notre époque, à force d’écouter la même station de radio on rêvait d’un moyen de communication plus élargi. La télévision va donner ce plaisir avec un foisonnement d’informations. Que de nombreux pays on peut suivre à travers le petit écran ! En regardant les nombreuses chaines de télévisions, on augmente son imagination par les propos des personnalités politiques, culturelles, scientifiques. Il y a quelques jours je regardais une chaine d’un pays africain. C’est une ancienne ministre qui répondait à des questions d’une femme journaliste. On sait que les femmes préfèrent répondre aux questions des journalistes femmes. Avec elles, les hautes personnalités de tous genres se livrent davantage aux journalistes femmes. Cette ancienne ministre dont les nombreux diplômes ont été cités, en début d’émission, a attiré mon attention à cause d’une question. « Madame la ministre, si c’était à recommencer qu’auriez-vous fait de plus ou en plus ou que conseillez-vous comme études pour les jeunes d’aujourd’hui ? » L’ancienne ministre n’hésita pas. L’entreprenariat. Elle voulait cette formation à l’entreprenariat pour les jeunes de son pays et aussi pour les jeunes des pays africains. Cette prise de conscience m’a séduit. Il était bien qu’on le dise publiquement. L’époque des longues études pour obtenir des diplômes et s’installer dans un bureau de la fonction publique est révolue. Dans tous les pays africains, on ne parle que du chômage des jeunes. On en parle comme si nous étions dans les années 1970 où l’Etat et les entreprises prenaient le tam-tam pour appeler les gens à venir occuper des postes. La démographie, dont René Dumont mettait en garde les pays africains est passée par là. Aujourd’hui, pour un poste, trois cents personnes se présentent, impossible de faire un choix. Alors, l’Afrique consciente commence à comprendre. Il faut pousser les jeunes vers l’entreprenariat. De nombreux pays africains commencent à débloquer de grands fonds pour mettre à la disposition de la jeunesse africaine. Sans des statistiques fiables, on se rend compte tout de même que les résultats ne sont pas positifs. Tout comme un bon footballeur se forme à l’âge de huit à neuf ans, un bon entrepreneur se forme à l’adolescence ou en regardant son père commerçant. Donner de l’argent à des jeunes adultes ne pourra pas donner une classe d’entrepreneurs. Il faut absolument revoir les programmes scolaires. Mais les mandarins des programmes scolaires sont-ils conscients qu’il faille créer des heures d’initiation à l’entreprenariat ? Je n’en suis pas certain. Alors, les pays africains continueront à piétiner et à faire face aux critiques et même aux différents soulèvements. Le ciel continue s’obscurcir. Il ne suffit pas d’entreprendre. Mais il faut surtout savoir vendre. Et la ministre a oublié de le dire. Entreprendre c’est bien ; vendre c’est beaucoup mieux. De nombreuses entreprises sont tombées en faillite dès leur naissance à cause de la communication. La plupart des responsables d’entreprises ou des affaires en Afrique pensent que la publicité est tout. Maintenant on dit la communication. Souvent vendre un produit ne nécessite pas la présence du produit lui-même. Souvent je dis aux étudiants en communication qu’on continue à leur donner des cours conçus pour les années 1970. On peut donc comprendre aisément que ces jeunes cadres formés à l’école ancienne n’arrivent pas à conduire les entreprises qui les ont recrutés à l’excellence. On semble oublier que les ouvrages dans lesquels ils apprennent la communication ont été conçus par des occidentaux loin des réalités africaines. La clientèle africaine type est particulière. Elle se caractérise par sa pauvreté et son instabilité. La conception de la communication en Occident est conçue pour un public de la classe moyenne très nombreux. Le travail est immense pour les entrepreneurs africains. Il ne s’agit plus de faire des séminaires mais d’un colloque sur la création d’une communication type à l’Africaine. Je suis persuadé que les universités ont de nombreuses études sur ce sujet et bien d’autres encore. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Isaïe Biton Koulibaly
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