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Enquête /Entreprises de sécurité privée en Côte d’Ivoire : Entre business et obsession sécuritaire
Publié le lundi 20 mars 2017  |  L'Héritage
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Marquée par l’image des ‘’gros bras’’ souvent associés au secteur, la sécurité privée en Côte d’Ivoire a quelquefois suscité méfiance et est devenue dans la foulée, un eldorado d’autant plus attractif qu’il est très peu encadré et organisé actuellement en Côte d’Ivoire. Enquête sur un secteur en pleine expansion où se côtoient à la fois business, dérives …et coups bas au grand dam de nombreux vigiles contraints de survivre avec des simulacres de salaires.

Cela fait plusieurs années déjà qu’on les voit de plus en plus et partout en Côte d’Ivoire. A l’entrée des supermarchés, aux alentours des banques, au rez-de-chaussée des immeubles et des enseignes …Bref, les agents de sécurité privée ou vigiles, arborant leurs tenues jaune et noir font désormais partie du quotidien des Ivoiriens. Alors que le gouvernement ivoirien, avec en première ligne le ministère d’Etat, ministère de la sécurité et de l’Intérieur, déploie énergie et moyens colossaux pour assurer l’ordre et la sécurité en Côte d’Ivoire, la demande de sécurité privée n’a jamais été aussi grande en Côte d’Ivoire. Avec plus de 400 entreprises de sécurité privée recensées, le secteur emploie à ce jour plus de 60000 agents pour un chiffre d’affaires annuel qui oscille autour de 90 milliards de FCFA. ’’La création d’emploi est exponentielle dans ce secteur depuis la fin des années 90, et nous pensons que le chiffre d’affaires va croitre année après année… Bref, c’est un secteur qui ne connait pas la crise ’’, affirme non sans fierté, un directeur des ressources humaines d’une entreprise de sécurité privée située dans la commune de Cocody,visiblement heureux de se sucrer sur le dos des agents en jouant ainsi sur le côté informel dans lequel évolue l’activité de sécurité privée en Côte d’Ivoire . Des activités privées de sécurité et de gardiennage au transport des fonds, les centaines d’entreprises en Côte d’Ivoire qui tiennent ce secteur ne sont tous pas logées à la même enseigne et n’ont pas forcément le même statut juridique.

Entreprises de sécurité privée : Beaucoup d’appelées, peu d’élues

Si l’ on recense à ce jour plus de 400 entreprises de sécurité privée en Côte d’Ivoire, seulement 67 ont été autorisées par l’Etat de Côte d’Ivoire par l’entremise du ministre d’Etat, Hamed Bakayoko depuis 2015 à ‘’exercer les activités privées de sécurité et de transport de fonds’’.Au nombre de ces entreprises de sécurité privée autorisées figurent entre autres, Puissance 6, G4S, Bip Sécurité, 911 Security,Black Hawks Security…pour les centaines autres activent sur le sol ivoirien, la réponse de l’expert en sécurité est sans appel :’’ soit ils ne respectent pas la législation nationale actuellement en vigueur régissant les entreprises de sécurité privée soit ils n’ont pas la logistique pour effectuer toutes les activités qui touchent à la sécurité et au transport des fonds ’’.Il n’empêche, entre volonté d’assurer la protection des biens et des personnes dans un environnement national marqué par l’après crise socio-politique, beaucoup d’entreprises publiques ou privées ont eu recours aux services de la sécurité privée sans toutefois vérifier leur fiabilité. Les principaux clients des entreprises privées sont : Les filiales des multinationales, les organisations internationales, les grandes surfaces, les ambassades …plus récemment les propriétaires de résidences dans les quartiers huppés de la grande mégalopole abidjanaise. Conscientes des dérives depuis la prolifération des entreprises de sécurité privée dans notre pays, la règle en vigueur pour les autorités reste celle du ‘’non-arme’’ pour les agents de sécurité communément appelés vigiles. A côté de cela, l’on note le manque d’autorisation donnée à plusieurs entreprises de sécurité privée généralement nationales à transporter les fonds. Cela suffit-il à évoquer ‘’le problème d’égalité de traitement dans le secteur ? Non, croit savoir un spécialiste des questions de sécurité privée qui met en avant, ’’la bonne organisation et la fiabilité des entreprises de sécurité privée, filiales des groupes occidentaux’’.Plus important, au-delà de la polémique sur le transport des fonds ou non par ces entreprises de sécurité, le rôle du vigile soulève encore des interrogations au sein de la population ivoirienne.

Brebis galeuses dans les rangs des vigiles

Plusieurs cas de dérives, de vols, d’agressions et d’abus des agents de sécurité sont régulièrement signalés par les clients (entreprises ou particuliers), sans pourtant se traduire par une remise en cause du mode de fonctionnement des sociétés privées de sécurité en Côte d’Ivoire.’’De nombreux businessmen soucieux de se faire des profits se sont improvisés depuis le début de la décennie, chef d’entreprises dans la sécurité privée et on a vu proliférer de nombreuses entreprises de sécurité privée en Côte d’Ivoire qui ont un agenda caché et semblent peu soucieuses de la sécurité des Ivoiriens’’, s’est plaint un responsable du ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Pendant ce temps, les principaux acteurs de ces entreprises, les vigiles sont contraints de vivre avec des simulacres de salaires. ’’C’est l’un des rares secteurs en Côte d’Ivoire où le SMIG n’est pas automatiquement respecté par nos employeurs …mais cela doit s’arrêter…’’, a fustigé un vigile, qui par ailleurs dénonce les conditions de travail. Au moment où, la demande de la sécurité nationale n’a jamais été aussi élevée, les agents de sécurité privée peuvent constituer un atout pour la dissuasion uniquement à condition toutefois de réorganiser en profondeur le secteur en extirpant les brebis
galeuses.

Louis Tanin
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