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Des cours communes aux immeubles : Le nouveau visage de Treichville
Publié le dimanche 2 avril 2017  |  Treichville Notre Cité
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Après la sécurité alimentaire, nous abordons pour ce mois, le visage du tissu urbain dans la Commune chère au Ministre François Albert Amichia, Maire de notre Cité cosmopolite. Le passage des cours communes aux immeubles est notre motivation afin de souligner la nécessité, les avantages et inconvénients de ce nouveau visage.

Nécessité de l’amélioration de l’habitat La Commune de Treichville est enclavée. Elle ne peut plus s’étendre. Or le peuplement est galopant et le logement est de moins en moins rare. L’autre réalité est l’occupation des quartiers par des cours communes composées de maisons vieilles et vieillissantes. En d’autres termes, le tissu urbain n’est plus adapté aux réalités actuelles. « Treichville est une vieille Cité. Comparé à Plateau, qui est le quartier synonyme d’étalon d’appréciation pour mettre en avant l’image de la Capitale qu’est Abidjan, Treichville n’a pas un habitat, qui répond aux critères des villes modernes. Il ne faut pas se le cacher, la rénovation est nécessaire », a déclaré Jean Robert Agnissan au carrefour de la rue 12, avenue 16 où il faisait ses emplettes le lundi 20 mars 2017. Bien avant lui, Marie Claire Amessan a dit qu’il serait anormal que les populations et les autorités acceptent encore de vivre dans des habitations inadaptées. « Pour la réputation de la Commune de Treichville, qui est devenue une ville beaucoup visitée, le visage de l’habitat actuel est décevant. Il n’est pas à la hauteur de la renommée du quartier. De loin, on s’attend à des immeubles de haut standing. Mais, on est déçu une fois sur place de voir des maisons de la vieille époque. C’est un peu l’image d’un quartier à l’abandon, et cela est déplorable. Je pense, donc, que de nouvelles constructions conformes au statut de la Commune sont nécessaires. Si l’Etat ou la Mairie pouvait y construire des logements sociaux en accord avec les propriétaires des cours. Des immeubles à coût abordable pour les populations. En fait, il ne faut pas que les nouvelles constructions entraînent un exode des Treichvillois vers d’autres quartiers mal construits et aux loyers moins coûteux, mais qu’elles leur permettent d’en jouir », a-t-elle précisé le mercredi 15 mars 2017 au boulevard Valérie Giscard D’Estaing (VGE) à proximité de la pharmacie Levant, ex pharmacie Jean Baptiste Mockey. Pour d’autres personnes, ce nouveau tissu urbain pourrait être une arme fatale contre l’insalubrité dans la Commune.

Immeubles de belle vueet meilleur assainissementL’extension de la Commune étant impossible, la construction des immeubles est, donc, salutaire. Cependant, il n’est pas question de sortir de terre n’importe quel bâtiment. A cet effet, se confiant à votreMensuel dont il est le Fondateur, le Maire de la Commune avait déjà stigmatisé la façon peu convenante, dont étaient construits certains immeubles (Cf. encadré). En d’autres termes, pour le Ministre François Albert Amichia, Premier Magistrat de Treichville, le désordre ne doit nullement prévaloir. Cette vision trouve un écho favorable auprès de tous les habitants de la Cité n’zassa. « Il est nécessaire, que ces édifices soient de haut standing. Ce sont de gros investissements, qui doivent donner une belle vue à la Commune. Je suis certain, que ce sera le cas le moment venu », a assuré, optimiste, Joseph Gohouri. Le résident de Belleville n’a certainement pas tort, lorsqu’on entend deux techniciens de la Mairie donner les dispositions prises pour des constructions adéquates.« Toutes les constructions effectuées dans la Communes sont soumises à des contrôles stricts », affirme Adjey Kassy Serges, sous-directeur du Domaine de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Patrimoine. Il est rejoint par Mambo Ignace. « Aucun projet de construction n’est pris à la légère. Tout est passé au peigne fin par les agents des Services de l’Urbanisme et de l’Habitat, avant que ne soit donné l’accord. Il y va de la crédibilité de la Mairie, qui engage beaucoup de vies humaines. Ces bâtiments pourront résoudre les problèmes d’assainissement et d’insalubrité. Je suis persuadé, qu’avec ces constructions, les connexions anarchiques et hors des égouts disparaîtront. C’est tout Treichville, qui sera assaini et beau», a indiqué leChef de Service du Domaine de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Patrimoine. Ce sont donc, des bâtimentsqui sortent en ce moment de terre, qui rendront la vie agréable aux Treichvillois.

Désagréments actuels et la loi

Mais tout cela ne va pas sans certains désagréments.« J’interviens très souvent dans de nombreux cas de litiges. Le dernier en date est relatif à l’immeuble situé au boulevard VGE à l’opposé de la pharmacie Levant. Au début de la construction, les fondations de cet immeuble agissaient sur le bâtiment du voisin. Cet état de fait pouvait entrainer un fléchissement de sol, qui emporterait le logement d’à côté. Après échange, les techniciens ont été obligés de revoir leur fondation », a affirmé Mambo Ignace. Ce cas de fléchissement de sol et même d’affaissement de l’habitation voisine a été effectifà la Cité RAN, il y a deux (2) mois à peine. Un nouveau propriétaire voulant approfondir les fondations de sa construction a occasionné l’écroulement du mur de la maison adjacente du côté des chambres. Malgré le règlement à l’amiable entre la victime et l’auteur, il vaut mieux prévenir ces situations. Que prévoit, alors, la loi au niveau des espaces entre les immeubles ? « La loi demande au minimum quatre (4) mètres entre les bâtiments. Celui, qui veut aller au-delà peut faire un mitoyen en se rapprochant de son voisin. Le mitoyen est aussi autorisé par la loi », a souligné Mambo Ignace. Mais, cette loi est-elle respectée ? « En tout cas,au niveau de Treichville, cette disposition réglementaire est respectée. Celui qui outrepasse les normes est vite rappelé à l’ordre soit par son voisin, soit par la Mairie, qui lui délivre une mise en demeure. Celle-ci lui fait injonction de détruire la partie débordante de l’immeuble », a attesté Serges Kassy. Pour ce qui est des fondations, les techniciens de la Mairie sont très regardants sur la profondeur pour une raison essentielle. « La nappe phréatique de Treichville est très proche. Nous prévenons, donc, les propriétaires et leurs ouvriers pour qu’ils sachent raison gardée pendant les travaux », a ajouté le Chef de Service.

Craintes et espoirs

Le loyer est devenu un véritable casse-tête dans la Commune, avions-nous mis sous presse, il y a un moment. Une réalité, qui suscite la crainte chez beaucoup de Treichvillois devant les futurs immeubles. « Si avec des maisons vétustes, il était difficile de se trouver un logement à Treichville à cause de la cherté du loyer, qu’en sera-t-il avec des bâtiments construits avec d’énormes moyens ? Ce sera tout simplement insupportable avec la complicité de nos frères de la sous-région, qui sont complices de la situation en acceptant toutes les offres. Je ne me fais donc pas d’illusion pour habiter à Treichville. Je me demande si ce nouveau visage n’entrainera pas un Treichville sans les Treichvillois », s’est inquiété Jules Henri Kouamé à la rue 38, le vendredi 24 mars 2017. Si cet avis est partagé par Jean Konan, Joséphine Assi et Sara Coulibaly, d’autres voix optimistes ne manquent pas par contre. «Je crois, que la rareté du logement est ce qui a entrainé la hausse du loyer. C’est normal, que les prix augmentent lorsque l’offre est inférieure à la demande. Avec les futurs immeubles, il est fort possible, que les habitations foisonnent ; alors les coûts des loyers baisseront », a déclaré Claude Kouassi, bien décidé à obtenir bientôt, un appartement dans la Cité n’zassa. D’autres préfèrent braquer leurs regards sur le futur panorama. C’est le cas de Faustin Gniman. « La Commune aura fière allure avec ces immeubles. Un peu comme Plateau, nous aurons une Cité propre et un environnement digne sans des troupeaux de bétails errant, des mécaniciens et des pneus dans les rues. Nos voies seront dégagées et les gros camions et autres véhicules, qui encombrent la Commune seront vite dégagés. Je suis très content de voir ce qu’il se passe présentement et j’imagine la suite d’ici deux ou trois ans ». De passage dans la Cité Cosmopolite, Auguste Kokora, ex-résident du quartier Apollo « trouve déjà agréable l’image qu’offriront ces immeubles. Treichville sera un quartier chic et un lieu des grandes rencontres et de plus en plus de visiteurs y viendront».
Ce tour d’horizon montre bien, que le nouvel habitat sera d’un grand apport pour Treichville. Nous ne pouvons que prendre rendez-vous pour les prochains jours. Mais non, sans dire d’avance, agréable sera notre Cité d’ici peu.

Dans cet entretien, deux personnes ressources, Kassy Serges et Mambo Ignace de la Direction des Services Techniques et de l’Environnement rassurent les populations quant aux avantages relatifs au nouvel habitat de la Cité n’zassa.


Kassy Serges : « Ces maisons en hauteur résoudront beaucoup de problèmes »

Peut-on affirmer que Treichville a un nouveau visage ?

Kassy Serges (Sous-directeur du Domaine de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Patrimoine) : En son temps, le président feu Félix Houphouët-Boigny avait demandé aux populations de Treichville de repenser leur habitat, parce que la Commune est enclavée par Plateau, Marcory et le Port autonome. A un moment donné, l’extension serait impossible. Il entendait, sans aucun doute, que l’urbanisation entrainerait une forte proximité des habitations. C’est, donc, ce qui a été compris, aujourd’hui, par nombre de personnes avec la construction des immeubles.

Mambo Ignace (Chef de Service du Domaine de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Patrimoine) :
Tout se modernise aujourd’hui. Treichville ne fait, donc, qu’épouser son temps. Elle passe d’une Commune aux cours communes et à densité gênante à une Cité moderne viable.

Quels sont les critères régissant ces constructions ?

Mambo Ignace : Tous les projets sont soumis au contrôle de la Mairie avant toute opération. Ce qui veut dire, que techniquement, la Mairie a un droit de regard sur les dossiers par le biais de ses services d’urbanisme et de l’habitat. Les R+3 (3ème étage) sont de son ressort, au-delà, c’est le Ministère. Nos contrôles sont si rigoureux, que les constructions ne se font pas à l’emporte-pièce. Des études de sol sont faites pour les fondations avec des matériaux adaptés pour toute une construction. Les pompiers sont aussi sollicités pour voir déjà si les issues de secours répondent aux normes.

Kassy Serges : Les permis de construire sontdélivrés par la Mairie, qui prend, donc, le temps d’aviser les techniciens pour les conformités. Les critères sontrespectés tant au niveau des reculs par rapports aux voies de circulation, àl’Occupation du Domaine Public (ODP), que de la cohabitation avec les autres bâtiments.Même au niveau de lasalubrité, tous les grabats de sable, que vous voyez partout, sont taxés.

Que fait exactement le service cadastre ?

Mambo Ignace : Il s’occupe uniquement de ce qui est foncier rural. Il s’agit, notamment, des lots, des plans, des limites des habitations...

Kassy Serges : Il intervient aussi dans les situations conflictuelles pour trancher et mettre d’accord les antagonistes. Vous savez que malgré les bornes, certaines personnes se croient rusées.

Avec ces constructions, les canalisations et autres éléments du sous-sol ne seront-ils pas mis à rude contribution ?

Mambo Ignace : Lorsque nous observons les travaux, qui ont précédé ces constructions, on peut dire, que tout a été prévu d’avance par Monsieur le Maire. Il y a eu le changement des matériaux de canalisation. Les tuyauxvétustes ont été remplacés. En outre, les diamètres des canalisations ont été augmentés pour recueillir un maximum d’eau usée. Depuis le quartier Apollo jusqu’à la rue 38 en passant par plusieurs quartiers, les canalisations peuvent supporter un grand flux d’eau. L’augmentation de la population ne sera, donc, pas un problème.

Serges Kassy : Beaucoup de travaux ont été faits par la Mairie. D’abord, au niveau de la Sodeci, la pression de l’eau a été revue. Il y a une forte augmentation de la quantité d’eau pour ces constructions en hauteur et les populations. Il n’y aura, donc, pas de pénurie. Ensuite, pour l’électricité, des compteurs ont même été offerts aux populations par Monsieur le Maire, qui a, aussi, effectué des travaux d’éclairage public. Il n’y aura pas alors de problème de tension. Tout le monde sera pourvu en électricité. Enfin les canalisations ont été modernisées et les matériaux neufs sont très résistants. Ce qu’il faut craindre c’est l’incivisme. Il est important, de demander aux populations de savoir utiliser toutes ces réalisations.

Justement, ce nouveau visage de l’habitat ne multipliera-t-il pas les difficultés d’assainissement ?

Kassy Serges : Ces constructions pourront résoudre beaucoup de problèmes. N’étant pas construites comme les habitations, qui ont été ajoutées dans les cours communes, les maisons en hauteur auront leurs tuyaux d’écoulement des eaux usées connectés directement sur les égouts.Ensuite, les lessives et vaisselles ne se feront plus dans les cours. Il n’y aura, donc, plus d’eau sale déversée dans les rues. Les immeubles étant contrôlés, des déchets ne joncheront plus les abords des voies.

Mambo Ignace : A l’ opposé des cours communes et leurs abords, la plupart des immeubles déjà construits sont salubres. Et les gens n’ont pas pour habitude de salir des lieux propres. Si bien, qu’ils s’aviseront avec les immeubles. Ces maisons en hauteur constitueront un changement de mentalité pour ceux qui y habiteront.

Kassy Serges : Je pense, que ce nouveau visage est le bienvenu, parce que le manque de logement est crucial. Nous sommes nombreux à avoir quitté notre Commune de naissance pour nous retrouver ailleurs. Sûrement, qu’il permettra à chacun d’entre nous de revenir à Treichville.
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