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Religion, politique et non-violence au cœur des échanges
Publié le lundi 17 avril 2017  |  Le Dominical
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COLLOQUE INTERNATIONAL. Des séminaristes et laïcs ont assisté à des enseignements organisés par l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan.

Que chacun, d’où qu’il se trouve, soit penseur et acteur pour réfléchir et agir sur le rapport entre la religion, la politique et la non-violence. De plus, que quiconque ne pense pas à la place de l’homme politique, de l’évêque ou du clerc. Bien au contraire, que chacun essaie de voir comment faire pour que le changement s’opère dans son milieu de vie. Tel est l’objectif du colloque international organisé par l’Institut catholique missionnaire d’Abidjan (Icma). Qui a eu lieu du 31 mars au 1er avril 2017, au Campus de l’Icma, sur la route d’Abobo-Anyama. Ce 5ème Colloque international avait pour thème : « Religion, politique et non-violence ». Au cours de ces deux jours, 10 communications ont été développées par des experts autour de ces trois sphères : religion, politique et non-violence. Mgr Raymond Ahoua, évêque de Grand-Bassam, a centré sa communication sur le thème : « Politique et religion : ressources culturelles africaines pour la construction de la paix ». Prenant le cas de son diocèse, l’évêque a affirmé qu’il existe un comité de médiation pour régler les éventuels palabres entre prêtres et évêque. Il a révélé que le diocèse privilégie le règlement traditionnel en cas de conflit : « On a plutôt valorisé l’arbre à palabre africain en jouant sur la médiation ». Aussi s’est-il réjouit de ce que depuis sept ans, aucun prêtre n’est sous le coup d’une sanction. Mais, prévient-il « il arrivera un moment où je vais intervenir au nom de l’Eglise et de sa mission ».


Jésus et la politique dans les religions
Le père jésuite, Wilfrid Okambawa, professeur du Nouveau Testament, a dénoncé le pouvoir des hommes puissants qui risquait de prendre la place de Dieu. Les empereurs se considéraient comme Dieu, a expliqué le père Okambawa. Selon lui, Jésus critiquait la manière d’exercer le pouvoir mondain et a proposé un autre modèle qu’est le service (abaissement de soi, le service du plus pauvre). Pour y arriver, le jésuite demande aux responsables de l’Eglise d’être les porte-paroles des sans voix. Sa communication a porté sur « Jésus et les puissants de son temps : quelles interpellations face à la violence contre les pauvres d’aujourd’hui ». Bony Guibléhon, enseignant-chercheur à l’université de Bouaké a dans sa communication, souligné qu’en Afrique, dans beaucoup de pays, la religion s’est invitée en politique à partir de 1990 à travers les débats et discours. Citant des pays tels que le Rwanda, le Togo, le Benin… qui ont joué un rôle dans la gestion politique. En Côte d’Ivoire, Pr Bony a affirmé que lors de la crise postélectorale de 2010, les guides religieux avaient choisi leurs camps. Des pasteurs ayant moins d’ancrage avaient prédit l’élection de Gbagbo ou Ouattara comme vainqueur du scrutin présidentiel. Professeur Marie-Clémence Adom, a développé le thème : « la politique et la non-violence dans le zouglou ». Selon le Pr Adom, le zouglou est une littérature « d’embuscade » rythmée par la parole. Dans le zouglou, pense l’enseignante d’université, la parole apparait comme un instrument de la non-violence. Car dans la musique urbaine, le héros ne parle pas et ne fait pas de la violence. Il utilise, au contraire, la métaphore pour déconstruire la non-violence. Elle illustrera ses propos à partir de la chanson zouglou qui a pour refrain « David contre Goliath ». Pour elle, « le zouglou est né dans un contexte où l’adversité guerrière était telle que les jeunes chanteurs ont été obligés de se référer à la parole, comme moyens d’expression et d’existence ». Le père recteur de l’Icma, Paul Saa-Dade Ennin, a qualifié les travaux scientifiques de « très enrichissants et d’une maturité intellectuelle remarquable ». Pour finir, il a indiqué que le message de la non-violence interpelle l’acteur politique et l’acteur civil, à tous les niveaux. Avant lui, le père Nathanaël Soédé, président du comité scientifique du colloque, a invité les participants a donné une spiritualité du changement qui aboutira à la vraie révolution des mentalités des dirigeants africains.

Par Magloire Madjessou
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