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Société Publié le dimanche 14 mai 2017 | AFP

Mutineries en Côte d’Ivoire: une vingtaine de blessés à Bouaké

© AFP Par ISSOUF SANOGO
Mutinerie de militaires à Bouaké et dans d’autres villes du pays
Samedi 07 janvier 2017. La situation s’est brusquement tendue samedi à Abidjan où des tirs ont été entendus dans un camp militaire et des barrages mis en place par des militaires, alors que des soldats mutins paralysent depuis vendredi la deuxième ville du pays, Bouaké, pour des revendications salariales.
Bouaké (Côte d’Ivoire) - Une vingtaine de personnes ont
été blessées, dont six par balle, dimanche à Bouaké et des habitants frappés à Korhogo (nord), deux grandes villes ivoiriennes toujours contrôlées par des
soldats mutins qui ont lancé depuis vendredi un nouveau mouvement de grogne.
Les mutins, qui réclament le versement de reliquats de primes, tiraient dimanche en l’air à Bouaké (centre), deuxième ville du pays, pour empêcher la
population de sortir de chez elle. Ils patrouillaient dans les quartiers, passant parfois à tabac des habitants, selon des témoins.
Une femme et cinq hommes ont été atteints par des tirs dimanche et étaient
soignés au CHU de Bouaké, a constaté un journaliste de l’AFP.
Une quinzaine d’autres personnes, molestées, ont été légèrement blessées et
admises à l’hôpital.
Samedi, des mutins impliqués dans ce mouvement avaient tiré sur deux
personnes, à Bouaké et à Korhogo, les blessant gravement.
Dimanche, les mutins ont notamment pris position autour du rond-point de la
préfecture de police dans le centre-ville de Bouaké, et ont tiré en l’air pour
empêcher la tenue d’un rassemblement de protestation contre leurs actions, a
constaté l’AFP.
"Les tirs continuent. Les mutins empêchent les gens de sortir", a confié un
habitant sous couvert d’anonymat.
Les mutins ont en outre attaqué le siège du Rassemblement des Républicains
(RDR, parti du président ivoirien Alassane Ouattara).
"Tous ceux qui étaient présents ont été copieusement tabassés. Il y a eu de
nombreux blessés", a déclaré à l’AFP un responsable du parti, Moriba Touré.
"Ils (les mutins) s’attaquent désormais à tout ce qui ressemble de près ou
de loin au parti. Nous évitons même de porter des habits à l’effigie du
président", a confié Salif Koné, un militant du parti.
A Korhogo (nord), quatrième ville du pays, une situation similaire
prévalait. Des habitants ont tenté de manifester mais ont été dispersés par
les mutins qui ont tiré en l’air et frappé plusieurs personnes blessant au
moins l’une d’entre elles, a constaté un journaliste de l’AFP.

- Habitants frappés, rançonnés -

Dimanche à Bouaké, les mutins contrôlaient toujours les corridors Nord et
Sud situés sur le principal axe routier du pays qui relie la capitale
économique Abidjan au nord du pays.
La circulation sur cet axe routier stratégique restait difficile: après
avoir bloqué la circulation samedi, les mutins rançonnaient dimanche tous les
véhicules.
La veille, des négociations avec le commandement militaire de Bouaké ont
échoué. Samedi, l’un des mutins avait lancé à l’AFP qu’ils étaient "prêts à en
découdre" avec l’armée loyaliste si elle intervenait.
Vendredi, un important dispositif loyaliste avait été déployé à Abidjan,
obligeant les mutins d’Abidjan à se retrancher. Mais aucun mouvement d’ampleur
de militaires loyalistes n’a été détecté aux abords de Bouaké dimanche.
Une large partie de ces rebelles - qui ont soutenu le président Alassane
Ouattara lors de la crise de 2010-2011 contre l’ex-président Laurent Gbagbo
qui refusait de reconnaître sa défaite électorale -, a ensuite été intégrée à
l’armée. C’est ce contingent de 8.400 hommes qui a lancé la mutinerie de
janvier.
Ancienne "capitale" de la rébellion ivoirienne, qui contrôla la moitié nord
du pays entre 2002 et 2011, Bouaké a été l’épicentre du mouvement des
mutineries en janvier.
Les mutins qui ont lancé ce nouveau mouvement de grogne réclament les
reliquats des primes promises par le gouvernement après ces mutineries de
janvier qui ont ébranlé le pays.
A l’époque, ils avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000
euros) pour chacun d’eux (des sommes importantes pour le pays), et obtenu le
versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis les 7
millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.
Jeudi, un représentant de soldats avait annoncé renoncer aux revendications
financières, lors d’une cérémonie en présence du président Ouattara et
d’autres soldats, qui se voulait visiblement un point final à la protestation
des forces de sécurité.
Mais cette cérémonie a finalement déclenché un nouveau mouvement d’humeur,
alors que ce pays d’Afrique de l’Ouest est durement touché par l’effondrement
des cours du cacao, vital pour son économie et dont il est le premier
producteur mondial.

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