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Editorial Diasporas News Mai 2017: Macron et les « Papis » présidents africains
Publié le mercredi 17 mai 2017  |  Diasporas-News
Emmanuel
© AFP par FRANCOIS MORI
Emmanuel Macron investi président de la République française
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Le candidat de « En Marche », Emmanuel Macron, 39 ans, est devenu depuis le dimanche 7 mai dernier, le plus jeune chef d’État français de toute l’histoire de France. Même Louis-Napoléon Bonaparte n’avait pas fait mieux. Au moment où le 1er président de la IIème République accédait à la magistrature suprême en 1848, il avait 40 ans. Sous la Vème République, c’est Valéry Giscard d'Estaing alors âgé de 48 ans qui détenait le record de l’âge du plus jeune président de la République au moment où il accédait au pouvoir en 1974.

A l’échelle mondiale, Emmanuel Macron est considéré, à juste titre, comme le plus jeune président de la République de la planète. Les dirigeants Nord-Coréen Kim Jong-un ou l'émir du Qatar Tamim ben Hamad ben Khalifa Al-Thani respectivement âgés de 34 et 36 ans, n’ayant pas été élus selon les normes démocratiques universelles, sont déclassés.

A l’inverse, Robert Gabriel Mugabé, 93 ans révolus, à la tête du Zimbabwe depuis 30 ans, est considéré comme le plus âgé des chefs d'État du monde encore en exercice et prêt d’ailleurs à rempiler pour un énième mandat. Entre lui et Macron, l’écart d’âge est hallucinant. 54 années les séparent (Sic !) En regardant de plus près, au moment où le vieillard accédait à la tête de l’ancienne Rhodésie, Emmanuel Macron était âgé d’à peine 10 ans.

Au plan des affaires, Emmanuel Macron va-t-il faire le tri entre dirigeants africains démocratiquement élus et les dictateurs qui tordent le cou à la démocratie ? Loin s’en faut.
Les relations économiques entre le Zimbabwe et la France sont certes très limitées – le pays est boudé depuis de nombreuses années par les Occidentaux du fait du manque de démocratie – mais celles-ci pourraient être renforcées vu que le nouveau locataire de l’Elysée veut traiter d’égal à égal avec les dirigeants du continent. Robert Mugabé pourrait bien figurer sur la liste des dirigeants du continent désireux de rencontrer le jeune président Macron.

D’ailleurs en dépit des bouderies occidentales, Paris ne crache pas sur tous ses intérêts dans ce pays. La présence française au pays de Mugabé est symbolisée par l’implantation des grands groupes comme Lafarge et Total. Les exportations françaises essentiellement en équipements miniers sont à 20.4 millions d’euros (M€) en 2015 contre 51 millions en 1999 alors que les importations en produits de douane étaient plafonnées à 57.2 M€ en 2015 contre 29 M€ en 1999.

De nombreuses entreprises françaises s’intéressent de plus en plus au Zimbabwe parce qu’il offre une main d’œuvre qualifiée, des ressources minérales, des richesses naturelles intéressantes. D’ailleurs, une importante délégation d’entreprises conduite par le Medef International s’était rendue à Harare en janvier 2015 et celle-ci avait été reçue à cette occasion par le Président Mugabé qui avait souhaité l’accélération des échanges économiques avec la France.

Sur le continent, on pourrait allonger la liste de ces présidents dont la longévité au pouvoir se dispute au jeune âge de leur prochain interlocuteur à l’Elysée. L’Angolais Edouardo Dos Santos, 75 ans et 38 ans d’exercice du pouvoir presque l’équivalent de l’âge d’Emmanuel Macron. Idem pour l’Equato-guinéen, Obiang Nguema âgé également de 75 ans et 38 années déjà passées aux affaires.

Que dire du Camerounais Paul Biya, âgé de 84 ans et au pouvoir depuis 1982 soit 35 années déjà passées à la tête de son pays. Quant au Tchadien Idriss Deby Itno, âgé de 65 ans, il comptabilise à son compteur 26 ans de pouvoir. Et pour finir, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, 74 ans, cumule un peu plus de 20 années à la tête de son pays.

C’est ce cercle de vieux briscards que je qualifie de « papis » présidents, une gérontocratie chevronnée aux arcanes du pouvoir et quelque peu en décalage ou du moins en déphasage avec les idées prônées par la nouvelle génération de dirigeants occidentaux qui viendront discuter de coopération avec le jeune président français nouvellement élu.

En dépit de leurs âges très avancés et de leurs longues expériences dans l’exercice du pouvoir, ils n’hésiteront pas à plier l’échine pour obtenir des prébendes pour leur pays en courant le risque de se faire tirer parfois les bretelles.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron, avait, lui-même, déclaré que « Si je suis élu, je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique, en lien avec l’Union africaine et les organisations régionales, qui ont un rôle majeur à jouer... » Le jeune président français, très attaché à la stabilité des Etats africains, a également promis de respecter les principes que les dirigeants se sont donnés. « Les États africains ont adopté une Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance, qui requiert le respect de principes démocratiques fondamentaux. Pouvons-nous renier les principes que les États africains se sont eux-mêmes donnés », s’était-il interrogé.
Il est certain que Emmanuel Macron s’inscrira dans la continuité de ses prédécesseurs. La France sera aux côtés de l’Afrique non pas par paternalisme mais pour défendre ses intérêts, ô combien important sur le continent. Le nouveau président élu avait également déclaré que l’Afrique est « indéniablement le continent qui enregistrera les taux de croissance les plus importants et présentera les opportunités les plus fortes. »

Sous sa mandature, on s’attend à ce que la France passe à l’offensive pour rattraper son retard sur le continent. Car, force est de constater que les entreprises françaises avaient déserté le continent au profit des pays du Brics (Brésil, Russie, Chine, Inde et l’Afrique du Sud). Aujourd’hui, elles ont du mal à reprendre la main et visiblement en perte de vitesse sur le marché des appels d’offres du fait de la forte concurrence.

Clément YAO
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