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Israël Yoroba GUÉBO : « Le difficile choix de commencer »
Publié le vendredi 16 juin 2017  |  Esprit
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4 juillet 2011. 18 heures 58 minutes. Aéroport international Félix Houphouët-Boigny, Abidjan. Je reviens au pays après deux années passées en France, à étudier à l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille). La veille, je prenais mon diplôme. Fier de l’avoir, mais tout aussi impatient de revenir en Côte d’Ivoire. Malgré le fait que des propositions s’ouvraient à moi, à Paris.

À Paris, je travaillais déjà pour TV5 et France 24. Mais l’appel du pays était plus retentissant. Et puis… avec des amis, nous avions décidé de créer notre entreprise dans le secteur des médias numériques. Nous savions que c’était l’avenir. Ce 4 juillet donc marquait un nouveau départ d’une vie entrepreneuriale digne d’un feuilleton à rebondissements.

Commencer avec le peu qu’on a

J’étais revenu avec ce qui restait de mes économies. Pas beaucoup. Près de 400 euros. J’avais utilisé la grande partie pour m’acheter un appareil photo (un Canon 600D) et un ordinateur. Les deux acquisitions de notre entreprise qui venait de voir le jour.

Dans la maison de mon père où je résidais encore, le garage servait de salle de travail et le salon de salle de réunion. Nous avions fait le choix de ne pas contracter de prêt bancaire. Trop contraignant. Et puis, quelle banque accepterait d’investir dans le virtuel ? Nous avions fait le choix de commencer avec ce qui était à notre disposition. Notre passion, notre intelligence, notre vision, la maison de mon père, notre appareil photo et notre ordinateur. Six (6) pour un ordinateur !

La journée était partagée en six (6). La nuit était réservée au développeur web, et la matinée était répartie entre la production, le marketing, la comptabilité, la formation et la direction générale. Notre stratégie pour appâter de nouveaux clients : faire des sites web gratuitement, organiser des événements et des formations en lien avec le numérique. Et cela a payé !

Un premier petit contrat décroché nous permet d’acheter un deuxième ordinateur et de mettre de l’argent de côté. Puis un autre contrat. Puis un autre encore. Désormais, chacun de nous avait un ordinateur à lui. Et dans notre compte bancaire, un peu d’argent pour organiser un grand événement et nous révéler au grand public.

Septembre 2011, nous lançons la première « université d’été dédiée au numérique en Côte d’Ivoire » : Le Summer E-School. Véritable succès. 1000 participants, venus d’Europe, d’Amérique et de plusieurs pays d’Afrique. Notre petite agence frappe un grand coup. Notre expertise est découverte, mais nos poches sont totalement vides…

Le désert… ce désert.

Les deux années qui ont suivi ont été autant exaltantes que rudes. Nous avions déménagé dans un petit local dans la commune de Cocody (Abidjan). Puis, accablés par le poids des charges, nous avons replié sur un autre local encore plus petit. Une pièce dans laquelle nous avions du mal à contenir et, où il faisait chaud.

Aucun d’entre nous n’était payé. C’était un choix. Nous étions dans du réinvestissement de ce que nous gagnions. Et même, lorsque certains étaient obligés de dormir à même le sol sur des cartons au bureau, lorsqu’on n’avait rien à manger toute la journée, lorsqu’il fallait marcher des kilomètres parce que n’ayant pas de moyens de transport, nous étions heureux d’avoir notre entreprise. Affamés mais fiers. Ankylosés mais passionnés. En sueur mais optimistes.

En même temps que la vie était dure, notre notoriété avait commencé à faire le tour du monde. Nous étions l’une des premières agences digitales. Et les clients que nous avions étaient devenus nos ambassadeurs. Lorsque nous regardions l’horizon, nous savions qu’il serait nécessairement radieux. Nous étions prêts à tous les sacrifices.

Changement de cap !

Vers la fin de l’année 2012, une institution européenne nous contacte pour un contrat d’urgence à exécuter à Abidjan. « Nous avons vu ce que vous faites, nous croyions que vous pourrez assurer », nous disent les responsables. Et pour nous montrer leur confiance, cent pour cent (100%) du devis est viré aussitôt. Le temps qu’ils viennent sur place pour visiter nos locaux.

En trois (3) jours, nous avons aménagé dans des bureaux plus grands, plus confortables et meublés : un canapé, un réfrigérateur, une cafetière... Chacun avait son bureau… le confort !

C’était le début d’un épisode sur la route des opportunités. Nous avions réalisé le contrat avec succès. Puis un autre à Dakar, en Belgique… au point de nous voir contraints de recruter. Une trentaine de personnes travaillent désormais avec moi. Des salariés. Des stagiaires.

Ce qui n’était qu’une agence dans un garage est devenu une entreprise forte avec un mental d’acier. Ce qui n’était qu’un rêve est en train de se réaliser. E-voir va désormais se déployer dans la sous-région et aller à la conquête du monde. C’est possible !

To be continued !

Alors que j’achève d’écrire ces dernières lignes, le chef d’entreprise et consultant international (dans les médias), que je suis devenu, regarde désormais vers l’horizon. Prometteur ! Avec des batailles encore plus grandes. Mais mon équipe et moi sommes rassurés, car nous avons désormais toutes les armes pour y faire face et remporter de belles victoires. Nous avons toutes les clefs pour ouvrir les portes. Le reste n’est qu’une question de temps. En vérité : « Aucun rêve n’est trop grand ».

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