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International Publié le samedi 8 juillet 2017 | Pôle Afrique

« Biens mal acquis »- Teodorin condamné, soulagement sur le continent mais des français à rechercher

© Pôle Afrique Par DR
Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale
Un procès inédit ! Teodorin Obiang, vice -président de la Guinée-Equatoriale et fils du président de ce pays a ouvert le premier procès dans l’affaire des « biens mal acquis » des dirigeants africains, en France. Des politologues ivoiriens joints par poleafrique.info se prononcent sur cette affaire.

Teodorin Obiang dont le procès a débuté le 19 juin dernier est poursuivi pour blanchissement d’abus de biens sociaux, détournement de fonds publics et abus de confiance et corruption. Le tribunal correctionnel de Paris a requis ce jeudi 6 juillet à la fin de l’audience contre lui, trois ans d’emprisonnement, une amende de 30 millions d’euros et la confiscation de son patrimoine en France. La délibération est attendue pour le 27 octobre prochain.

En plus du vice-Président équato-guinéen, d’autres dignitaires africains, notamment les Présidents Sassou N’Guesso du Congo, Ali Bongo du Gabon et leurs proches sont également cités dans cette affaire « de biens mal acquis ».

André Silver Konan, analyste politique, écrivain, estime qu’il est normal que la justice française enquête sur ce qu’elle considère comme suspecte. « Elle le fait pour ses propres dirigeants, pourquoi ne le ferait-elle pas pour des Africains qui acquièrent des biens en France ? », interroge l’analyste. Et d’ajouter ceux que « Ceux qui se plaignent de la plainte contre Teodorin Obiang sont ceux qui, en Afrique, encouragent et soutiennent les voleurs de deniers publics, sous le faux argument du colonialisme », soutient-t-il à poleafrique.info.

Pour sa part, Geoffroy-Julien Kouao, juriste-politiste indique que les ONG anti-corruption qui ont porté plainte contre ces dirigeants sont dans leur rôle. « Les ONG sont, par essence, des contre- pouvoirs. Maintenant que l’initiative vienne de l’extérieur, cela montre bien qu’à l’intérieur, la contradiction est quasi impossible. Certes, la décision du tribunal est prévue pour octobre prochain, mais les réquisitions du ministère public sonnent comme un camouflet pour le vice-président équato-guinéen », fait savoir le juriste.

A l’en croire, ce procès aura une double portée jurisprudentielle et politique. « En effet, la décision du tribunal correctionnel de Paris influencera, à n’en point douter, les affaires identiques concernant Sassou N’Guesso, le père Obiang et Ali Bongo. Sur le plan politique, c’est la preuve du manque de patriotisme des gouvernants africains qui investissent et placent leur argent en Europe au détriment de leurs populations. Les gouvernés en tireront certainement les conséquences. Pourquoi les africains pensent toujours, 60 ans après les indépendances, que la réussite sociale consiste à ressembler aux blancs? », fustige-t-il.

Les Ong anti-corruption Sherpa et Transparency International France sont les organisations plaignantes. Elles se sont battues depuis une dizaine d’année pour que les mis en cause répondent de leurs actes devant les juridictions dans l’affaire des « biens mal acquis » en Hexagone. Ce premier procès marque donc un satisfecit pour ces associations qui luttent contre la corruption.

Le procès des « biens mal acquis » est également salué par Palé Dimaté, spécialistes des questions internationales. Il souhaite que ce procès fasse école sur le continent. « Ce qui est en train de se passer en France , je crois que c’est une leçon de morale qu’on veut donner à nos dirigeants pour que, eux et leurs familles, ne profitent pas des biens du contribuable pour en faire une affaire privée. Je souhaite vivement que ce procès fasse école », recommande-t-il.

A la question de savoir si ce procès entame la souveraineté de la justice des pays dont les dignitaires sont concernés, notre spécialiste est sans ambages. « Je pense que la souveraineté de l’Etat ici n’est pas entamée en ce sens qu’il est question de trouver une justice impartiale pour juger ce genre de crimes économiques. Nos tribunaux ne sont qu’aux ordres des chefs d’Etats, il est difficile donc de trouver des tribunaux qui puissent juger dans la transparence », martèle Palé Dimaté.
Dr François Adou, géo-politologue, Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny abonde dans le même sens. « Il faut condamner tous ceux qui sont coupables des détournements de fonds publics. Dans ces pays, il n’y a pas de justice libre, équitable, en vue de pouvoir poursuivre des individus d’un tel acabit », insiste l’universitaire. Toutefois, il estime que l’affaire des biens mal acquis est sélective. « Sont-ils les seuls dignitaires africains qui ont des biens en France ? Pourquoi est-ce maintenant que la France fait ce procès ?, cela ne cache-t-il pas des intentions ?, n’est-ce pas la réponse du berger à la bergère ? c’est que tout porte à croire que c’est un travail qui est totalement inachevé, et comme par hasard, tous ceux qui sont impliqués sont des dignitaires africains, n’y a t-il pas des personnes qui ont des richesses douteuses qui proviennent de d’autres zones géographiques», questionne-t-il.

Selon lui, S’il n’y a pas de réponses claires à ces questions, c’est qu’il peut avoir une collusion. « Il faut mettre fin au jeu des maîtres chanteurs et déboulonner toute la chaîne, car il y a des complicités françaises. Que ces complicités françaises soient arrêtées pour rendre des comptes, elles aussi », recommande l’universitaire.
Dans le cadre de cette affaire de « biens mal acquis », des proches du Président congolais Sassou N’Guesso, à savoir sa fille et son gendre ont été mis en examen en juin dernier pour leur présumée implication.

Gnoungo Fanta
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