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Politique Publié le dimanche 6 août 2017 | Le Patriote

3ème Congrès du RDR/Mamadou TOURE aux militants : « Alassane Ouattara est notre seule boussole »

© Le Patriote Par DR
Mamadou TOURE, Secrétaire d’Etat, porte-parole adjoint du RDR
Le quotidien Le Patriote a accordé une interview exclusive au Secrétaire d’Etat Mamadou TOURE, porte-parole adjoint du RDR, par ailleurs Président de la Commission mobilisation du 3ème Congrès de cette formation. Dans cet entretien, le cadre de la Rue Lepic situe les enjeux de ce congrès qui verra la renaissance du RDR.


Le Patriote : Votre parti se prépare pour son 3ème congrès ordinaire. On vous voit à la tâche. Comment se déroule la phase de remobilisation des militants dont vous êtes l’un des acteurs clés autour de ce Congrès ?

Mamadou Touré : Très bien. Le 30 mars dernier, le Bureau politique a décidé d’aller à un Congrès. La première phase a été l’organisation des pré-congrès qui ont permis à 45 délégations, à travers tout le pays, d’échanger avec plus de 8000 pré-congressistes sur un certain nombre de sujets en rapport avec la vie de notre parti et de la Nation. Après ces pré-congrès, la direction du parti, au cours du Bureau politique du 4 juillet 2017, a annoncé la tenue du 3ème congrès ordinaire du 09 au 10 septembre 2017 et désigné le Ministre Adama Bictogo comme président du comité d’organisation. Il est secondé par les ministres Jeanne Peuhmond et Mamadou Sanogo. Le comité d’organisation en accord avec la direction du parti a mis en place plusieurs commissions dont la commission mobilisation que j’ai l’honneur de diriger avec une équipe constituée de cadres du parti. Nous avons pour mission d’élaborer la stratégie devant permettre de mobiliser au moins 65 000 personnes pour ce Congrès. Nous avons aussitôt entamé une série de rencontres d’information avec les structures spécialisées et d’autres entités du parti. Nous avons commencé par les femmes, ensuite les jeunes, puis les mouvements de soutien, les secrétaires départementaux et les enseignants. La dernière rencontre a lieu ce jeudi 3 août au siège du parti avec les élus. Toutes ces rencontres visent non seulement à les informer, mais aussi à mieux peaufiner avec eux notre stratégie de mobilisation. A côté de cela, nous aurons avant le congrès, 5 déjeuners-débats avec les structures spécialisées du parti qui seront présidés par le ministre Adama Bictogo. Après ces échanges avec les structures spécialisées, le président du Comité d’organisation animera une grande conférence de presse le 10 août 2017. Au cours de cette conférence de presse qui marquera le lancement officiel des activités de préparation de toutes les commissions du 3ème congrès, le Ministre Adama Bictogo donnera plus de détails sur l’ensemble des activités qui vont meubler les préparatifs du congrès. Après cette grande conférence presse, nous aurons le 12 août, 25 meetings éclatés qui seront animés dans les 13 communes du district d’Abidjan et dans les 12 chefs-lieux de district à l’intérieur du pays. Ensuite le 20 août, nous aurons le giga meeting des femmes et le 2 septembre, celui des jeunes.

LP : Beaucoup d’attentes ont été soulevées par les militants, à l’occasion des pré-congrès. Pensez-vous qu’en deux jours, les différentes préoccupations pourront trouver des réponses ?

MT: Avec la méthodologie utilisée qui a consisté à organiser d’abord un pré-congrès sur 3 jours où toutes les questions importantes liées aux préoccupations des militants, à la vie du parti et de la nation ont été débattues, deux jours seront suffisants pour prendre toutes les décisions en vue de la redynamisation du parti.

LP : On annonce le retour du président Alassane Ouattara à la tête du RDR. Pensez-vous que ce retour sera la solution de tous les problèmes des militants ?

MT: Le retour du président Alassane Ouattara à la tête du parti est la volonté unanime des militants. Je tiens à vous préciser que 43 des 45 localités qui ont abrité l’organisation des pré-congrès ont demandé son retour à la tête du parti. Pour les militants, le président Alassane Ouattara a été non seulement le symbole de leur lutte, mais il incarne aussi leur espérance pour l’avenir. Il est celui qui a inspiré le parti dès sa création et celui qui nous a permis d’arriver au pouvoir avec nos alliés du RHDP avec qui nous le co-gérons. Si les conditions dans lesquelles il est arrivé aux affaires, avec l’immensité des tâches pour reconstruire le pays et les dispositions constitutionnelles ne lui permettaient plus d’être à la tête du parti, aujourd’hui, avec la nouvelle Constitution, rien ne l’empêche de venir reprendre la tête du parti. Les solutions aux problèmes des militants seront de la responsabilité de l’équipe qu’il mettra en place.

LP : Le 3ème congrès du RDR intervient dans un contexte relativement délicat par rapport à la corrélation base-sommet. D’aucuns annoncent ce Congrès comme celui de tous les dangers. Qu’en pensez-vous ?

MT : Ce n’est pas mon sentiment. Lors des pré-congrès, les militants ont débattu de tous les sujets sans tabou sans que cela ne mette à mal une quelconque cohésion au sein du parti. Mieux, ils ont réaffirmé leur attachement au parti et à son leader naturel, le président Alassane Ouattara. C’est vrai qu’à l’épreuve de la gestion du pouvoir, certains militants se sont sentis abandonnés par les cadres du parti. Ils ont dénoncé le manque de solidarité qui a été de tout temps le socle de notre lutte lorsque nous étions dans l’opposition. Le mérite du RDR, c’est d’avoir su créer des cadres démocratiques de débat et de discussion où tous les militants peuvent s’exprimer librement. Cela ne peut que renforcer le parti. D’ailleurs, je connais très peu de partis en Côte d’Ivoire capables de s’adonner à de tels exercices.



LP : On sait que la sortie de l’Union des Soroïstes (UDS) a eu des conséquences où certains cadres issus du RDR ont été débarqués de leur poste. Vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a pas de malaise à ce niveau ?

MT : Les personnes à qui vous faites allusion sont toujours à leur poste au RDR. Pour le reste, toutes les questions en rapport avec le parti doivent être discutées à l’intérieur du parti.

LP : Le président Henri Konan Bédié, lors de son séjour à Paris, avait déclaré dans une interview que le PDCI aura un candidat en 2020 et que ce candidat sera le candidat unique du RHDP. En tant que porte-parole adjoint du RDR, partagez-vous cet avis ?

MT : Dans le contexte de notre alliance RHDP, la position de notre parti est claire. La question de l’alternance en 2020 ou de la succession au président Ouattara est la chasse-gardée des deux présidents. C’est une question qui doit être débattue par les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Nous travaillerons en fonction des orientations que les deux présidents donneront.

Au cours d’une de vos sorties, vous avez qualifié ce débat de malsain et avez appelé les cadres du RHDP à arrêter de se ridiculiser. Que voulez-vous insinuer exactement ?

MT : Le fait de qualifier le débat sur l’alternance et la succession au président Ouattara de malsain est la position de mon parti exprimée lors du dernier Bureau politique et aussi celle du président Henri Konan Bédié qui l’a clairement exprimée dans son interview à Jeune Afrique. Lorsqu’au RHDP nous sommes allés au contact des Ivoiriens en 2015, nous avons conclu avec eux un pacte social autour de projets concrets qui sont l’amélioration de leurs conditions de vie, la transformation économique du pays, la modernisation, le renforcement des institutions, etc. C’est sur cette base que les Ivoiriens ont plébiscité le président Alassane Ouattara dans les urnes. Pour nous, tous les jours sont une opportunité pour agir un peu plus en faveur de nos concitoyens. Il ne faut pas se tromper de timing et se détourner des préoccupations essentielles des Ivoiriens. Les cadres qui se donnent en spectacle sur cette question ne font que nous ridiculiser.


LP : Si on s’en tient à ce qui est dit au niveau du PDCI, ne craignez-vous pas pour l’avenir du RDHP ?

TM : Dans toutes leurs déclarations officielles, le PDCI et son président Henri Konan Bédié ont toujours réaffirmé leur attachement au RHDP. Ce qui importe, c’est la position officielle de nos partis et de leurs présidents et non des positions personnelles que peuvent exprimer des cadres issus du PDCI, du RDR, de l’UDPCI, du MFA ou de l’UPCI. Quand nous jetons un regard dans le rétroviseur, en tenant compte de l’histoire récente de notre pays, nous pouvons dire qu’il n’y a pas d’autre alternative au RHDP pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. C’est grâce à cette alliance que nous avons pu imposer la démocratie à Laurent Gbagbo avec des élections libres et transparentes. C’est aussi grâce à cette alliance que nous avons obtenu la restauration de la démocratie avec son départ du pouvoir. C’est en RHDP également que nous avons pu stabiliser ce pays et corriger tous les dégâts qui ont été commis par le l’ancien régime. Nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d’une division fratricide qui aura pour conséquence d’hypothéquer l’avenir de ce pays, donc de sa jeunesse. Les équations personnelles ne doivent pas l’emporter sur l’intérêt général.

LP : Parlant de responsables politiques, récemment le Ministre Thierry Tanoh qui est cadre du PDCI, au cours d’une sortie, a affirmé que tout ce que la Côte d’Ivoire a aujourd’hui comme acquis est l’œuvre du PDCI. En tant que porte-parole adjoint du RDR, quel commentaire vous inspire ces propos ?

MT : Je pense qu’il faut éviter de chercher des noises partout. Je n’ai pas la même interprétation que vous faites des propos prêtés au Ministre Thierry Tanoh. Je ne vois pas ce en quoi les affirmations du Ministre Thierry Tanoh pourraient poser problème dans la mesure où le PDCI auquel il fait allusion est celui dans lequel le président Alassane Ouattara, alors N°2 du parti et de l’Etat, a conduit la politique économique et de développement de la Côte d’Ivoire entre 1990 et 1993. C’est dans le même cadre du PDCI dont il parle que le patriarche Péléforo Gbon Coulibaly, grand père d’Amadou Gon Coulibaly, a permis à Félix Houphouët Boigny d’avoir son premier poste électif à Korhogo et a contribué au rayonnement de ce parti. Des cadres issus du RDR, de l’UDPCI ou d’autres partis ont participé au rayonnement de la Côte d’Ivoire auprès de Félix Houphouët Boigny. On peut citer entre autre Lamine Diabaté, Gaoussou Ouattara, Henriette Dagri Diabaté, Vincent Esso Lohouess, Grah Claire, Amadou Gon Coulibaly dont le père a été vice-président de l’Assemblée nationale auprès de Philippe Grégoire Yacé, Amadou Soumahoro dont le père fut un fidèle compagnon de Félix Houphouët Boigny et un grand militant du PDCI, Alhassane Salif N’Diaye, Paul Akoto Yao, Mabri Toikeusse, Hamed Bakayoko, Auguste Sévérin Miremont, Amon Tanoh dont le père a été ministre dans plusieurs gouvernements du Père-fondateur. Des personnalités actuelles au PDCI comme le président Henri Konan Bédié, le Vice-président Daniel Kablan Duncan, les anciens ministres Alphonse Djédjé Mady, Guy Alain Gauze, Léopoldine Coffie etc, qui ont occupé de hautes fonctions auprès du président Houphouët Boigny, ont également contribué au rayonnement de la Côte d’Ivoire. Le PDCI auquel fait référence le ministre Thierry Tanoh est le RHDP d’aujourd’hui et nous devons travailler à sa consolidation.

LP : L’actualité a été aussi ponctuée par les attaques répétées à l’Ecole de police, à Yopougon, à Azaguié et à Fresco. Comment appréhendez-vous ces attaques contre les postes des Forces de défense et de sécurité ?

MT : C’est une situation qui a été dénoncée et déplorée par notre parti. La Côte d’Ivoire vient de loin pour s’offrir le luxe de tels actes qui peuvent contrarier sa marche vers son développement. C’est en cela qu’il faut saluer l’efficacité de nos Forces de sécurité qui ont pu endiguer ces attaques et démontré que la Côte d’Ivoire est un pays solide.

LP : Parallèlement à ces attaques, il y a le procès en cours à la CPI. Récemment après un arrêt rendu par la Chambre appel de la CPI suite à la demande de libération provisoire introduite par ses avocats, on a parlé d’une victoire de Laurent Gbagbo. D’aucuns ont sauté de joie en disant que Laurent Gbagbo serait bientôt libéré. N’avez-vous peur de cette éventualité ?

MT : Je ne vois pas ce en quoi cela pourrait nous faire peur. Ceci dit, la CPI est une institution indépendante dont les décisions s’imposeront à tous. Notre divergence avec Laurent Gbagbo et son parti est d’ordre idéologique. Lui et son parti ont incarné l’exclusion, la violence politique, la xénophobie pendant tout leur règne. Six ans après leur départ du pouvoir, si je me réfère aux violences occasionnées par eux lors des manifestations et le référendum et aux propos graves tenus par certains de ses plus fidèles compagnons comme Odette Lorougnon appelant publiquement au meurtre des étrangers au cours d’un meeting au Baron de Yopougon, on peut en déduire qu’ils n’ont pas changé. Dans tous les cas de figure, nous continuerons à combattre cette idéologie en prônant une Côte d’Ivoire plus humaniste et résolument tournée vers le développement.



LP : Il y a certains observateurs qui estiment qu’il y a quelques failles au sein de la préparation des témoins. Car, au cours de leur passage, des témoins qui devraient être à charge, sont devenus des témoins à décharge. Ne pensez-vous pas qu’à ce niveau, il n’y a pas eu assez de préparation pour ce procès ?

MT : Au risque de vous décevoir, je dirai que nous ne sommes pas la CPI, encore moins le bureau du Procureur. Je pense qu’il faut laisser la CPI poursuivre sa procédure judiciaire jusqu’à son terme. Il n’y a que les juges qui pourront conclure du bon ficelage ou non du dossier et en tirer toutes les conséquences.

LP : Vous êtes député de Daloa commune. Il y a quelques-uns de vos pairs parlementaires qui ont lancé un mouvement pour une amnistie générale et totale des crimes commis durant toutes les crises qu’a connu la Côte d’Ivoire. Il y a le député Evariste Méamby qui est allé voir Laurent Gbagbo à La Haye, dans ce cadre. L’alliance du 3 avril a embouché la même trompette pour que cette amnistie soit une réalité. On a même aussi parlé du pardon de l’Etat vis-à-vis des victimes. Pour vous, ces différents mouvements ne cachent-ils pas de desseins inavoués ?

MT : De prime abord toute initiative, allant dans le sens de la consolidation de la paix est à saluer. D’ailleurs, depuis bientôt six ans, le Gouvernement a multiplié les initiatives dans ce sens. Aujourd’hui, plus de 90 % des réfugiés sont revenus, la quasi-totalité des détenus de la crise postélectorale ont été libérés. Certains comme Aké N’Gbo, Michel Gbagbo et bien d’autres ont été réintégrés à la Fonction publique. De nombreux comptes ont été dégelés, de nombreux hauts cadres proches de l’ancien régime qui étaient en exil sont revenus et vaquent librement à leurs occupations. On peut citer Marcel Gossio, Coulibaly Gervais, Kacou Brou, Kabran Appiah, Kobe Boniface, frère de Charles Goudé, Kadet Bertin. Même la sœur cadette de Laurent Gbagbo, Koudou Jeannette est rentrée tranquillement d’exil en 2015 pour les obsèques de sa mère. Sur toutes les questions importantes qui ont touché à la vie de la Nation, notamment la révision de la Constitution, le chef de l’Etat a eu à consulter l’opposition. Un cadre de dialogue dirigé par le Premier ministre Ahoussou Jeannot a été mis en place et a permis la participation de l’opposition aux élections législatives. Ce qui peut gêner dans certaines initiatives et entamer leur crédibilité, c’est de laisser insidieusement croire que l’Etat n’a rien fait pour la réconciliation en Côte d’Ivoire.



LP : Notre pays vient d’organiser les 8èmes jeux de la Francophonie. Vous avez été le Conseiller technique du chef de l’Etat en charge de la jeunesse et des sports. Que pensez-vous de l’organisation de ces jeux ?

MT : C’est d’abord un sentiment de fierté parce que quand j’étais Conseiller technique chargé de la jeunesse et des sports, j’ai eu l’honneur de diriger le comité technique national de préparation de la candidature de Côte d’Ivoire à ces jeux. Je peux témoigner de l’implication personnelle du président de la République auprès des autres chefs d’Etat membres de l’OIF pour l’obtention de ces jeux. Notre pays sortait d’une décennie de crise, avec une jeunesse qui a été l’une des principales victimes. Le meilleur cadeau que le président Ouattara pouvait offrir à la jeunesse ivoirienne et la repositionner au plan international, en plus des nombreuses autres initiatives en leur faveur, était d’obtenir l’organisation de ces jeux en Côte d’Ivoire. La parfaite organisation de ces jeux a démontré le savoir-faire des Ivoiriens, la mobilisation de sa jeunesse et le leadership du président Alassane Ouattara.

LP : Nous sommes au terme de cet entretien, quel est votre message ?
MT : Je voudrais lancer un appel à la remobilisation de tous les militants pour faire de ce Congrès une grande fête et un départ nouveau pour le RDR. Je voudrais réitérer mes remerciements, en mon nom personnel et au nom de mon équipe, au Ministre Adama Bictogo, président du comité d’organisation et à la direction du parti pour la confiance placée en nous. La tâche est immense, mais nous ferons tout pour ne pas décevoir.

Réalisée par Jean-Coulibaly
Coll. : FT
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