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Côte d’Ivoire/ Les autorités d’Agboville préoccupées par le non enregistrement des naissances à l’état-civil (Feature)
Publié le dimanche 27 aout 2017  |  AIP
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Agboville- La ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Kandia Camara affirmait en mai, lors de la cérémonie de lancement des examens à grand tirage à Agboville, que 1 165 325 écoliers ivoiriens n’avaient pas d’extrait d’acte de naissance pour poursuivre sereinement leur cursus scolaire.

Le département d’Agboville dont le chef-lieu du même nom est situé à 81 km d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, n’échappe pas à cette situation d’enfants sans papier. Car d’Attobrou à Rubino en passant par la plupart des sous-préfectures de la région, les sous-préfets et directeurs d’école ne cessent d’interpeller les populations qui traînent encore les pas sur la question de l’enregistrement ou de la déclaration des naissances à l’état-civil, devenue cruciale à leurs yeux. Ce, dans la mesure où c’est quand les écoliers arrivent en classe de Cours moyen 2ème année (CM2) que les parents s’agitent au dernier moment pour trouver un jugement supplétif devant permettre à leurs enfants de passer le CEPE et l’entrée en 6ème.

C’est pour éviter pareille situation que le gouvernement a mis en place au cours de cette année 2017, un processus gratuit d’établissement de jugements supplétifs et d’extraits d’acte de naissance au profit justement des enfants qui n’en ont pas. Mais cela n’a pas fait bouger véritablement les parents d'élèves qui traînent encore les pas pour saisir cette opportunité, aux dires des sous-préfets d’Attobrou et de Rubino. Ces derniers ont saisi la tribune de la fête de l’Indépendance, le 07 août, pour exhorter de nouveau leurs administrés à visiter les bureaux de l’état-civil pour déclarer les naissances des enfants au risque de le regretter plus tard.

En l’absence de statistiques fiables, il existe cependant de nombreux enfants sans papier dans les écoles aussi bien en milieu rural qu’urbain dans la région. Une situation qui pourrait priver, si on n’y prend garde, ces enfants de leur droit à l’Education.

L'on se demande pourquoi les populations traînent encore les pas face à l’appel pressant du gouvernement et de ses démembrements qui entendent régler définitivement ce problème d’enfants sans papier, afin d’offrir à tous la possibilité de s’épanouir ?

Dame Konan N’goran Cécile, ménagèret, la quarantaine révolue, rencontrée à Kouadjakro, un campement situé à plus de 30 km d’Agboville en donne des raisons.

« Parfois, quand la femme tombe enceinte, l’auteur de la grossesse ne s’en occupe pas. Il ne vient donc pas faire l’extrait de naissance de l’enfant. Les parents aussi ne le font pas. Il y a aussi, les difficultés pour accéder aux maternités distantes de 30 à 40 km avec des pistes impraticables. Alors, quand on accouche à la maison, on néglige tout simplement de se rendre à la maternité pour déclarer la naissance ou pour faire l’enregistrement à l’état-civil de la sous-préfecture ou de la mairie. Voici ce qui explique le fait que les enfants ne soient pas enregistrés à la naissance. Et quand l’enfant grandit son école devient difficile.»

Les conséquences du non enregistrement à l’état-civil

Le non enregistrement à la naissance n’est pas sans conséquence. Yavo Rachel, secrétaire dans une entreprise locqle, en témoigne et fait état de négligence coupable de certains parents.

«J’ai mon frère qui est allé en Europe. Quand il partait, sa femme avait déjà un enfant et était aussi enceinte. Il n’a pas pu déclarer l’enfant né devant lui avant son départ. Sa femme non plus n’a pu faire le papier du second. Aujourd’hui, il veut que ses enfants qui ont l’âge d’aller à l’école, le rejoignent en Europe. Mais ces enfants n’ayant pas été déclarés à la naissance, tout est bloqué et on court maintenant vers une hypothétique audience foraine. »

Quant à l’électronicien Ibrahim Ouattara, il a été contraint d’abandonner l’école faute de papier. Son témoignage. « Moi, je n’ai pas eu la chance d’aller loin dans les études parce que je suis arrivé au CM2 sans jugement supplétif et donc je n’ai pas pu passer l’Entrée en 6ème. Et c’est à partir de là que j’ai arrêté les études. »

Pour Yavo Kocola Guillaume, directeur de l’Ecole primaire publique (EPP) Copa, située à 56 km d’Agboville, le paradoxe est qu’avec la gratuité de l’opération, certains parents semblent ne pas être intéressés par le processus. "J’ai fait mains et pieds pour informer les parents de la gratuité de l’opération, mais certains sont restés sourds à mon appel. Pour ceux qui ont répondu, j’ai rempli les documents pour les transmettre à l’IEP (Inspecteur de l’Enseignement Primaire) en vue de les acheminer à la justice", soutient-il.

Les enfants sans papier, il y en a plusieurs dans les écoles d’ailleurs comme d’Agboville. Une situation inquiétante pour Kandia Camara, la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, qui a demandé l’implication de tous les acteurs du système éducatif dans le processus d’établissement de jugement supplétif et d’extrait d’acte de naissance mis en place, afin de donner une identité à tous.

Encore faut-il que les intéressés à qui le gouvernement veut faire le bonheur saisissent la perche qui leur est tendue. Sinon, on se retrouverait toujours dans le cercle vicieux de nombre d’écoliers sans papier à la veille des examens de CEPE et entrée en 6ème.

(AIP)

(Bernard yao yoboué)

yy/cmas
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