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Côte d’Ivoire/L’accès à l’éducation et la santé à Ogbodji(Agboville), un parcours du combattant pour les habitants (Feature)
Publié le mercredi 27 septembre 2017  |  AIP
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Agboville - Situé à une soixantaine de kilomètres d’Agboville, Ogbodji, un gros campement d’environ 500 âmes de la sous-préfecture d’Attobrou, a un accès difficile en raison du mauvais état de la route et surtout de son enclavement.

Pour accéder à Obgodji (en langue locale, derrière l’eau), il faut transiter par Copa, un village à l’allure plus moderne où se font pratiquement toutes les transactions situé à quatre kilomètres.

Pour arriver à Ogbodji, il faut traverser le fleuve Agnéby à bord d’une pirogue avec des risques lors que celui-ci est en crue.

Le quotidien des populations de ce gros campement rime avec souffrances et difficultés. Ici les femmes enceintes souffrent véritablement le martyr en témoigne N’Guessan Kokola Honoré, secrétaire du chef du village. "Ce gros campement qui commence à devenir maintenant un village s’appelle Ogbodji. Obgodji en langue Abbey, c’est derrière l’Agnéby. L’Agnéby c’est le fleuve et nous sommes derrière ici et nous avons beaucoup de difficultés. En période de crue, les enfants ont du mal à traverser l’eau pour aller à Copa où se trouve l’école. Et quelquefois, au moment de traverser le fleuve la pirogue peut chavirer", explique-t-il.

Le fleuve Agneby semble incontournable à toutes les activités des habitants d’Ogbodji

"ça sert à boire, à préparer, à se laver. On fait tout avec cette eau-là. Et elle contient beaucoup de microbes. Quelquefois, elle est souillée par les produits toxiques", relate avec amertume le secrétaire du chef du village.

Outre l’eau potable, les habitants d’Ogbodji ont besoin d’un centre de santé et d’une école

Les femmes enceintes tout comme les enfants doivent parcourir quatre kilomètres quotidiennement pour rallier Copa. Les uns pour l’école et les autres pour la consultation prénatale. Mais la traversée du fleuve n’est pas sans risque, d’où le cri de cœur de dame Assamoi Yahou Sabine. "Quand l’eau déborde, les enfants ne vont pas à l’école. Les femmes enceintes ne peuvent pas traverser pour aller à l’hôpital. On a besoin d’une école et d’un centre de santé", plaide-t-elle.

En Côte d’Ivoire, l’école est obligatoire. Pourtant à Obgodji, l’éducation, l’un des droits absolus de l’enfant, n’est pas une chose aisée et peut parfois se transformer en drame, dénonce-t-on.

Des familles ont déjà été endeuillées à la suite des traversées des élèves, a rappelé Yavo Kokola Guillaume, directeur de l’EPP Copa.

"Lors de l’inscription au CP1, je me retrouve souvent avec 100 élèves. Je suis obligé de laisser ces enfants à leur propre sort. Je ne peux pas les enregistrer tous, faute de tables bancs. Or, ces enfants ont aussi besoin d’éducation au même titre que les autres", fait remarquer le conseiller pédagogique, tout en sollicitant une seconde école à Copa et une autre à Ogbodji pour désengorger l’existante. "Car le risque qu’encourent les enfants pour traverser chaque fois le fleuve est grand", affirme le directeur de l’école de Copa.

"C’est la raison qui m’a amené à créer soutient-il, une école qui n’est malheureusement pas encore reconnue officiellement", ajoutant que son souhait est que des personnes de bonne volonté lui viennent en aide pour mieux accompagner ces enfants dans leur éducation.

L’éducation, dit-il, est un droit pour tous de même que la santé. D’ailleurs, les habitants d’Ogbodji lancent un cri de cœur aux autorités compétentes pour leur offrir de meilleures conditions de vie.

(AIP)

Par Bernard Yao Yoboué
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