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Animation et convivialité dans la Commune: Ce que cachent les grins
Publié le dimanche 1 octobre 2017  |  Treichville Notre Cité
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Ils essaiment toute la Commune, tant on en dénombre au moins cinq (5) dans chaque quartier. Il s’agit notamment des grins. Si vous constatez un léger attroupement autour d’une théière, surtout les après-midis et même tard la nuit, ne pensez pas à autre chose. Dans la plupart des cas, c’est un partage de thé au cours duquel un ou deux petits verres passent d’une bouche à une autre. Cette réalité, qui rappelle les moments ancestraux de communion et de convivialité, gagnerait-elle lentement et sûrement toutes les populations ? A première vue, répondre par l’affirmative ne ferait l’ombre du moindre doute. « Ici, c’est comme un grin, c’est-à-dire un lieu de retrouvailles, d’échanges et de convivialité. Il y règne un bel esprit. Les gens viennent aussi pour réfléchir calmement pendant leur pause. Ils prennent un petit café ‘’serré’’ en silence et repartent au boulot. Il y a tout à cet endroit pour satisfaire les demandes en maçonnerie, menuiserie, peinture, plombier, ferrailleur, informaticien, … En somme, toutes les compétences viennent au café. De ce fait, ceux qui recherchent des employés de tout genre peuvent en trouver ici», nous a confié Touré Youssouf, gérant du Café d’Amitié et de Fraternité (CAF21/21) sis à l’avenue 21 rue 21, le mardi 12 septembre 2017 à 16 heures dans son kiosque. L’atmosphère cordiale des lieux rimait bien avec ses propos, qui ont été renchéris par nombre de ses clients.
Lieux de convivialité…
« Nous venons juste pour prendre du plaisir et rien de plus en sirotant un petit café avant de reprendre nos activités. Nous ne sommes pas des oisifs ou rebus de la société, chacun a une occupation saine, qui lui permet de faire face à ses dépenses familiales… C’est la paix, le calme et la joie de vivre… », ont-ils dit en chœur. Nos investigations et diverses collaborations nous ont permis de savoir qu’il y a un grin à l’entrée de la cité Douane très animé l’après-midi, d’autres à l’avenue 24 rue 17 et à l’avenue 25 rue 20. Celui de l’avenue 22 rue 22 en allant vers le siège du couturier Ciss Saint Moïse n’est pas en reste. Toutefois, ces lieux de convivialité sont transformés en des fumoirs dans certains cas. « C’est vrai que des personnes fument de la ‘’Chicha’’ dans certains grins. Cette attitude peut prêter à confusion et faire croire qu’il n’y a que des drogués qui fréquentent ces lieux. Or, ce n’est pas l’objectif des grins. Nous n’y faisons pas du café moulu, dur ou ‘’serré’’ comme on le dit, mais simplement des feuilles de thé, que nous dégustons après préparation avec des personnes de tout âge », a déclaré Assane Diop au quartier Seyni Guèye le mercredi 13 septembre 2017 après-midi. Au quartier Apollo comme à Notre Dame et Belleville, l’amour du thé est au rendez-vous. Mais, qu’est-ce que la chicha ? Très prisée par les adolescents, la ‘’chicha’’ ou tabac à chicha ou shisha ou encore narguilé est une pipe à eau très populaire au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Cette pratique est de plus en plus utilisée chez nous, soit dans des bars ou par des particuliers. Ce tabac est mis dans un petit réservoir et recouvert de papier aluminium troué. On place ensuite sur l’aluminium un charbon ardent qui va consumer le tabac. La fumée passe ensuite dans de l’eau, puis elle est aspirée par le fumeur.
… ou fumoirs ? Attention danger
Il est vrai que la fumée est filtrée par l’eau, mais cela retient à peine la moitié des substances nocives. Et celles qui restent présentes, c’est-à-dire celles qui vont pénétrer le plus profondément dans les poumons, sont les plus petites, mais font les plus gros dégâts. Ce qui veut dire que cette fumée est largement aussi néfaste que la cigarette. Précisément, et d’après des études effectuées en Syrie le 2 septembre 2013, le volume d’une bouffée de la chicha est plus de vingt (20) fois supérieur à celui d’une bouffée de cigarette et quarante (40) bouffées d’une seule chicha intoxiquent autant que deux (2) paquets. En clair, fumer une pipe à eau est aussi néfaste que fumer une cigarette ordinaire. Malheureusement, ce phénomène gagne, aussi des grins. Il est, cependant, bien de noter, que la plupart des adeptes ne reflètent pas les populations de toutes les origines, mais une communauté, qui perpétue sa tradition importée. Avec l’évolution, cette tradition transmuée transforme, malheureusement, ces lieux de partage en fumoirs dans notre Cité. Il urge, donc, que ces attitudes, qui ternissent l’image des grins, soient vite dénoncées tant leurs calumets, déjà interdits en France et dans d’autres pays, vont à l’encontre de la loi.

ALLBERT ABALE
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